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Hebdo |
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N°156 Semaine du 19 au
25 juillet 2010
C’est en toute légalité que
le patronat peut jouer sur l’angoisse des salariés pour leur avenir, à partir
de situations qu’il a provoqué. Dernier exemple en date chez GM à Strasbourg. Les 1150 salariés
ont été appelés à voter par la CFDT, FO et la CFTC pour faire un « choix » :
-
ou
ils refusent les propositions du patron et l’activité de leur usine part au
Mexique
-
ou
ils acceptent a) un gel des salaires pendant deux ans b) l’abandon de 6 jours de RTT (sur 16) c) de renoncer pendant 3
ans à l’intéressement
Notons la générosité de GM qui s’engage
dans ce cas à ne pas toucher au salaire de base ni à délocaliser avant 2020 (il
se dit déjà que des baisses d’effectifs seraient envisagées dès 2013).
Le but avoué de GM est d’économiser
10% sur les “coûts de main d’œuvre”.
La CFDT a appelé à voter « oui ».
La CGT refusant ce chantage a appelé avec raison à voter « non ».
Le résultat de ce référendum est
tombé. Comme on pouvait le craindre dans le contexte politique et social les
salariés ont voulu préserver l’immédiat et ont plié devant le chantage. On peut
les comprendre. Car la
responsabilité essentielle de cette nouvelle situation repose sur la CFDT et
ses deux acolytes, CFTC et FO qui ont jeté les salariés dans les pattes du
patron au lieu de les appeler à la lutte, ce qui est le rôle d’une organisation
syndicale. Ils auront des comptes à rendre aux salariés pour l’avenir. C’est d’autant
plus grave que des situations identiques auraient dû servir de leçon.
Deux exemples qui avaient fait du
bruit. Chez Bosch à Vénissieux en 2004. Les salariés avaient perdu 6 jours de
RTT sans compensation salariale, subi le gel des salaires pendant 3 ans, et une
majoration amoindrie pour les heures de nuit et d’autres… Et moins de 6 ans
plus tard l’avenir du site est à nouveau très menacé.
Chez le volailler Doux même
chantage que chez Bosch (entre autres, perte de 23 jours de RTT) et là encore
bien sûr, de “sérieuses restrictions” sont quand même tombées.
Et comme la période est propice
aux sales coups des patrons chez Continental, équipementier automobile
(capteurs et calculateurs électroniques) les 2500 salariés des 3 sites en
France se voient soumis au même chantage des 35h et à différentes baisses de
salaires pour économiser aux actionnaires de Continental 13.7 millions d’euros –
soit moins 8% de “coûts salariaux”. (Continental en France a dégagé 38 millions
d’euros de profits en 2009).
Il y a une dizaine d’années Jospin
déclarait publiquement devant ce genre de situation évoquée, que le politique
ne pouvait pas tout faire ; sauf qu’il laissait faire le capital. Aujourd’hui
les mêmes ou leurs semblables parlent de “patrons voyous” de “moralisation du
capital” et qu’on allait voir ce qu’on allait voir ! Les salariés et la
population ont vu disparaître 700 000 emplois industriels ces dernières
années et les banques n’ont jamais fait autant de profits !
Le pouvoir politique est toujours
au service du capital. Nous n’avons rien à attendre de ces partis de droite ou
de gauche, la seule issue est la lutte.
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