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08-09-2006

ENCORE LE MEDEF

 

 

 

Belle mentalité. Lui qui est toujours prêt à vanter les modèles anglo-saxons, part en guerre contre la « class action » qui existe pourtant en  Grande-Bretagne, aux Etats-Unis et même au Québec. De quoi s’agit-il ? « La class action » désigne tout simplement le droit pour les consommateurs de se regrouper pour attaquer en justice une entreprise, un groupe. Ce qu’un consommateur isolé ne pourrait faire  faute de moyens suffisants.

 

Un projet de loi qui reconnaîtrait « la class action » en France serait déposé mais le Medef ne l’entend pas de cette oreille. Devant un gouvernement qui n’a rien à lui refuser, il utilise le mensonge comme d’habitude. D’après lui une organisation de consommateurs pourrait intenter un procès collectif pour exiger réparation d’un préjudice subi pour des consommateurs non identifiés. C’est faux ! Seuls des consommateurs identifiés peuvent ester en justice. Leur action groupée permettrait d’en partager les coûts qui sont énormes. C’est cela que le Medef veut éviter. Car le patronat, pour faire le maximum de profit, entend utiliser impunément toutes les formes de vente et de publicité possibles. Surtout pas question de risquer une condamnation pour cela.

Belle mentalité, non ?

 

Quand le MEDEF étudie

Lors de son université d’été, il a énuméré les thèmes que devrait aborder la campagne électorale pour l’élection présidentielle de 2007.

 

D’abord le SMIC. Lors de la revalorisation de juillet 2006, le MEDEF n’avait pas de mots assez durs pour condamner le gouvernement. Pour lui, la revalorisation aurait dû être de 2,75 %. Or, le gouvernement a décidé d’un coup de pouce de 0,3 % ce qui est trop pour le Medef qui considère qu’il s’agit là d’une décision politique en vue des élections qui se préparent et   juge condamnable que les salaires dépendent d’une décision politique. Là encore, travestir les chiffres est une méthode que le Medef affectionne. En juillet 2005, le SMIC était porté à 8,03 euros. En 2006, il est revalorisé à 8,27 euros soit 0,24 euros en un an. Comparez avec les salaires des PDG.

 

Quand le MEDEF négocie

Pour lui la négociation serait plutôt du style : donne- moi ta montre, je te donnerai l’heure.

 

Il a décidé de réfléchir à un thème qui laisse rêveur : il veut réconcilier l’inconciliable. Pas moins. On en frémit d’avance, d’autant que cela s’inscrit selon lui dans une démarche de « réconciliation démocratique ». Il prévoit plusieurs tables rondes. Pour celle concernant la jeunesse étudiante, participation assurée de Yannick Vallée 1er vice-président de la conférence des présidents d’universités et de Pierre Bellanger président de Skyrock. Tout un programme. Les jeunes générations n’ont qu’à bien se tenir. Des gens bien intentionnés vont s’occuper d’eux.

 

Mais le clou du spectacle résidera dans un show intitulé « Peuple et élus : on rebat les cartes » Les invités sont François Chérèque, secrétaire général de la CFDT et Guy Carcassonne, un professeur de droit qui sévit régulièrement dans « Le Monde », « Le Figaro », « le  Nouvel Observateur » etc... Vous voyez le genre. Chérèque, Carcassonne, rien que du beau linge ! Le Medef précise qu’il était indispensable d’inviter un « constitutionaliste », puisque  pour avancer sur l’autonomie des partenaires sociaux, une révision de la constitution est nécessaire. Rien que cela !

 

Le MEDEF est pressé. Il veut aller encore plus loin en adaptant la constitution à ses objectifs.

 

2007 approche, c’est une année électorale certes mais n’oublions pas, qu’en fin d’année doivent également se tenir les négociations sur les retraites. Nous connaissons les dégâts de la réforme Fillon depuis août 2003. Dès maintenant passons à l’action.

 

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