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04-07-2006
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L'AUGMENTATION DES SALAIRES |
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Les
mesures prises par les gouvernements en faveur du capital depuis 20 ans n'ont
qu'une finalité: l'abaissement du coût de la force du travail. Les salaires
dans ce cadre ont bien sûr la part prépondérante et le niveau du SMIC détermine
le niveau global des salaires, il est donc primordial que celui-ci reste très
bas pour le pouvoir en place et le Medef. Les conséquences de ces
salaires côtoyant la misère sont graves avec : - L'appauvrissement
des smicards qui aujourd'hui sont dans la pauvreté - Le
ralentissement de la consommation et en bout de chaîne les conséquences sur
l'emploi. L'augmentation du SMIC à
1500 euros bruts est donc un minimum c'est surtout une urgence. Cette hausse
du SMIC doit avoir par voie de conséquence bien sûr des répercussions sur les
grilles de salaires. Il ne peut donc être question d'attendre des mois voire
des années et d'envisager 2012 comme le fait Fabius, c'est vraiment mépriser
les gens auxquels il s'adresse. Sarkozy lui, reconnaît implicitement le problème
lorsqu'il propose aux salariés de travailler plus longtemps pour gagner plus.
Ce qu'il ne veut pas dire c'est que jamais il n'y a eu autant de smicards,
16.8% des salariés et que la mise en place depuis 1993 des allègements de
cotisations patronales sur les bas salaires a favorisé le doublement de ces
smicards passant de 8.2 % en 1993 à, répétons-le 16.8 % en 2005. Un exemple
dans l'hôtellerie et la restauration le nombre des salariés au SMIC atteint
51.8% et ils sont 72.5% à temps partiel dans ce secteur. Et bien sûr les salariés
constatent eux qu'il est de plus en plus difficile de vivre. Tous les aspects
de la vie quotidienne sont source de difficultés, santé, logement,
alimentation, déplacements, loisirs sont revus à la baisse en termes de
qualité, de fréquence voire sont supprimés. Des exemples chiffrés: - les
loyers qui en réalité représentent 30 % d'un budget ne sont pris en compte
que pour 6.1% dans l'indice INSEE. Or pour la FNAIM (fédération des agences
immobilières) les loyers ont augmenté de 28.1% entre 2000 et 2004 et
les loyers encaissés en 2004 ont augmenté de 6.7% et de 7% en 2005. - le
fuel domestique source de chauffage très utilisé, valait 0.389 euros en février
2004 et il est passé à 0.668 en février 2006, soit 71% de hausse en 2 ans. Ces hausses s'appliquent à
des degrés divers sur les carburants, le gaz, l'eau, les transports publics
et l'alimentation surtout ressenties depuis le passage à l'euro. Enfin avec
les actes médicaux augmentés, les médicaments non remboursés ce sont autant
de ponctions sur des petits salaires qui eux stagnent. Et pendant ce temps-là… - 12
dirigeants des sociétés du CAC 40 ont vu leurs "salaires" passer de
744 000 euros (59 fois le SMIC en 1999) à 3 235 000euros (221 fois le SMIC en
2004). - Les
entreprises bénéficient d'augmentations constantes d'allègements de
"charges sociales". De cette façon aujourd'hui 26% du SMIC est
pris en charge par l'état… .C’est-à-dire nous, les contribuables. - Les dividendes versés aux
actionnaires en 2005 par les entreprises du CAC 40 ont progressé de 50 % en
2005 soit 8 milliards d'euros pour atteindre 24 milliards d'euros. Or ces 8
milliards sont à mettre en parallèle avec un autre chiffre, 9 milliards car
ces 9 milliards permettraient justement de passer le SMIC à 1500 euros de
suite pour 3 millions de salariés. C'est donc possible. Le
problème est politique et aucun de ceux qui aspirent au pouvoir en 2007
n'envisage ce choix qui pourtant n'appauvrirait pas le capital et encore
moins le pays puisque ces fameux 9 milliards ne représentent que 0.6% de la
richesse crée. Il est donc clair que ce problème de hausse conséquente des
salaires est un problème politique et qu'il est un vrai enjeu de société.
Parions qu'il ne sera qu'effleuré par les candidats. Quant au MEDEF, Madame
Parisot déclarait à propos du SMIC le 27 juin "qu'il était très
dangereux de rester sur le rythme élevé d'augmentation de ces dernières années".
Elle réclamait donc " la création d'une instance indépendante des
pouvoirs politiques qui décide des augmentations". Sans rire de sa part
et sans commentaire de la nôtre!
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