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08 MAI 2008

 

A lire : Mai 68 chez Renault

 

 

Les  livres, articles, émissions audio-visuelles déferlent à l’occasion du 40ème anniversaire de mai 68. Leurs particularités sont  de s’arrêter au Quartier Latin, aux étudiants, de traiter le formidable conflit social qui vit 10 millions de salariés en grève comme un événement mineur et d’en ignorer les acquis. On les comprend. Au moment où les luttes se développent pour les salaires et l’emploi, il est des souvenirs qu’il vaut mieux oublier.

 

Un livre vient très à propos remettre la réalité de mai en place. Il s’agit de Mai 1968, Renault Billancourt. Son auteur Michel Certano a été un acteur actif de ce conflit social dans cette entreprise. Il s’appuie pour écrire son texte sur les documents de l’époque, sur un important travail de recherche.

 

Il ne s’arrête pas aux murs de l’usine, dans un aller et retour permanent il passe de Renault à la situation politique, de la résistance acharnée du patronat et du pouvoir à refuser les revendications ouvrières, à l’attitude provocatrice des groupes gauchistes, aux manœuvres politiciennes qui visaient à déposséder les travailleurs de la conduite de leur mouvement et de le conduire dans une voie sans issue.

 

Dès la première page, l’auteur annonce la couleur. Il écrit : l’élément principal de mai 1968, c’est son succès revendicatif. Et il ajoute : la question primordiale n’est pas de disserter sur tel ou tel aspect du mouvement de 68, mais bien de partir du contenu de classe qu’il renferme et d’examiner ce qu’il apporte au terme de la grève.

 

Avant d’analyser mai 68, il rappelle les luttes multiples qui se sont déroulées les années précédentes chez Renault comme dans l’ensemble du pays. Mai a  été un moment élevé du combat permanent de la classe ouvrière contre le capital.

 

Quelques rappels sont particulièrement bien venus. Par exemple le retour précipité du Général De Gaulle en voyage officiel en Roumanie, dès que le mouvement social grandit. Ou bien la déclaration de Mendès France qui se présentait avec Mitterand comme une alternative au pouvoir gaulliste : La France ne peut pas supporter Grenelle. Conclusion, il n’est pas possible de donner satisfaction au x revendications.

 

Michel Certano fait sur Renault quelques mises aux points plus que nécessaires face aux multiples mensonges de l’époque et qui durent encore aujourd’hui sur la conduite de la grève à Billancourt et les divers épisodes qui s’y déroulèrent.

 

Il rappelle la bataille acharnée de la direction de l’entreprise avec à sa tête le social-démocrate P. Dreyfus pour refuser de satisfaire les revendications. Il publie les diverses lettres de celui-ci au personnel pour l’inviter à reprendre le travail avec l’argument de la concurrence étrangère. Le patronat, quarante ans après n’a rien inventé !

 

Enfin le résultat de la grève est impressionnant. A l’augmentation des salaires, la diminution du temps de travail, la reconnaissance du syndicat dans l’entreprise, des revendications refusées pendant des années sont gagnées. Le paiement au poste de travail qui donnait 105 salaires différents est supprimé, les 3000 salariés en contrats provisoires sont embauchés en CDI, etc, etc.

 

68 n’a pas été une fin mais un début, les années qui suivent voient d’autres luttes et d’autres succès.

 

Ce livre  remet en mémoire des événements dont les plus anciens ont été acteurs, c’est une indispensable leçon d’histoire pour les plus jeunes qui n’ont pas vécu cette période. A mettre entre toutes les mains.

 

On peut se procurer ce livre auprès de Michel Certano, 145 Grande Rue, 92310 Sèvres.

 

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