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07-04-2006
NI RESPONSABLE, NI COUPABLE
M. JP Cotis, un de ces innombrables experts qui
donnent leur avis sur les situations économique et sociale de la France, vient
de déclarer dans un entretien au « Monde » que le marché de l’emploi
français est « porteur de précarité ».
Le patronat, avec ses suppressions d’emplois, ses délocalisations, ses
fermetures d’entreprises n’est donc ni responsable, ni coupable du chômage de
masse et de la précarité qui l’accompagne. Si M. Cotis le dit cela doit être
vrai. D’autant que ce monsieur a de l’expérience. Après avoir été directeur de
la prévision au ministère de l’économie et des finances de 1997 à 2002
(ministres Strauss-Kahn et Fabius), il est aujourd’hui chef économiste à l’Organisation
de Coopération et de Développement Economique (OCDE) qui est, comme son nom ne
l’indique pas, le centre de réflexion au capitalisme et qui mène combat, depuis
des années, pour justifier la baisse du coût du travail, la flexibilité, l’allongement
de la durée du temps de travail … Dans cet entretien, il reprend toutes les réflexions
déjà développées par le patronat et ses experts. Par exemple :
…«le problème français n’est pas la surabondance de la main-d’oeuvre
mais la difficulté à créer
suffisamment d’emplois ».
Qui ne crée pas d’emploi, qui les détruit au nom du profit capitaliste ?
Comme la question n’est pas posée cela lui évite de répondre.
Répondons à sa place. En décidant la fermeture de quatre sites de sa
filiale chimie, TOTAL ne supprime pas seulement 415 emplois, il crée les
conditions d’un chômage durable, détruit le tissu industriel.
Par rapport aux pays de l’OCDE, « La France est celui où le coût
du travail par qualifié reste le
plus élevé en proportion du salaire moyen ». M. Cotis ignore l’augmentation des travailleurs pauvres, de la
perte du pouvoir d’achat, notée le même jour dans le même journal, et qui
informe que, d’après les statistiques de l’INSEE, 20 à 30 % des salariés voient leur rémunération
baisser chaque année du fait de la partie variable des salaires (les primes).
« Certaines populations sont mal protégées comme les jeunes,
tandis que ceux âgés de 35 à 55
ans le sont très bien. Ce
système est porteur de précarité ».
Les dizaines de milliers de travailleurs licenciés lors de la fermeture de leur
entreprise apprécieront, jeunes ou plus vieux, ils se retrouvent dehors.
Ce qui est porteur de précarité, c’est le capitalisme et la recherche
des profits. Cette tentative de division des victimes tourne court dans l’action
où tous, toutes générations confondues, agissent contre la précarité.
Enfin, après tous ces faux arguments, M. Cotis en vient à son vrai
propos : le coût du licenciement. « Cela crée une incertitude pénalisante
quant au coût du licenciement (pour
l’entreprise). Celui-ci peut donc être bien supérieur en pratique à ce qu’il
devrait être en théorie »
Quel malheur ! Du coup, son soutien au CPE
est total. Il confirme le but final du CPE. « Le CPE … trouve alors
tout son sens en tant qu’étape d’unification des contrats ».
Unification des contrats voulue par le MEDEF, la droite –sous le
regard bienveillant de la gauche- pour finir de liquider le code du travail et
livrer encore davantage les salariés au patronat, pieds et poings liés.
Cela explique la résistance acharnée pour défendre cette mesure. Au-delà
des petites phrases, des ambitions personnelles et des coups tordus, ils sont d’accord
sur le fond : tout faire pour permettre au capitalisme une exploitation
toujours plus accrue des salariés.
Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les salariés français ne
sont pas isolés dans leur combat : En Allemagne, Angleterre, Grèce, les médecins
de la très calme Suisse, etc … la lutte contre les conséquences du capitalisme
est aussi d’actualité.
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