02-10-2006
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SALAIRE OU POUVOIR D’ACHAT ? |
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Les
mots salaire, rémunération, pouvoir d’achat sont utilisés à dessein pour en dénaturer,
en camoufler le véritable enjeu qui est un enjeu de société. Les organisations
syndicales qui ne disent rien sur les salaires, n’annoncent aucune action d’envergure
sur ce qui est la préoccupation de très nombreux salariés pour ne pas dire
tous et participent de plus en plus aux négociations sur le thème du pouvoir
d’achat. Le gouvernement qui parle
pouvoir d’achat avec la prime à l’emploi, le chèque transport, la tentative
de généralisation de l’intéressement et de la participation pour les petites
ou moyennes entreprises. Le patronat et son MEDEF
hurlent sur le coup de pouce de 0,3 % du SMIC et plaident pour la
généralisation de l’intéressement, de la participation et même pour un
élargissement des stock- options et de l’actionnariat salarié. En fait, c’est la
guerre déclarée aux salaires, sous le vocable de « la baisse du
coût du travail » qui serait paraît-il une condition pour la réussite économique.
Réussite pour qui ? les salariés ? pour le pays ? certainement
pas. C’est pour augmenter les profits des entreprises et ainsi augmenter les
dividendes des actionnaires. Toutes ces mesures ont un
coût, c’est le salarié, le contribuable qui paient le prix fort de cette
politique. Le salaire, base et
socle de toute la politique sociale Le salaire a pour seul
but de vous permettre de reconstituer votre force de travail
(s’alimenter, se loger, se soigner etc...) pour être efficace et produire toujours
plus. Le reste (au bas mot 60% de ce qu’un salarié rapporte à son employeur)
est confisqué par le patronat du privé et du public. Le salaire,
c’est la première ligne de votre bulletin de paie. Dans le privé, celui-ci
peut être complété par une prime d’ancienneté, prime de rendement ou autre
prime et qui se retrouve dans le salaire brut. Salaire brut qui lui est
entièrement soumis à cotisations sociales. Ces cotisations sociales
alimentent notre protection sociale, la santé, les retraites et la branche
famille. C‘est la base de tout. C’est cela qui donne une
importance fondamentale au salaire. Tout autre élément de rémunération, qui
est certes du pouvoir d’achat immédiat, a un coût socialement de plus en plus
insupportable pour les salariés et à l’inverse est une source supplémentaire
de profit pour le capital. Car l’intéressement, la
participation, la prime à l’emploi, le chèque transport etc… ne
supportent pas la moindre cotisation sociale. C’est la destruction programmée
de notre protection sociale et des retraites. Les caisses de sécurité
sociale enregistrent un recul de leurs recettes ? Le gouvernement et le
patronat nous expliquent qu’il convient de faire des économies sur les
retraites, la santé ou la famille. Bien entendu, pour ceux qui le veulent ou
plutôt qui le peuvent, les groupes financiers d’assurances comme AXA sont
prêts à vous proposer de combler ce manque en prenant une assurance. Celui qui paie la note,
c’est donc le salarié, le contribuable. Bien entendu, on vous culpabilise,
c’est plus facile de vous faire accepter l’inacceptable. Vous consommez trop
de médicaments, votre durée de vie s’allonge, vous ne travaillez pas assez
longtemps etc… Résultat, les prestations baissent et on vous fait payer
en plus de nouveaux impôts comme la CSG ou la CRDS (rappelez vous la fameuse
vignette auto). On nous dit, le
pouvoir d’achat, c’est cela l’essentiel ? Pas sûr du Tout Faisons un peu
d’arithmétique toute simple en partant de la réalité d’un jeune couple. ELLE travaille
dans une banque, avec un salaire de 1620 euros par mois sur 13 mois, soit un
salaire annuel de 21060 euros. Elle alimente les caisses de la sécurité
sociale chaque année de 21060 euros X 6,5 % (cotisation sociale) = 1368,90
euros. LUI
travaille dans un organisme financier avec un salaire de 1380 euros par mois
sur 12 mois, mais il perçoit une prime d’intéressement annuelle de 2800 euros
et une prime de participation annuelle de 6000 euros. Ce qui lui fait un
salaire annuel de 16560 euros, mais un revenu donc un pouvoir d’achat annuel
de 25360 euros. Il alimente les caisses
de la sécurité sociale chaque année de 16560 euros X 6,5 % = 1076,40
euros, puisque seul le salaire est soumis à cotisations. Autrement, il aurait
versé 25360 euros X 6,5 % = 1648,40 euros. Perte
pour la Sécurité Sociale : 6.864 euros par an. Restons en aux
cotisations du seul salarié pour mieux comprendre le processus. Comme nous pouvons le
constater, alors que son pouvoir d’achat est inférieur à celui de son
compagnon, ELLE alimente davantage la protection sociale.
