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07-04-2006

 

L’INTERIM

La mise en place du CPE serait la finalité (ou presque) d'un processus qui a peu à peu banalisé et légitimé la précarité. Les gouvernements de droite et de gauche ont tous contribué à cette attaque contre le salariat à l'instigation du CNPF et du MEDEF.

Une des formes de cette précarité est le travail intérimaire. Pourtant dans les années 70 alors qu'il se développait, sa mise en cause par la gauche de l'époque était très forte. Le mouvement syndical de son côté organisait des luttes contre son développement. A tel point que le programme commun se proposait d'en faire un contrat de travail à n'utiliser qu'avec beaucoup de modération dans des circonstances très restrictives, le tout contrôlé par l'ANPE. La suite, on  la connaît, cette forme de travail à la carte est devenue une règle, une institution qu'aucun gouvernement n'a remis en cause et son développement s'est accru au rythme du chômage. Au point que de grandes entreprises ont créé ou aidé à la création de boîtes d'intérim. Ces grandes entreprises de l'industrie ont été et sont toujours utilisatrices à grande échelle des salariés intérimaires. A coup de contrat de plusieurs heures à plusieurs mois, on en arrive à la mise en place d'un mode de gestion du personnel normalisé.

Un exemple est l'entreprise Renault Trucks (ex RVI près de Caen). Elle emploie en moyenne sur l'année 900 intérimaires à côté des 2500 salariés en CDI. Ce sont des contrats de plusieurs mois certes, mais qui ne débouchent jamais sur un emploi définitif. Comme le dit la direction de l'entreprise sur le ton social "cela permet à ces salariés temporaires de relancer leurs droits à l'ASSEDIC, il est donc nécessaire de les faire tourner afin qu'un maximum de chômeurs profitent de cette situation". C'est beau quand les patrons se mettent à penser à  l'avenir de leurs collaborateurs. Mais là s'arrête leur élan. Pas question d'embaucher. Et c'est encore pour leur bien car en cas de retournement de la conjoncture, il faudrait les licencier les premiers avec les drames qu'entraînent les plans de suppression d'emplois…!

 

L'ensemble de ces éléments a une conséquence logique: une des plus grosses fortunes au monde est le patron d'ADECCO, la grande société d’intérim. L'intérim malgré les lois qui l'encadrent est un travail précaire pour des centaines de milliers de salariés soumis à la seule volonté des patrons. De plus ces lois sont le plus souvent bafouées surtout dans les petites entreprises. L'intérim est donc à remettre en cause totalement. Lui régler son compte est aussi nécessaire que régler le compte du CPE, CNE etc… L'intérim aujourd'hui est considéré comme une forme de travail normal. Pas remis en cause ou si peu par les organisations syndicales, il est aussi encouragé par l'Etat lui-même gros dévoreur de travail précaire. Il constitue pour les patrons un réservoir de main d'œuvre remerciable à tout moment.

 

 

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