Retour ACCUEIL

 

 

08-02-2006

Requin ou Crocodile

 

 

Le groupe Arcélor, il y a quelques semaines, lançait et remportait pour 6 milliards d’euros, une « OPA hostile » sur le sidérurgiste canadien Dofasco, au nez et à la barbe de Tayssen-Krupp.

Quelle belle réussite pour ce groupe mondial, bâti sur les ruines des mines (charbon et fer) de la sidérurgie, des nationalisations de France et d’Espagne, du Luxembourg, de Belgique. Avec l’aide des gouvernements successifs en France, depuis 1978, la casse avait commencé, ravageant des régions entières (Nord-Pas de Calais-Lorraine) qui en souffrent encore et qui a coûté des milliards de francs au pays.

Tout ça pour aboutir à Arcélor, société de droit luxembourgeois, mais pas encore assez rentable pour les actionnaires.

 

Aujourd’hui, rien ne va plus. Un homme, sans savoir vivre, Indien de naissance, possédant la société Mittal basée en Hollande, lui-même habitant en Angleterre, vient de lancer –sans demander l’avis de personne- une « OPA hostile » sur Arcélor.

T. Breton déclare que « cet acte n’est pas digne de « l’économie moderne » … « L’on ne peut procéder de la sorte avec des groupes de taille mondiale ». Une question de politesse, en somme !

Puis, il ajoute : « Le gouvernement n’agit en rien, ni en tant qu’actionnaire ni en tant que régulateur ». C’est la réponse de la célèbre formule de Jospin : « L’Etat ne peut pas tout ».

Et l’Europe dans tout cela ? Tous les partisans du « oui » et du « non » en appellent à l’Europe. Ecoutons les :

- . Fabius : « les gouvernements français, luxembourgeois, espagnol et la Commission européenne doivent dire non »,

- F Bayrou estime que Bruxelles « doit défendre ses intérêts stratégiques »,

- JP Chevènement pense que la Commission « peut mettre un coup d’arrêt à l’OPA »,

- De Villepin et son gouvernement ne disent pas autre chose lorsqu‘ils parlent de champions nationaux et européens.

 

La réponse ne s’est pas fait attendre. Nelly Kroes, commissaire à la concurrence qui, avant d’être à Bruxelles, siégeait dans plusieurs conseils d’administration, déclare : « je suis contre les champions nationaux ! Je suis contre les champions européens ! Mais je suis pour des champions globaux (lisez mondiaux) basés en Europe ».

Madame Kroes parle crûment : elle défend les profits capitalistes pas les intérêts nationaux ou l’emploi.

L’Europe apparaît une nouvelle fois pour ce qu’elle est : une Europe capitaliste, acteur actif de la mondialisation.

 

Une chose est sûre : pour mettre 18,6 milliards d’euros sur la table, le groupe Mittal s’est livré à une exploitation féroce des salariés qui le composent.

La mondialisation pousse à la création de groupes industriels et financiers sans cesse plus puissants, dévorant leurs concurrents pour imposer leur loi à la planète entière en fonction de leurs seuls intérêts financiers.

A leurs yeux, le sort des peuples n’entre pas en ligne de compte.

A Gondrange, en Moselle, existe une aciérie, vendue par Arcélor à Mittal, il y a quelques années. Interrogé par France Inter, un syndicaliste CGT déclare, après avoir dénoncé les conditions de travail « Si Mittal est un requin, Dollé (PDG d’Arcélor) est un crocodile ».

Très juste. Les salariés ne choisissent pas leurs exploiteurs. Ils les combattent !

 

L’opinion de « Communistes », sur la situation du capitalisme en France et dans le monde, a fait l’objet d’une très large place dans l’introduction d’ouverture à la réunion du Conseil National du 4 février 2006. Voir notre site.

 

Recommander cet article à un(e) ami(e)

 

 Haut de Page

 

http://www.sitecommunistes.org