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09-02-2005

AUSCHWITZ, LA MEMOIRE INTEGRALE

 

 

Sous ce titre, Marcel CAILLE  qui fut Secrétaire de la CGT, responsable du secteur droits et libertés, a publié  un article dans le journal « l’HUMANITE », dont nous reproduisons de larges extraits.

 

« La Shoah restera l’une des plus atroces actions d’anéantissement de l’homme que l’histoire aura connues. C’est pourquoi sa mémoire doit être honorée comme il se doit… En dévoiler les causes principales est indispensable pour que les jeunes générations puissent se prémunir contre le retour de la bête immonde.

Or, pendant que Le Pen s’emploie à minimiser l’horreur et à banaliser l’attitude des hordes nazies pendant la guerre, une partie importante des médias se tait sur une autre face tragique des camps de la mort. L’impasse est complète sur les centaines de milliers de déportés résistants qui, de toute l’Europe, furent précipités vers l’extermination des camps. En France, ils seront des dizaines de milliers, dont la moitié sera anéantie.

Mon père, communiste et responsable du syndicat CGT de Tergnier (02) et quatre de ses camarades étaient parmi eux. Organisateurs de la Résistance dès septembre 1940, ils furent du terrible convoi du 6 juillet 1942 qui, partant de Compiègne, les précipita dans l’enfer d’Auschwitz. Un seul revint. Les autres seront exterminés dont mon père. Leur crime fut aussi de vouloir la fraternité entre tous, qu’ils soient athées, catholiques, juifs ou protestants…

La mémoire est sacrée. Pourquoi donc s’acharner à en détruire une partie essentielle, précisément au moment où les peuples s’interrogent sur la responsabilité du capitalisme dans les malheurs qui les accablent. Certains n’ont cessé de soutenir que tout cela serait dû à la folie de Hitler et à son racisme délirant. Fou, il ne l’était pas. Par contre, il était profondément raciste…

…Comment ne pas rapprocher cet « esprit » de la revendication de « l’espace vital » cet emblème derrière lequel les hordes sauvages annexèrent et pillèrent l’Europe. Or qui avait besoin de cet « espace », sinon le capitalisme allemand qui cherchait depuis longtemps à imposer son impérialisme à ses rivaux ?...

…En 1932  en Allemagne, la crise est profonde. Le pouvoir est vacant. Après avoir capté une partie importante de l’électorat grâce à sa démagogie, le parti nazi est en recul. Ses finances sont au plus bas, la vague brune commence à reculer.

Cependant Hitler ne cesse de rassurer les milieux patronaux. Le 27 janvier 1932, devant trois cents chefs d’entreprises de Düsseldorf, on peut résumer son programme ainsi : « je me charge de la politique, à vous l’économie »…

…Devant la « menace communiste » qui gagnait de plus en plus dans les élections, les milieux industriels décident de donner sa chance au parti nazi afin qu’il réalise « l’assainissement de l’Etat  National » (Deutche Allgemeine Zeitung du 8-12-1932).

Dès novembre les plus grands noms de l’industrie allemande (Krupp, Thyssen, Schroder, Siemens, Bosch, Reuch, Silverberg etc…) réclament « la remise de la responsabilité du pouvoir au chef du parti national le plus important ». Le 4 janvier 1933, le banquier Schroder, Hitler et Von Papen (la droite classique) se mettent d’accord sur  la combinaison : Hitler, chancelier, Papen, vice – chancelier. En même temps, les industriels de la Ruhr renflouent les finances des nazis (Chicago-Daily-Tribune -12-01). Le 30 janvier, Hitler prenait le pouvoir en jurant de respecter la Constitution de la République…

La même année le camp de Dachau était ouvert. En 1939 ils étaient 300.000 résistants allemands détenus dans les camps, qu’ils soient juifs, athées, catholiques ou protestants. Le racisme avait contribué à diviser le peuple ouvrant le chemin de la victoire aux nazis.

La  mémoire ne saurait oublier cette leçon de l’histoire au moment où les peuples cherchent le chemin de la libération de l’exploitation capitaliste ».    

 

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