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Hebdo |
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N°135 Semaine du 01 au
07 février 2010
APRES LES
ETATS GENERAUX DE L’INDUSTRIE
Ceux-ci sont terminés et fin février N. Sarkozy
annoncera les mesures retenues.
Leur but
Face à la désindustrialisation brutale de la France et
du chômage qui en découle, le pouvoir politique se devait de faire semblant de se
préoccuper de cette question, avec la volonté d’intégrer, les syndicats et l’ensemble
des forces politiques aux objectifs du patronat, seul moyen de faire accepter
de nouveaux reculs sociaux au nom de l’intérêt du pays.
Résultats et commentaires.
Leur premier résultat c’est la décision de faire au
patronat un nouveau cadeau de 500 millions d’euros pour "améliorer leur
compétitivité".
Leur deuxième est la chasse aux salaires, aux
avantages acquis. Ils écrivent que pour maintenir l’industrie en France il
faut inscrire les évolutions du coût du travail dans une perspective de compétitivité. En une phrase, tout est dit.
Deux entretiens ont été publiés dans le quotidien
« l’Humanité »
Le premier est de L.Gallois président d’EADS qui vient de supprimer plus de 10.000
emplois au nom bien sûr de l’avenir de l’entreprise. Résumons ses propos.
- pour doubler le chiffre d’affaires d’ici 2020 sa seule solution est de réaliser la croissance
nécessaire en dehors de l’Europe et de France.
- il faut un "environnement favorable aux
entreprises" en clair que toute
la politique du pouvoir soit dictée par une seule considération : tout
pour le capital et le profit. Il aurait pu ajouter qu’il avait eu satisfaction
sur ce point, mais il préfère en redemander toujours plus.
- enfin, il fait appel à une nouvelle dynamique
sociale. Nous reproduisons
l’intégralité de ses propos. « Est-on capable de demander les efforts
que nécessite une compétition mondiale farouche et dans le même temps discuter
avec les salariés et leurs représentants sur la sécurité professionnelle, sur
la pénibilité au travail, sur la formation sur le partage de la valeur
ajoutée, ou sur la capacité d’intervention des personnels dans les
entreprises ? C’est aux partenaires
de trouver ensemble les conditions d’une dynamique industrielle et sociale ».
Les salaires sont naturellement absents des
préoccupations de M. Gallois. Par contre il reprend à son compte les
propositions de la CGT à son dernier congrès qui lui semble bonnes pour
l’intégration des salariés aux exigences du capital et à l’exploitation à
outrance de ceux-ci.
B. Thibault
fait lui aussi l’impasse sur les salaires qui reviennent au premier plan des
revendications. Ses propositions se limitent à la création d’une banque pour
l’industrie, d’un pôle public financier et bien sûr du développement du
dialogue social. Rien sur l’action de sa confédération pour aider les salariés
en lutte pour l’emploi, rien sur la nécessité de porter l’action à la hauteur
des exigences face à la politique du patronat et de son pouvoir.
Pendant ce temps.
Ces états généraux durent depuis octobre dernier.
Pendant ce temps, le patronat a poursuivi ses délocalisations. En 2009
l’industrie a exporté 41,3 milliards d’euros, supprimant 176.800 emplois, plutôt
que d’investir en France. La prime à la casse qui coûte 600 millions d’euros
aux contribuables a rapporté gros à Renault et Peugeot en leur permettant de
vendre les voitures fabriquées en Roumanie, République Tchèque, Slovénie,
Turquie, Espagne pendant que pour les salariés de l’auto de notre pays c’est le
chômage partiel et que les sous traitants ferment leurs portes les uns après
les autres.
L’Europe est aussi partie prenante dans cette
politique. La Banque Européenne d’Investissement après avoir versée 200
millions d’euros à Renault pour son usine de Tanger (Maroc) vient d’en accorder
autant à Ford et Kia pour les aider à construire des usines en Europe de l’est avec
comme conséquence une concurrence des plus féroces entre salariés pour toujours
tirer plus vers le bas les salaires et avantages sociaux.
L’intérêt national est sacrifié. Un pays sans
industrie est un pays qui n’a plus de recherche & développement digne de ce
nom. Cela apparaît dans la faible quantité d’ingénieurs formés en France tous
les ans, bien en dessous des besoins. Qu’importe, Renault développe un techno
centre de 3000 personnes en Roumanie, un autre en Corée du Sud, Peugeot en
implante un à Shanghai.
La solution
Elle n’est sûrement pas dans les parlotes entre
gens tous d’accord avec ce qu’ils
appellent l’économie de marché, qui n’est autre que l’économie capitaliste.
La solution, elle, est dans la lutte unie des victimes
de ce système, dans la lutte pour les salaires, la protection sociale,
l’emploi. « Communistes », ses adhérents y contribuent partout ou ils
se trouvent.
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