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01-12-2008

CNRS l’action à l’ordre du jour

Ce 27 novembre, le conseil d’administration du Centre National de la Recherche Scientifique était convoqué pour entériner le dépeçage de l’établissement de recherche au profit d’institutions directement sous le contrôle politique du pouvoir avec, entre autres, l’Agence Nationale de la Recherche. Le corollaire de ce dépeçage, c’est la liquidation des statuts de titulaire des personnels et l’explosion de la précarité sous forme de contrat à durée déterminée. Ces changements voulus pour permettre aux grandes entreprises capitalistes de mieux contrôler la recherche visent en même temps à limiter l’intervention des personnels dans la marche des affaires scientifiques et à leur mise en concurrence. Cette politique qui a le soutien de nombreux mandarins universitaires s’oppose aux intérêts des personnels de la recherche et tout particulièrement des jeunes en recherche d’un emploi et qui ne se voient proposer que des emplois mal payés pour des durées et des objectifs limités. Dans ces conditions, il est possible de comprendre pourquoi de nombreux jeunes ont baptisé l’ANR de machine à fabriquer des précaires et des chômeurs.

La direction du CNRS, complice du pouvoir, a tenté jusqu’à la tenue du conseil d’administration de cacher le lieu où il devait se tenir. Cela n’a pas empêché plus de 1500 agents du CNRS de manifester au siège de l’établissement pour signifier leur opposition à la politique du pouvoir et de la direction du CNRS. C’est seulement sous la protection de la police que le conseil a pu se tenir, ce qui est plutôt une preuve de faiblesse de la part du pouvoir. Dans le même temps, et c’est une première, la manifestation a été interdite à Lyon et à Montpellier où les manifestants, filtrés par la police, ont dû décliner leur identité. Ces manœuvres d’intimidation en disent long sur la détermination du pouvoir à  empêcher le développement des luttes, mais aussi sur la crainte qu’il a de l’action. Dans d’autres villes de provinces, des rassemblements ont eu lieu malgré les intimidations policières. À Paris, l’Agence Nationale pour la Recherche a été occupée par des jeunes scientifiques en colère. De cette mobilisation qui montre une certaine radicalisation des positions revendicatives et qui suit celle de nombreuses professions, il ressort qu’il est grand temps d’aller vers un mouvement d’envergure interprofessionnel pour mettre un coup d’arrêt à la politique du capital et du pouvoir.

Correspondant CNRS 

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