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UKRAINE :
des précisions utiles
Un peu d’histoire
Si l’agitation
médiatique autour de l’Ukraine est un peu retombée, il n’en reste pas moins
une situation grave et porteuse de danger pour la paix. Dans les limites de
cet article, il convient de restituer rapidement la place de l’Ukraine
comme nation. Placée entre la Pologne à l’Ouest et la Russie à l’est elle
fut au cours des siècles dominée successivement par ces deux entités. L’époque
soviétique lui donne le statut d’Etat et elle obtient la Crimée dans les
années 1960. A cette époque, les questions frontalières n’ont pas de
grandes conséquences pratiques et ce rattachement ne soulève pas de grandes
objections dans la Crimée russophone. L’économie de l’Ukraine qui a été
largement détruite au cours de la guerre 1941-1945 est dominée par l’industrie
charbonnière à l’Est, métallurgique et mécanique avec une place importante à
l’industrie d’armement. La partie industrielle est plutôt dans l’Est
russophone, l’Ouest étant plutôt agricole.
Lors de
la destruction de l’URSS, les forces politiques qui soutiennent le
processus de liquidation avec ELSTINE à leur tête, s’appuient sur les éléments
nationalistes pour accélérer le processus. C’est ainsi que les trois
dirigeants des républiques soviétiques : Russie, Ukraine et Biélorussie,
annoncent la fin de l’URSS. L’Ukraine est indépendante. Un référendum
ratifie cette indépendance. Ceux qui dirigent alors l’Ukraine ne sont ni
plus ni moins que la couche dirigeante du Parti Communiste Ukrainien. Ils
sont aux commandes, ils y restent mais à leur profit direct. Ils jouent les
équilibristes entre les puissances de l’Est et de l’Ouest pour en tirer le
maximum de bénéfice. Notons que les deux candidats à l’élection ont déjà
bien servi cette politique comme premiers ministres. Même s’il s’est
relativement discrédité, le Parti Communiste Ukrainien reste la première
force politique au parlement sur la base de la défense de la défense des
acquis et de l’Unité de l’Ukraine.
Concurrents mais alliés
La
crise actuelle est le résultat de la lutte acharnée des intérêts au pouvoir
pour s’assurer une position dominante dans le pillage des ressources de l’Ukraine.
Chaque clan a trouvé ses alliés et supporters à l’Est en Russie et à l’Ouest
en Europe et aux USA. Des milliards ont été déversés
pour alimenter les campagnes de division et assurer à son poulain une
position de force. La Pologne sert de place avancée à cette approche
destructrice de l’Ukraine qui vise à isoler encore plus la Russie pour à
terme l’affaiblir et s’emparer de ses ressources énergétiques. De son côté
la Russie qui entend ne pas perdre sa sphère d’influence (sérieusement écornée par la
dislocation de l’URSS) a alimenté une campagne basée sur l’utilisation des
sentiments russophones d’une grande partie de la population de l’Est de la
Crimée. Le résultat c’est une crise organisée par l’Impérialisme US, l’Europe
et la Russie.
On est
arrivé à un troisième tour dont le contenu éclaire sur les intentions des
protagonistes au sommet de l’Etat : développer le capitalisme en
liquidant les acquis sociaux. Pour mettre en œuvre ce programme qui
rencontre inévitablement des oppositions dans le peuple, les clans en présence
sont prêts à s’allier. C’est le sens des propositions qu’ils se sont faites
lors du débat télévisé entre les deux candidats à l’élection. Dans cette
affaire leur union est apparue pour ce qu’elle est c’est à dire une
organisation supranationale au service des intérêts du grand capital.
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