02-11-2007
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FORCE AU MEDEF * |
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Scandale à propos de la caisse
noire de l’UIMM, syndicat patronal de la métallurgie. Les
faits : « Le Figaro » journal propriété de l’avionneur
Dassault, lui-même adhérent du syndicat patronal, lance l’affaire il y a un mois. Une information puisée à
la source est confirmée publiquement. Ce que tout le monde soupçonnait,
l’existence d’une caisse noire au syndicat patronal, est confirmée et portée au grand jour.Les sommes prélevées
dans les banques l’étaient en liquide, sans que l’importance des sommes
retirées pose question à celles-ci, ceci en contradiction avec la
législation en vigueur.
L’ouverture d’une enquête judiciaire et plusieurs perquisitions permettent de
mieux apprécier l’importance du magot. Au
fil des ans, ces cotisations ont atteint la somme impressionnante de 160
millions €, judicieusement placés et qui rapportent gros. Ces
sommes, prélevées sur le travail des salariés de la métallurgie, servent
à combattre les luttes qui ont lieu dans cette industrie. Sans remonter au
tristement célèbre Comité des Forges dont l’UIMM est l’héritière, la raison
de l’existence de cette caisse a été donnée par plusieurs de ses dirigeants.
C’est une caisse anti-grève qui permet aux patrons, face à un conflit, de
recevoir une indemnisation qui les aide à tenir bon dans leur refus des
revendications. C’est aussi un moyen de fluidifier le dialogue social
comme le dit tranquillement D. Gautier-Sauvagnac président de l’UIMM
(aujourd’hui démissionné) ; en clair d’arroser les syndicats et les
responsables syndicaux qui acceptent de céder les intérêts des salariés au
profit du patronat, et à « influencer » certains hommes politiques
pour qu’ils émettent des votes conformes aux vues et intérêts de l'UIMM. Une situation
connue de tous les anciens dirigeants du patronat et qui n’en font pas
mystère. Sauf… Sauf Madame Parisot, présidente du MEDEF. Qui déclare que le
comportement de l’UIMM est « ubuesque, obsolète, totalement
dépassé, pour ne pas dire ringard », affirmant
qu’elle n’était au courant de rien. « Je ne sais rien sur rien, ni
quoi, ni comment, ni combien. »
Difficile à avaler. Tous ses prédécesseurs l’étaient, d’ailleurs comme l’a
confirmé l’un d’entre eux Y. Gattaz. Interrogée sur cette affirmation, elle
répond « Il aurait pu s’abstenir de faire
l’intéressant ». De la transparence mais
à dose modérée. Un
nouveau rapport de force dans le patronat. Tout
le patronat est sur la même ligne politique : toujours moins pour les
salariés pour toujours plus de profits. Ce qui n’empêche pas à l’intérieur du patronat des
divergences entre fédérations d’industries sur la manière de faire. Au MEDEF,
un premier affrontement a eu lieu au dernier congrès pour l’élection du
président entre, d’un côté L. Parisot représentante des services et de
l’autre D. Gautier-Sauvagnac
représentant de l’industrie et tout particulièrement la métallurgie.
Le résultat est connu. Les services l’ont emporté sur l’industrie. Le
MEDEF veut que les « réformes » aillent vite et loin : tout
pour l’entreprise, pour adapter le monde du travail, la société aux objectifs
du capital. Pour cela il faut
donner un nouveau visage au patronat dans un paysage où les syndicats ne
doivent plus être des adversaires mais des partenaires. L’affaire des billets
de l’UIMM s’inscrit dans cette démarche. D’un mal peut sortir un bien
écrivait « les Echos » le 17 octobre, en souhaitant une rénovation
du dialogue social, en clair la capitulation devant les exigences patronales. Reste
deux questions à régler : la question de la représentativité syndicale
et celle du financement des syndicats. Avec un peu de bonne volonté de part
et d’autre, cela ne devait pas poser de problèmes insurmontables mais reste
aussi une inconnue : l’opinion des syndiqués et des salariés face à ce
nouveau paysage qui leur est proposé alors que leurs intérêts sont toujours
aussi inconciliables avec ceux du patronat. Et si les luttes se
développent ? * Lire,
ce même jour, l’article : Medef… (suite)
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