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08-09-2008

 

Médecine du Travail

Pas de négociation bidon

 

Pour maintenir, voire augmenter ses profits- 50 milliards € pour les six premiers mois de l’année pour les seules entreprises du CAC 40- le patronat ne peut supporter tout ce qui peut être une gêne dans l’exploitation des salariés. Après les multiples remises en cause des droits engagés depuis des années, il s’en prend aujourd’hui à la médecine du travail.

 

Un outil qui ne protège pas les salariés.

La médecine du travail est en soi une bonne idée sensée protéger les salariés sur les lieux de leur travail. Avec une visite médicale systématique et surtout en donnant au médecin spécialement formé le droit d’intervention sur les postes de travail, les matières dangereuses présentes dans l’entreprise et les précautions à prendre dans leur utilisation.

 

Mais les droits des médecins sont remis en cause dans la mesure où ils sont des salariés de l’entreprise subordonnés au patronat. Ce qui limite, pour ne pas dire plus, leur intervention dans la protection de la santé des salariés qu’ils sont en principe chargés de protéger. C’est tellement vrai qu’un médecin du travail a été condamné au même titre que le patron dans une affaire d’amiante pour avoir laissé les salariés dans l’ignorance des dangers qui les menaçaient et n’avoir rien fait pour exiger que des mesures de protection soient prises. On peut aussi se poser la question  de l’attitude des médecins du travail face à la multiplication des suicides dans les entreprises.

 

Encore trop coûteuse et contraignante pour le patronat.

Le patronat considère que telle qu’elle existe la médecine du travail lui coûte trop cher. Les visites médicales des salariés sont déjà passées de un à deux ans mais c’est encore trop. Le projet que vont discuter les « partenaires sociaux » prévoit que dans l’avenir les visites médicales auront lieu moins souvent en fonction de l’état de santé du salarié et de son exposition aux risques. C’est naturellement le patron qui en décidera.

 

Ajoutons à cela un accord signé en mars 2007 entre certains syndicats et le patronat, accord  qui limite les droits des accidentés du travail, la réduction des indemnisations des victimes de l’amiante- demandes en hausse, indemnités en baisse pour constater qu’en ce domaine les derniers mois n’ont pas été perdus pour augmenter les profits.

 

Ce n’est pas tout, Medef et gouvernement lancent en plus une opération poudre aux yeux avec une « négociation » sur le stress au travail. Négociation avec qui ? Avec les mêmes qui ont signé l’accord de 2007 ? Dans ce cas, le résultat est connu d’avance. Le responsable premier du stress au travail et de ses conséquences c’est l’exploitation capitaliste, son cortège de bas salaires, de précarité, de conditions de travail insupportables, d’inquiétude pour l’avenir. Le coût des arrêts de travail liés au stress est estimé entre 40 et 50 milliards d’euros payés par la Sécu.

 

Pas de négociation bidon. La question de la santé au travail est inséparable de la lutte contre le capitalisme.  

 

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