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05-07-2006

Renault aux USA ? Encore…

 

 

 

C. Ghosn, PDG de Renault et Nissan vient d’être chargé d’investir, par le conseil d’administration des deux entreprises, 3 milliards de $ à la suite de la proposition faite par un des principaux actionnaires de Général Motors, K.Kerkorian affairiste et spéculateur bien connus des milieux financiers.

 

Faut-il rappeler qu’à chaque fois que Renault a voulu s’installer sur le marché US, ça s’est terminé par un désastre ! A la fin des années 50, c’est l’aventure de « la dauphine » qui se solde par la suppression de 3 000 emplois, dans les années 70/80, l’achat d’une entreprise américaine AMC, s’est traduit par un gouffre financier qui aurait conduit Renault à la faillite s’il ne s’était agit d’une entreprise nationalisée.

 

Général Motors est jusqu’à présent le 1er constructeur mondial, en grande difficulté industrielle et financière. Il tente naturellement de le résoudre par des moyens capitalistes classiques : suppressions massives d’emplois, (35 000) écrasement des avantages sociaux (1). Malgré cela, l’endettement reste énorme, ainsi que les pertes, 10.6 milliards de $ en 2005, ces dernières sont la conséquence des pertes de part de marché aux USA, passant de 47 % à en 1981  à 24 % en 2005, alors que c’est sur son marché national qu’un constructeur réalise l’essentiel de son profit.

 

Notons aussi que Renault est en recul sur son marché national et Européen, ce qui amène à se poser des questions sur son avenir a moyen et long terme. Il est vrai que pour le capital, ce qui compte c’est le dividende immédiat.

 

Il s’agit bien là d’une opération purement financière et spéculative.

 

Avant même la réponse de Renault, l’action G.M à la bourse de New York grimpe de 11%, tandis que Kerkorian écrit « nous pensons que participer à un partenariat mondial avec Renault et Nissan… créerait de la valeur pour l’actionnaire ». La messe est dite, le but de l’opération est clairement indiqué par celui qui en est à l’origine.

 

Cet objectif ne peut que satisfaire C.Ghosn dont le seul objectif est de faire de Renault l’entreprise automobile la plus rentable du monde, avec une marge opérationnelle de 6 % en 2009 contre 3 % en 2005. Pour cela, tous les moyens sont bons, pour lui aussi l’intérêt de l’actionnaire est prioritaire.

 

Ainsi Renault va investir 1.5 milliards de $ dans G.M, (Nissan apportant la même somme de son côté). Il viendra s’ajouter aux 116 milliards d’€uros que les capitalistes Français ont investi à l’étranger en 2005 au détriment des salaires, des emplois, de la recherche et du développement, tournant le dos aux déclarations du Medef, de la droite et de la gauche sur la nécessité d’investir dans la Recherche et le développement pour combattre disent-ils le chômage.

 

Les syndicats, comme le personnel ont été tenus à l’écart des premières tractations entre Ghosn et Kerkorian. Ils auront appris l’opération par la presse, ce qui rappelle une nouvelle fois que la participation des salariés à la direction des entreprises capitalistes n’est qu’un leurre destiné à les associer à leur propre exploitation !

 

Le communiqué du syndicat CGT du groupe Renault daté du 3 juillet (2) ne va pas apaiser les inquiétudes sur l’avenir, en particulier sur l’emploi, exprimé par les salariés du groupe. Disons qu’une telle déclaration relève du « minimum syndical » et qu’aucun appel à l’action n’a été formulé, aucune indication non plus sur la prise de positions des administrateurs syndicaux lors de la réunion du Conseil d’administration.

 

Un danger pour les peuples.

 

La constitution de monopoles capitalistes représente un danger pour les travailleurs, les peuples du monde en les mettant en concurrence entre eux pour tirer vers le bas les salaires et les acquis sociaux. La constitution de tel groupe n’a rien à voir avec les coopérations nécessaires et mutuellement avantageuses élaborées sur un pied d’égalité pour économiser dans la recherche, les techniques nouvelles de transport automobile.

 

La constitution de tel groupe ne vise que le profit, ils nous rappellent dans le même temps que l’argent existe pour satisfaire les revendications des salariés de l’automobile.

 

Agir pour les salaires, l’emploi, les conditions de travail, faire reculer le patronat sur ses objectifs financiers, c’est garantir son avenir, celui de la jeunesse et celui de la France.

 

« Communistes » dit clairement Non à cette nouvelle aventure américaine.

 

(1) Comme un certain nombre d’entreprises US, G.M assure la couverture santé et retraite de ses salariés, résultat des luttes menées par le syndicat et le personnel, en l’absence de sécurité sociale et de retraite par répartition telles que nous les connaissons. Pour G.M comme pour le patronat en général, ce salaire différé qui rogne sur les profits est insupportable. Le syndicat de G.M vient de signer un accord qui réduit de 2 milliards de $ par an les prestations maladie et retraite. S. Royale s’est félicitée du « réalisme du syndicat », ce n’est pas une surprise ! 

   

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(2) « Pour autant la CGT fera le nécessaire pour que la responsabilité sociale de ce nouveau donneur d’ordre géant tant vis-à-vis des salariés, de ses fournisseurs, que des états dans lesquels il est implanté, soit une réalité et ne reste pas qu’un slogan de communication. C’est en ce sens qu’elle s’attachera à rencontrer les autres organisations syndicales de ces groupes,  afin qu’ensemble elles puissent définir un véritable statut des  salariés qui ne les oppose pas… »

           

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