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L’Europe
lave plus blanc
Les résultats du référendum montrent que les
travailleurs expriment leur point de vue à partir de leurs intérêts (voir
le communiqué de Communistes). Maintenant que les résultats sont acquis,
les tenants de l’Europe capitaliste, de gauche comme de droite, considèrent
ce résultat comme la marque d’une incompréhension et non comme une position
claire de rejet des politiques d’austérité menées contre les salariés au
profit du patronat.
Pour
justifier la construction de l’Europe capitaliste, il convient de lui
fabriquer une histoire toute neuve. La bourgeoisie française a d’ailleurs
fait de même pour se mettre en scène dans l’histoire, elle a effacé la
lutte de classe au point de la faire disparaître du paysage. Les idéologues
de la nouvelle Europe s’activent donc autour de deux idées principales
: l’Europe se construit pour dépasser les conflits qui l’ont ravagée au
cours des siècles, l’Europe repose sur une conception unique des droits de
l’homme basée sur l’individu. Il s’agit de montrer qu’il y a une seule
version acceptable de ces droits : celui du droit de propriété privée
et du marché. Ainsi les 20 millions de chômeurs que compte, selon les
statistiques officielles la communauté européenne, le sont pour cause
d’inadaptation au marché. Les services publics sont pillés et détruits au nom
de la liberté d’entreprendre et de la libre concurrence génératrice de
progrès.
En
réalité le seul droit que reconnaissent les idéologues de la construction
européenne, c’est le droit sans partage pour les capitalistes d’exploiter
le travail salarié. La libre circulation des hommes n’est conçue que
comme un outil pour mettre en concurrence les salariés sur le marché du
travail. Les conquêtes ouvrières en Europe avaient permis de fixer des
cadres législatifs et réglementaires pour limiter la concurrence sur le
marché du travail. Il s’agit maintenant au nom de la liberté et des droits
de l’homme de briser les carcans, entendez les règles qui limitent
l’exploitation capitaliste. Le problème ce n’est pas le « plombier
polonais » le problème c’est que le plombier polonais puisse être payé
moins cher parce que précisément, il échappe aux règles qui protègent (un peu)
les salariés de la concurrence. Ainsi la défaite de l’URSS
et des pays de l’Est, saluée comme un succès de la démocratie, a-t-il
ouvert les vannes d’une force de travail qualifiée plus facilement
exploitable et pour l’instant moins exigeante. Pour réussir à faire
accepter tout cela, il faut donc convaincre que les acquis collectifs sont
des obstacles aux libertés et aux droits fondamentaux de chaque individu.
Quant
à une Europe de paix après les conflits meurtriers qui l’ont ravagée, qui
ne pourrait souscrire à un pareil programme ? Le problème c’est que,
non seulement la racine de ces conflits est complètement masquée, mais plus
encore le sens des luttes pour libérer l’Europe de la barbarie nazie est-il
maintenant l’objet d’une révision qui n’est pas innocente. La racine des
conflits dus aux luttes inter-impérialistes pour la domination économique
et coloniale est totalement évacuée au point que l’on se demande s’il y
avait quelque raison à la première guerre mondiale en dehors……d’un manque
d’Europe !
Les
guerres coloniales cruelles et meurtrières pour les peuples s’effacent
derrière les « bienfaits de la colonisation » (c’est
le sens d’un texte de loi récent
voté par le Parlement français). La barbarie devenant
civilisation, il n’y a là rien de moins qu’un révisionnisme historique
visant à blanchir les crimes contre l’humanité perpétrés par les puissances
coloniales européennes.
L’Europe
vaut bien un mensonge puisqu’il s’agit de construire un nouvel impérialisme
ou les forces militaires unifiées de l’Europe sous chapeau de l’OTAN ont comme mission
principale le contrôle des sources d’approvisionnement énergétiques et de
matières premières. La deuxième guerre mondiale est, elle aussi, revisitée
à l’occasion de l’adhésion de pays de l’ex-URSS et des ex-pays de l’Est.
Ainsi les crimes de l’Allemagne nazi disparaîtraient derrière la
« sauvagerie et le pillage des troupes soviétiques », « la
dictature face au monde libre », « la division de l’Europe »………
Le
pacte Germano-Soviétique est présenté comme étant à l’origine de la guerre,
entre deux égales dictatures, tandis que les causes de l’arrivée des
fascismes et du nazisme au pouvoir sont occultées. Le rôle des capitalistes
qui voulaient briser les classes ouvrières et laisser l’URSS seule face à
Hitler, la trahison des bourgeoisies nationales, Munich, … tout cela
n’existe pas. Pas étonnant dans ces conditions et sous le prétexte de
l’initiative de députés européens originaires des pays Baltes que l’on ait
assisté récemment au Parlement européen à une tentative de condamner dans
le même temps le nazisme et le communisme. Pas étonnant que dans les pays
Baltes et en Ukraine on réhabilite plus ou moins discrètement ceux qui
avaient choisi de soutenir Hitler.
Tout
cela n’a rien d’anodin, il s’agit de disculper les forces responsables de
la guerre et de signifier qu’aucune alternative n’est possible hors d’un
consensus sur la base d’une Europe capitaliste. La bataille pour la
recherche historique, la bataille pour que l’histoire ne soit pas falsifiée
est inséparable de la lutte anticapitaliste et pour construire le
socialisme.
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