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N°108 Semaine du 29 juin au 05 juillet 2009
Les Goodyear ne lâchent rien et ils ont raison
Jeudi 11 juin à 4 h 30 du matin, 14
bus dont 4 doubles ont emmené près de 1000 salariés Goodyear au siège social à
Rueil-Malmaison en région parisienne manifester contre les 820 suppressions d’emplois
prévues sur Amiens.
Face à la provocation, (plusieurs
dizaines de cars de gardes mobiles avec un rapport de 3 pour 1 salarié et un
quadrillage complet du quartier) les Goodyear dont le slogan « les voyous
c’est pas nous » ont répondu aux forces de l’ordre qui bouclaient l’accès
de la salle de réunion par des jets d’œufs, de confettis, de tomates et de pétards
pendant 4 heures durant.
Plusieurs fois, les gaz lacrymogènes
ont été utilisés pour faire reculer les salariés qui demandaient à leur
direction des explications sur les 820 licenciements.
Mickaël Wamen, le secrétaire du syndicat CGT majoritaire à plus de 85 % chez Goodyear Amiens a
annoncé le début d’une procédure juridique afin de faire annuler les 820
suppressions d’emplois, comme l’ont été les 402 prévues il y a 2 ans et que les
tribunaux ont refusé (oui messieurs les Américains, en France il y a des lois
qu’il faut respecter).
Sur requête de la CGT Goodyear, le
plan de 820 suppressions de postes dans l’usine d’Amiens et la suppression de l’activité
agraire du groupe en Europe (il n’y a pas si longtemps, pendant une campagne électorale,
on nous parlait d’Europe sociale !!!) seront attaqués devant le tribunal
de Nanterre où sont assignés les actionnaires américains et Européens qui vont
devoir s’expliquer sur la casse de l’usine d’Amiens Nord sous couvert de crise économique.
Toujours sous couvert de crise économique
mondiale on assiste à une restructuration des principaux fabricants de
pneumatiques (fermeture de Continental à Clairoix, tentative de licenciements
chez Goodyear et Michelin), après
Kléber à Turin et l’italien Pirelli en Catalogne. Aux USA, le japonais
Bridgestone arrête des productions dans le Tennessee et ferme une usine de 1000
salariés en Alabama.
Pour Goodyear Amiens, une nouvelle
réunion de CCE s’est déroulée à Rueil-Malmaison le jeudi 25 juin où la surprise
des élus du personnel a été totale devant l’impressionnant service d’ordre en
place (n’y aurait-il pas eu de mauvaises informations sur le déplacement de
1000 salariés pour cette réunion ? Ce n’est pas bien de dénoncer ses
petits camarades !!!). La direction a vraiment peur de la légitime réaction
des salariés. Comme les salariés le disent souvent « envoyez les lettres
de licenciements, vous serez obligés de venir nous chercher un par un dans l’usine
et nous y sommes chez nous !!! »
Constat est fait que la direction
et le pouvoir en place cherchent la provocation, quand il n’y a pas de CRS il n’y a aucun
problème avec les salariés de chez Goodyear. Les responsables de stands du
Mondial de l’Automobile à Paris et ceux de la foire exposition d’Amiens peuvent
en témoigner.
Après une réunion de CE sur
Amiens, où la même déclaration a été faite, rendez-vous est pris à Nanterre le
17 juillet devant la justice.
Les militants du syndicat CGT
Goodyear disent avec raison « il n’y a que les combats que l’on ne mène
pas que l’on perd » et ils posent plusieurs questions de fond à Bernard
Thibault Secrétaire Général de la CGT ; la lutte des Goodyear est une
lutte opiniâtre, de tous les instants, sans aucune concession, une lutte
anti-capitaliste et le syndicat attend des réponses du Secrétaire Général de
leur syndicat.
Extraits de la lettre :
« Nous trouvons que la
situation de notre site, mais également la situation de milliers de salariés en
France est alarmante et nous attendons une réaction massive et d’envergure.
Les salariés attendent un
mouvement qui mettra fin à l’insolence de ceux qui détruisent des milliers d’emplois
et autant de vies de famille. La réponse ne reste que des journées de
mobilisation épisodiques, éclatées sur plusieurs mois.
Des milliers de salariés attendent
un appel à une grève générale et totale et non pas des manifestations encadrées,
sur des parcours connus de tous et qui ne servent plus à rien, si ce n’est se
faire plaisir et montrer qu’il y a encore des syndicats en France.
Face à l’arrogance de Sarkozy et
de son équipe plurielle qui se moque des manifestations actuelles, il ne reste
que des bases CGT qui luttent pied à pied avec les salariés et qui n’attendent
qu’une seule chose, un appel à une action totale. Seule, la CGT peut le faire
car la crise actuelle doit avoir en réponse une mobilisation de tous au même
moment, ne pas agir serait un crime contre le monde du travail.
Les patrons et le gouvernement
criminalisent les luttes sociales et nombre de militants CGT se font passer à
tabac, sont placés en garde-à-vue et passent en correctionnelle pour avoir défendu
les emplois supprimés par les actionnaires.
« Les voyous c’est pas nous »,
ce sont ceux qui gèrent la crise capitaliste qu’ils ont engendrée et s’octroient
des parachutes dorés de plusieurs millions d’euros.
La CGT, celle pour laquelle nous
sommes devenus militants, doit rester le syndicat qui répond aux besoins des
salariés, qui écoute la base, les syndiqués, enfin tous ceux qui souffrent des
injustices.
Sur nos piquets de grève, sur les
blocages de la zone industrielle d’Amiens, sur toutes les actions nombreuses et
diverses que nous organisons, des salariés disent « ils attendent quoi la
CGT en haut ? »
La régression sociale n’a jamais
connu une telle ampleur. Tout le monde est touché, du privé au public, de l’actif
au retraité et la jeunesse est bradée sur l’autel du profit.
Quel monde laisserons-nous à nos
enfants si nous continuons à laisser faire ?
La conclusion de ces quelques
lignes, s’il peut y avoir une
conclusion pourrait être « Nous ne voulons pas vivre à genoux, les seuls
combats que l’on perd, sont ceux que l’on ne mène pas ».
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