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03-07-2005

 

L’Europe lave plus blanc

Les résultats du référendum montrent que les travailleurs expriment leur point de vue à partir de leurs intérêts (voir le communiqué de Communistes). Maintenant que les résultats sont acquis, les tenants de l’Europe capitaliste, de gauche comme de droite, considèrent ce résultat comme la marque d’une incompréhension et non comme une position claire de rejet des politiques d’austérité menées contre les salariés au profit du patronat.

 

Pour justifier la construction de l’Europe capitaliste, il convient de lui fabriquer une histoire toute neuve. La bourgeoisie française a d’ailleurs fait de même pour se mettre en scène dans l’histoire, elle a effacé la lutte de classe au point de la faire disparaître du paysage. Les idéologues de la nouvelle Europe s’activent donc autour de deux idées principales : l’Europe se construit pour dépasser les conflits qui l’ont ravagée au cours des siècles, l’Europe repose sur une conception unique des droits de l’homme basée sur l’individu. Il s’agit de montrer qu’il y a une seule version acceptable de ces droits : celui du droit de propriété privée et du marché. Ainsi les 20 millions de chômeurs que compte, selon les statistiques officielles la communauté européenne, le sont pour cause d’inadaptation au marché. Les services publics sont pillés et détruits au nom de la liberté d’entreprendre et de la libre concurrence génératrice de progrès.

 

En réalité le seul droit que reconnaissent les idéologues de la construction européenne, c’est le droit sans partage pour les capitalistes d’exploiter le travail salarié. La libre circulation des hommes n’est conçue que comme un outil pour mettre en concurrence les salariés sur le marché du travail. Les conquêtes ouvrières en Europe avaient permis de fixer des cadres législatifs et réglementaires pour limiter la concurrence sur le marché du travail. Il s’agit maintenant au nom de la liberté et des droits de l’homme de briser les carcans, entendez les règles qui limitent l’exploitation capitaliste. Le problème ce n’est pas le « plombier polonais » le problème c’est que le plombier polonais puisse être payé moins cher parce que précisément, il échappe aux règles qui protègent (un peu) les salariés de la concurrence. Ainsi la défaite de l’URSS et des pays de l’Est, saluée comme un succès de la démocratie, a-t-il ouvert les vannes d’une force de travail qualifiée plus facilement exploitable et pour l’instant moins exigeante. Pour réussir à faire accepter tout cela, il faut donc convaincre que les acquis collectifs sont des obstacles aux libertés et aux droits fondamentaux de chaque individu.

 

Quant à une Europe de paix après les conflits meurtriers qui l’ont ravagée, qui ne pourrait souscrire à un pareil programme ? Le problème c’est que, non seulement la racine de ces conflits est complètement masquée, mais plus encore le sens des luttes pour libérer l’Europe de la barbarie nazie est-il maintenant l’objet d’une révision qui n’est pas innocente. La racine des conflits dus aux luttes inter-impérialistes pour la domination économique et coloniale est totalement évacuée au point que l’on se demande s’il y avait quelque raison à la première guerre mondiale en dehors……d’un manque d’Europe !

 

Les guerres coloniales cruelles et meurtrières pour les peuples s’effacent derrière les   « bienfaits de la colonisation » (c’est le sens d’un texte de loi récent  voté par le Parlement français). La barbarie devenant civilisation, il n’y a là rien de moins qu’un révisionnisme historique visant à blanchir les crimes contre l’humanité perpétrés par les puissances coloniales européennes.

 

L’Europe vaut bien un mensonge puisqu’il s’agit de construire un nouvel impérialisme ou les forces militaires unifiées de l’Europe sous chapeau de l’OTAN ont comme mission principale le contrôle des sources d’approvisionnement énergétiques et de matières premières. La deuxième guerre mondiale est, elle aussi, revisitée à l’occasion de l’adhésion de pays de l’ex-URSS et des ex-pays de l’Est. Ainsi les crimes de l’Allemagne nazi disparaîtraient derrière la « sauvagerie et le pillage des troupes soviétiques », « la dictature face au monde libre », « la division de l’Europe »………

 

Le pacte Germano-Soviétique est présenté comme étant à l’origine de la guerre, entre deux égales dictatures, tandis que les causes de l’arrivée des fascismes et du nazisme au pouvoir sont occultées. Le rôle des capitalistes qui voulaient briser les classes ouvrières et laisser l’URSS seule face à Hitler, la trahison des bourgeoisies nationales, Munich, … tout cela n’existe pas. Pas étonnant dans ces conditions et sous le prétexte de l’initiative de députés européens originaires des pays Baltes que l’on ait assisté récemment au Parlement européen à une tentative de condamner dans le même temps le nazisme et le communisme. Pas étonnant que dans les pays Baltes et en Ukraine on réhabilite plus ou moins discrètement ceux qui avaient choisi de soutenir Hitler.

 

Tout cela n’a rien d’anodin, il s’agit de disculper les forces responsables de la guerre et de signifier qu’aucune alternative n’est possible hors d’un consensus sur la base d’une Europe capitaliste. La bataille pour la recherche historique, la bataille pour que l’histoire ne soit pas falsifiée est inséparable de la lutte anticapitaliste et pour construire le socialisme.

 

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