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N°135 Semaine du 01 au
07 février 2010
LE
MAL-LOGEMENT EN FRANCE
La fondation abbé Pierre vient de
publier son rapport annuel sur le mal-logement. Ce rapport est accablant. Il
note tout d’abord que si cette situation est antérieure à la crise, le mal s’est aggravé
et avec l’exclusion et l’inégalité qui s’accroissent, le fossé social s’élargit.
Quelques chiffres :
-
3 513 190
personnes connaissent un problème fort de mal logement. Ce sont les SDF, ceux
qui « logent » dans des hôtels, des cabanes, des caravanes taudis etc…
-
6 617 000
personnes sont en situation de réelle fragilité à court ou moyen terme c'est-à-dire
à la veille de rejoindre la catégorie située plus haut.
Le rapport met l’accent sur la
situation particulière à laquelle sont confrontés les enfants. 600 000
subissent les conséquences du mal-logement. « Des enfants pour lesquels
aux difficultés subies par leurs parents et dont ils souffrent également, s’ajoutent
des conséquences pathologiques qui vont parfois les marquer à vie »
souligne le rapport.
Chez ces enfants des maladies comme
le saturnisme, l’asthme, la tuberculose se développent auxquelles s’ajoutent
souvent la malnutrition, des difficultés scolaires et un sentiment d’exclusion à
l’égard des autres enfants.
Accablant, ce rapport constate également
l’état de délabrement et d’insalubrité des logements mis en location auquel s’ajoute
l’entassement des familles sur quelques mètres carrés (par exemple 6 personnes vivant dans 24m²). Des dizaines de pages du rapport dénoncent
ces conditions de vie quotidiennes insupportables pour des enfants et leurs
parents.
Des lois existent, mais
visiblement le gouvernement n’est pas pressé de s’en prendre aux propriétaires
qui louent ces taudis à prix d’or.
Quant à l’état des logements du
parc HLM, il laisse vraiment à désirer. Tout cela est le résultat de choix
politiques qui affectent non seulement le logement mais tous les domaines de la
vie, comme la santé, les transports et l’éducation.
Des loyers qui en quelques années
ont explosé, le chômage, des salaires qui ne permettent pas à des familles de
se loger, ce sont autant d’éléments qui aggravent le mal. Pour toute réponse et
comme dans d’autres domaines, le gouvernement actuel veut accentuer la privatisation
du logement social en vendant le parc HLM. Ainsi la vente de 1% de ce patrimoine
social rapporterait 2 milliards d’euros à l’état.
Le droit à un logement digne de ce
nom existe. Comme dans les autres domaines de notre vie, l’exigence politique
de ce droit est l’urgence qu’il nous faut imposer, l’imposer par notre lutte.
N’oublions surtout pas que la
responsabilité de cet état de choses repose sur tous les gouvernements qui
depuis 30 ans ont fait le choix du capital contre l’intérêt des populations.
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