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08-11-2005

UN BUDGET SECU

CONTRE LES ASSURES SOCIAUX

 

 

Le budget 2006 de la sécu vient d'être discuté et adopté en première lecture à l'Assemblée nationale. Comme on le craignait c'est une suite de mesures qui amène de plus en plus de français à se soigner au rabais voire plus du tout. Tout est une question de moyens. La santé à deux vitesses aujourd'hui est une réalité, même des catégories nouvelles de salariés sont touchées et ce budget va encore creuser les écarts. Ces mesures, on les connaît maintenant:

         *156 nouveaux médicaments déremboursés

         *forfait de 18€ à la charge des malades pour tout acte médical supérieur à 91€

         *forfait hospitalier qui passe à 15€ , multiplié par 5 depuis sa création (1983)

         *augmentation des cotisations vieillesse de 0.2% dont 0.15 à la charge du salarié…

Toutes ces mesures nouvelles viennent après celles prises l'an passé comme l'euro à la charge de l'assuré à chaque visite chez le médecin, parcours de soins, etc…

Ce projet de budget 2006 a été vivement critiqué par les pharmaciens, les caisses nationales d'assurance maladie (CNAM) vieillesse (CNAV) l’ACCOSS (la banque de la sécu) et la mutualité française qui représente 98% des mutuelles. Face à cette situation, ces dernières ont déjà annoncé une augmentation de leurs tarifs pour couvrir entre autres l'instauration du forfait de 18€. Ainsi contrairement à ce que dit le ministre de la santé Bertrand ce sont bien les patients qui paieront la facture à travers leurs mutuelles. Mais sur le fond cette nouvelle mesure est la rupture avec l'idée de solidarité autour de laquelle a été bâtie la sécurité sociale il y a 60 ans. Solidarité entre générations, solidarité entre bien portants et malades, solidarité basée sur les revenus de chacun. C'est une brèche ouverte vers d'autres coûts conduisant à la régression de notre système de protection sociale voire sa disparition sous cette forme solidaire.

Il s'agit d'organiser la riposte. Riposte d'autant plus nécessaire qu'un récent sondage montre que les Français sont très attachés à leur système de santé et qu'ils souhaitent conserver le système actuel basé sur la solidarité nationale.

Le gouvernement multiplie les gros cadeaux au patronat. Et c'est à travers des mesures très techniques que ces cadeaux arrivent à leurs destinataires. Ainsi les exonérations de cotisations sociales devraient augmenter de 2 milliards pour atteindre 22.7 milliards d'euros en 2006 (le "trou" de la sécu serait de 12  milliards en 2005).

Autre cadeau aux patrons avec les accidents du travail et maladies professionnelles (ATMP) que ces derniers refusent d’acquitter en grande partie. Ce qui contraint de fait la sécu à prendre en charge indue 15 milliards d'euros alors que la compensation financière payée par les patrons sera de 330 millions d'euros en 2006 ! Un exemple concret, 5 à 10% des cancers ont une origine professionnelle soit entre 14 à 28000 cas. Or moins de 1500 cancers sont reconnus par la branche ATMP. Le coût moyen du traitement étant de 250000 euros la charge indue pour l'assurance maladie s'élève pour ce seul exemple de 3.2 à 6.7 milliards d'euros alors que c'est la caisse spécifique financée par le patronat qui devrait prendre ces sommes en charge.

17 plans  dits « de sauvetage » et lois diverses dont les dernières de Fillon et Douste Blazy  n'ont rien réglé sur le fond pour les assurés sociaux. Mais, pour les patrons, ça s'arrange de mieux en mieux! Leur stratégie de casser la sécu pour privatiser le système de protection sociale continue d'avancer. Car pour le capital tout est profit et la santé est un moyen d'en dégager. De gros profits, surtout avec la demande de santé en progression constante résultant des avancées dans le domaine médical. Le capital n'a jamais digéré la création de la sécu et sa mise à contribution. La sécu cassée lui permettrait de faire supporter le coût de la protection sociale aux seuls salariés.

Pour "Communistes" ce ne sont ni les tables rondes ni les seules propositions techniques qui infléchiront la volonté du MEDEF donc du gouvernement. On en a vu le résultat en 2003 avec la réforme des retraites et en 2004 justement avec la sécu. Seule la volonté de se battre pour faire payer le patronat (qui en a d'ailleurs largement les moyens) est la réponse aux besoins de santé de toute la population.

 

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