01-02-2008
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Sarkozy à Orsay : En finir avec le statut de
titulaire des personnels de recherche |
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Ceux qui clament que Sarkozy ne tient pas ses
promesses sont ceux qui sur le fond partagent sa politique. Dans la
recherche comme ailleurs, il avance vite. La mise en œuvre de la politique
gouvernementale dans le domaine de la recherche comme dans celui de
l’enseignement supérieur vise au même objectif, celui d’un contrôle plus
étroit des connaissances scientifiques et de la formation au profit des
seules entreprises capitalistes. Pour mettre en œuvre ce programme le pouvoir
s’attaque aux garanties statutaires des personnels et mise sur une
privatisation, par les financements, de l’enseignement supérieur et de la
recherche. Dans son discours à l’Université d’Orsay, pour fêter le prix Nobel
de physique 2007, N. Sakozy, n’a pas masqué son impatience de réaliser son
programme dans les meilleurs délais. Il est vrai que les outils principaux de
sa politique sont déjà largement en place. C’est particulièrement vrai avec
la loi sur les finances publiques votée sous le gouvernement Fabius par la
« gauche plurielle » en 2002 et qui permet de recruter des
personnels en CDD sur les budgets globalisés des établissements. Dans le domaine des financements,
l’Agence Nationale pour la Recherche permet au pouvoir de contrôler
l’activité des laboratoires en les soumettant au chantage sur leur survie.
Ces contrats ANR qui autorisent le recrutement de personnels en CDD, préfigure les
plans de liquidation du statut de titulaire. Sarkozy dans son discours a
d’ailleurs annoncé le fait que l’on ne toucherait pas au
statut : « pour les personnels en place ». Autant dire
que l’on se prépare à le mettre en extinction. Cette question du statut est
primordiale car elle représente une garantie d’indépendance intellectuelle
des chercheurs et des ITA vis-à-vis du pouvoir politique. L’Agence pour l’Evaluation de la
Recherche et de l’Enseignement Supérieur qui est chargé d’évaluer les
formations ne répond plus que devant le pouvoir. Aucun représentant qualifié
des personnels n’y figure, elle est donc surtout indépendante de ceux qui
font la recherche, nul doute que ses évaluations sauront plaire à ceux qui en
nomment les membres. Dans les laboratoires et les équipes,
la course au contrat, la compétition pour arracher des places auprès des
nouveaux mandarins, mine la créativité scientifique. C’est sur cette
compétition que compte le pouvoir et ses alliés dans la place pour diviser
les personnels. De ce point de vue, comme dans la fonction publique, le
pouvoir claironne que la question n’est pas financière mais que les crédits
sont mal utilisés. Dans ce cas, nous le savons bien, c’est toujours
« l’autre » qui est en cause, « l’autre » qui ne mérite
pas de promotion etc, etc et l’action collective est réduite à néant.
Pourtant dans les Etablissements Publics Scientifiques et Techniques et les Universités
les moyens manquent, les conditions de travail et de sécurité sont souvent
déplorables, les qualifications des personnels, surtout ITA, ne sont pas
reconnues, les salaires sont en berne. Comme ceux des autres salariés, le
pouvoir d’achat des salaires, les retraites, la protection sociale reculent.
Comment les jeunes qui rentrent de plus en plus tard dans les métiers et
après de longues périodes de galères, pourront-ils un jour toucher une
retraite digne de ce nom quand il leur faudra cotiser plus de 41 ans ?
Comment de jeunes chercheurs, ingénieurs, techniciens, administratifs,
maîtres de conférences qui débutent quasiment au SMIC peuvent-ils se loger près de leur
lieu de travail ? Les revendications sont nombreuses,
l’action pour les satisfaire doit être le ciment de l’unité des personnels
pour développer l’action.
http://www.sitecommunistes.org
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