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CNRS l’action à
l’ordre du jour |
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Ce 27 novembre, le conseil d’administration du Centre
National de la Recherche Scientifique était convoqué pour entériner le
dépeçage de l’établissement de recherche au profit d’institutions directement
sous le contrôle politique du pouvoir avec, entre autres, l’Agence Nationale
de la Recherche. Le corollaire de ce dépeçage, c’est la liquidation des
statuts de titulaire des personnels et l’explosion de la précarité sous forme
de contrat à durée déterminée. Ces changements voulus pour
permettre aux grandes entreprises capitalistes de mieux contrôler la
recherche visent en même temps à limiter l’intervention des personnels dans
la marche des affaires scientifiques et à leur mise en concurrence. Cette
politique qui a le soutien de nombreux mandarins universitaires s’oppose aux
intérêts des personnels de la recherche et tout particulièrement des jeunes
en recherche d’un emploi et qui ne se voient proposer que des emplois mal
payés pour des durées et des objectifs limités. Dans ces conditions, il est
possible de comprendre pourquoi de nombreux jeunes ont baptisé l’ANR de
machine à fabriquer des précaires et des chômeurs. La direction du CNRS, complice du pouvoir, a tenté
jusqu’à la tenue du conseil d’administration de cacher le lieu où il devait
se tenir. Cela n’a pas empêché plus de 1500 agents du CNRS de manifester au
siège de l’établissement pour signifier leur opposition à la politique du
pouvoir et de la direction du CNRS. C’est seulement sous la protection de la
police que le conseil a pu se tenir, ce qui est plutôt une preuve de
faiblesse de la part du pouvoir. Dans le même temps, et c’est une première,
la manifestation a été interdite à Lyon et à Montpellier où les manifestants,
filtrés par la police, ont dû décliner leur identité. Ces manœuvres
d’intimidation en disent long sur la détermination du pouvoir à empêcher le développement des luttes, mais
aussi sur la crainte qu’il a de l’action. Dans d’autres villes de provinces,
des rassemblements ont eu lieu malgré les intimidations policières. À Paris,
l’Agence Nationale pour la Recherche a été occupée par des jeunes
scientifiques en colère. De cette mobilisation qui montre une certaine
radicalisation des positions revendicatives et qui suit celle de nombreuses
professions, il ressort qu’il est grand temps d’aller vers un mouvement
d’envergure interprofessionnel pour mettre un coup d’arrêt à la politique du
capital et du pouvoir. Correspondant CNRS
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