Est-ce juste ? non bien sûr. Pour la retraite, la
facture sera aussi différente. Prenons un raisonnement
tout ce qu’il y a de plus simple. Le salaire reste le même pendant toute leur
carrière ; prenons également ce qui malheureusement à tendance à se
généraliser, une carrière sur 40 années. Comme vous le savez, les
retraites (pour le privé comme pour le public) reposent sur deux éléments. Prenons l’exemple du
privé : La retraite versée par
la CNAV est proportionnelle à votre salaire avec
un maximum de 50% du plafond de la sécurité sociale. Actuellement ce plafond
est de 2589 euros mensuels, ce qui fait une retraite maximale de 1294,50
euros mensuels, pour un salarié qui aurait effectué toute sa carrière
avec un salaire égal au plafond. Nous ne prendrons pas en compte la référence
aux 25 meilleures années qui sera le lot de tous d’ici peu, pour ne pas alourdir
notre démonstration. Nous garderons ce montant
de plafond pour toute la carrière, même si la réalité sera différente,
puisque le plafond augmente régulièrement, alors que la tendance des salaires
est à la régression. Une retraite
complémentaire, déterminée en fonction de points acquis
pendant toute la carrière. Là encore, à cause de mauvais accords, cette
partie est en diminution et malheureusement cela risque de continuer. Tous les salariés
non-cadres peuvent cotiser à une caisse différente, mais elle sont toutes
regroupées dans l’ARRCO. Pour les cadres, l’AGIRC gère la partie supérieure
au plafond. Actuellement pour obtenir
un point ARRCO, il faut débourser 13,0271 euros et lorsque l’on fait liquider
sa retraite, ce même point a une valeur de 1,1287 euros. Ils percevront
respectivement : De la CNAV : ELLE 1620
euros X 100 : 2589 euros = 62,57 % soit 1620 X 62,57 % = 1013,63 euros
multipliés par 13 mois cotisés, 13177,19 euros annuels : 12 mois, soit
une retraite de 1098,12 euros mensuels.
LUI,
1380 euros X 100 : 2589 euros = 53,30 % soit 1380 X 53,30 % = 735,54
euros multipliés par 12 mois cotisés, 8826,48 euros annuels, soit une
retraite de 735,54 euros mensuels. De la retraite
complémentaire ARRCO : ELLE :
21060 euros de salaire annuel : 13,0271 euros (Valeur d’achat d’un point
) = 1616,62 points. Pour
une carrière complète de 40 années, 1616,62 X 40 = 64664,80 points. Comme elle cotise à 6 %,
64664,80 X 6 % = 3879,88 points Sa retraite
complémentaire annuelle sera de : 3879,88 X 1,1287 euros (valeur de
rachat du point ) soit 4379,22 euros pour 12 mois et de 364,93 euros par
mois. ELLE : arrivée
à l’âge de sa retraite, sa pension mensuelle sera de
1098,12 + 364,93 = 1463,05 euros. LUI :
16560 euros de salaire annuel : 13,0271 euros (valeur d’achat d’un point
) = 1271,19 points. Pour une
carrière complète de 40 années, 1271,19 X 40 = 50847,60 points Comme il cotise à 6 %,
50847,60 X 6 % =3050,85 points. Sa retraite
complémentaire annuelle sera de : 3050,85 X 1,1287 euros (valeur de rachat
du point ) soit 3443,49 eurospour12 mois et par mois : 286,95 euros. LUI, arrivé
à l’âge de sa retraite, sa pension mensuelle sera de
735,54 + 286,95 = 1022,49 euros. Seul le salaire est
une garantie sûre. C’est la démonstration
qu’un salaire correct est la seule garantie, dans le domaine de la retraite
bien sûr, mais également pour l’ensemble de la protection sociale. Le pouvoir d’achat
déconnecté du bulletin de salaire, donc non soumis à cotisations sociales est
un leurre. D’autant, que pour le capital c’est une arme pour détruire
toujours plus notre protection sociale. La santé est une
nécessité. Avoir des enfants, les élever, leur permettre d’acquérir les
connaissances indispensables pour leur propre avenir et une retraite décente
est une autre nécessité. Vous ne croyez pas qu’un
tel enjeu devrait s’inscrire dans le débat des prochaines élections au lieu
d’assister à cette pathétique mascarade actuelle. Aux législatives de 2007,
COMMUNISTES présentera des candidats. Seuls ils porteront cette
importante question et bien d’autres. Augmenter
les salaires, combler le déficit de la Sécurité Sociale, payer des retraites
décentes… Les moyens existent. C’est un choix de société, le capital ou
l’être humain au centre des préoccupations. Pas d’autre choix, pas de
troisième voix possible, on ne transige pas avec le capital. Les militants de
COMMUNISTES en sont convaincus.
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