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05-11-2005

PRIVATISATIONS :

La vraie question

 

 

Origine d’un secteur public nationalisé en France

Un vaste secteur public nationalisé a été créé après la Libération de la France en 1945 – 1946 (en 1936, le Front Populaire avait nationalisé les industries de guerre, créé un Conseil pour gérer la Banque de France et pris 51% des actions à la SNCF).

Dans la lutte contre l’occupant nazi, les forces regroupées dans le Conseil National de la Résistance (CNR), mirent sur pied un programme pour la reconstruction et le développement économique et social du pays. Au centre de ce programme figurait la propriété publique nationale des secteurs décisifs : Financier (Banques et Assurances,) Energie (EDF – Gaz – Charbon), Transport (SNCF – RATP – Air France), Communication (PTT –Radio – Télévision), Industrie (Automobile avec Renault – Chimie) Santé (création du système de protection sociale : Sécurité Sociale, Retraite), le Nucléaire (CEA), la Recherche (CNRS), l’Equipement (Eaux et Forêts – routes) etc…

 

Qu’est-ce qui définît le Secteur Public ?

Nationalisation (définition du Larousse et du Quid) : Transfert à la collectivité publique nationale de la propriété de certains moyens de production en vue de mieux servir l’intérêt public.

Le secteur public créé en 1945 s’appuyait sur trois principes qui le définissaient :

*Monopole public donc de non-concurrence capitaliste.

*Accès à égalité de traitement de tous les citoyens, donc péréquation tarifaire, laïcité, neutralité.

*Statuts des personnels, et statut de la Fonction Publique d’Etat et des Collectivités Locales leur donnant des droits nouveaux.

 

Un rôle important à son actif

Le secteur Public a joué un rôle important dans le développement économique de notre pays. Il a à son actif, des succès scientifiques, techniques, industriels, qui ont porté les réalisations de la France au premier rang mondial. Il a joué un rôle important dans les avancées sociales, les droits des salariés, l’accès des citoyens à des droits fondamentaux (santé, éducation, retraite, électricité, eau…).

 

Le capitalisme veut tout privatiser

Privé par le Secteur Public de sources de profit, le capitalisme ne l’a jamais accepté. Dès sa création, il a fait tout ce qui était en son pouvoir pour le faire reculer, le faire disparaître.

Depuis 60 ans, le secteur public est l’objet d’un affrontement de classe permanent entre le capital et les travailleurs. Les luttes ont été décisives à chaque étape pour son maintien.

Avec la naissance de l’Europe du capital, la remise en cause du service public s’est accélérée.

 

MEDEF et gouvernement : tout pour l’entreprise

Depuis la disparition de l’URSS, le capitalisme réorganise le monde pour trouver de nouvelles sources de profits. De grands ensembles capitalistes s’organisent et la concurrence devient nettement plus vive. MEDEF et gouvernement veulent adapter toute la société française à ces exigences, baisser toujours ce qu’ils nomment « le coût du travail ». Les divers gouvernements qui se sont succédé depuis vingt ans n’ont cessé de porter des coups au service public, de casser les statuts, précariser, flexibiliser les salariés et accélérer les privatisations.

En 1985, l’Etat contrôlait  toujours le secteur financier, les secteurs-clés de l’industrie tels que la sidérurgie, toute la production de l’aluminium, la moitié du verre et de l’automobile, toute la chimie fine, une grande partie de la construction électrique, toute la filière de l’électronique, la moitié de l’informatique, la Poste et les Télécommunications, la production pétrolière, le gaz, l’électricité, les chemins de fer, le transport aérien…

Aujourd’hui que reste-t-il ? Plus de 35 privatisations, ouvertures à la concurrence, ouvertures du capital ont été opérées par la droite ou la gauche plurielle (1) Par exemple, en 1991 P. Quilès, Ministre socialiste de F. Mitterrand, éclate les PTT en deux entreprises distinctes soumises au droit commun (c'est-à-dire à la concurrence),   La Poste d’un côté, France Télécoms de l’autre qui est complètement privatisée par le gouvernement Jospin. J.C. Gayssot, Ministre Communiste des transports  a ouvert le trafic marchandises SNCF au privé et la SNCF supprimait plus de 3.000 emplois dans les services de Fret. Chirac et Jospin,   au sommet européen de Barcelone en 2002, se sont engagés d’un commun accord, à privatiser EDF, la Poste et la SNCF.

 

La lutte pour un service public nationalisé

On a jamais tant parlé du service public de proximité qu’aujourd’hui. Tout le monde dit le défendre.

De Villepin dit vouloir assurer un service de qualité, simplifier les démarches pour les usagers, alors il privatise, décentralise pour mieux casser la fonction publique, les statuts, diminue le nombre de fonctionnaires, réduit les budgets publics et sociaux et donne des milliards au patronat.

La gauche part « en guerre » verbale contre la privatisation d’EDF (qu’elle a initié avec la droite). A les entendre, le service public n’aurait pas  de meilleur défenseur qu’eux. Ils créent  même parfois des « comités, de défense » qui débattent plus qu’ils n’agissent. Evidemment il y a 2007 à l’horizon et l’espoir de l’alternance.

Et les syndicats ?

La CFDT refuse toute action ce qui n’est pas pour nous surprendre. FO, rien. Et la CGT ? Aucun appel de la Confédération à une action coordonnée plus ample plus forte, pour s’opposer à la privatisation d’EDF et toutes les privatisations envisagées. 

 

La lutte contre les privatisations, pour la reconquête d’un secteur public national soustrait à la concurrence capitaliste reste une nécessité. Il ne peut y avoir de politique  de progrès économique et social sans que la nation ait la maîtrise des secteurs décisifs, sans qu’elle ait le monopole des principaux leviers économiques.  C’est une condition déterminante pour un changement de politique en France. La lutte contre le capital ne souffre pas de demi-mesures. Il faut s’attaquer au capitalisme. L’opposition entre le capital et le monde du travail est irréductible.

 Soustraire la Nation, le peuple à l’exploitation, construire une nouvelle société de progrès au service du peuple, une société démocratique, nécessite d’abolir  la racine même de l’exploitation, le capitalisme lui-même. C’est pourquoi «  COMMUNISTES » qui a pour but le changement de société et la construction d’une société socialiste met au centre de la nouvelle société : la propriété sociale des grands moyens de production et d’échange.

 

(1)sur notre site : www.sitecommunistes.org, figure la liste des privatisations depuis 1985.

 

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