![]()
![]()

![]()
![]()
09-04-2006
LA COURSE EUROPEENNE A LA PRECARITE
« L’entreprise ne peut stimuler la croissance qu’en rabotant les
avantages sociaux des salariés, en accélérant
les déréglementations, en atténuant les exigences environnementales » pouvait-on lire récemment dans un journal français. Cette phrase résume
bien les raisons d’être du capitalisme et les objectifs qu’il poursuit.
Dans les pays de la CE
comme partout dans le monde, c’est la course à la baisse du coût du travail
pour réaliser le maximum de profits. La précarité progresse partout, même dans
les pays scandinaves où pourtant … En Europe du Sud, elle est devenue une
normalité. En Espagne, elle devient la règle pour les plus jeunes. En
Italie, 70 % des emplois créés en 2005 sont des emplois précaires. En Allemagne
où les travailleurs luttent contre l’allongement du temps de travail et la
flexibilité, l’extension des périodes d’essai est portée de 6 mois à 2 ans. Au
Danemark, le gouvernement veut repousser l’âge de la retraite de 65 à 67 ans.
En Grande-Bretagne, les salariés sont appelés à travailler jusqu’à 69 ans et le
gouvernement a engagé les « réformes » de la santé et de l’éducation,
pour obtenir un licenciement économique, la probabilité d’une baisse d’activité
suffit et cela coûte 3 fois moins cher à l’entreprise qu’en France. Quant au
montant des indemnités, il est inférieur de moitié à celui versé en France.
L’ancien 1er ministre
portugais, JM Barroso est à la tête de l’exécutif européen depuis 2004. Il
répète partout que « la flexibilité des marchés du travail » est la
condition de la relance. Il juge « les réformes », dans ce domaine,
inévitables et urgentes. Dans un récent rapport, il affirme qu’«il est temps
de passer à la vitesse supérieure », à chaque gouvernement de les mettre en œuvre comme il l’entend.
A propos du CPE, Barroso faisait confiance, disait-il,
aux autorités françaises … On connaît la suite.
« La précarité, pour
relancer l’économie », c’est le mot d’ordre du capitalisme mondial.
Consommer moins pour produire plus ? Produire quoi, pour qui ? … Les
médias noient ces questions dans des flots de savantes (?) considérations, du
type : pour sauver l’emploi, supprimons le droit à l’emploi des
salariés ! Lisez à ce sujet l’article « Quand
l’emploi s’enfonce, les profits grimpent ».
M. Cotis est chef économiste à
l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economique). Dans un
article au journal « Le Monde », il déclarait « la France est
moins bien que l’Italie qui, elle, a
réformé (enfin !) son marché du
travail … Parmi les pays de l’OCDE,
la France est celui où le coût du
travail peu qualifié est le plus élevé… Le système de protection de
l’emploi français fait porter une trop grande responsabilité aux entreprises
dans la gestion des licenciements ».
Les dirigeants de l’Europe, de
l’OCDE, le patronat et le gouvernement français, les dirigeants politiques, de
droite comme de gauche, tous disent la même chose. Seuls les termes qu’ils
emploient varient et encore pas réellement !
Des millions de salariés et de jeunes, français et
européens, en ont pris conscience et manifestent leur refus. La suite va
dépendre du développement de leur action.
Recommander cette article
à un(e) ami(e)