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09-06-2006
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Menaces
sérieuses sur le livret A |
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Les
marchés financiers applaudissent la fusion d’activités bancaires entre les
Caisses d’Epargne et les Banques Populaires réalisée le premier juin. L’opération
étant conçue comme une nouvelle source de profits pour les actionnaires, il
est dans l’ordre des choses qu’elle plaise à la Bourse. Les Caisses d’Epargne
jouant un rôle clé dans la rémunération de l’épargne populaire et donc la
collecte des fonds finançant le logement social, c’est sous l’angle de l’intérêt
général que la question doit être examinée et non pas sous celui des intérêts
privés. D’autant que la loi définit la mission d’intérêt public des Caisses
d'Epargne. Le laisser faire de l’Etat est l’accentuation d’une privatisation
qui ne dit pas son nom. Ce laisser faire met en danger le rôle du livret
A, chargé de collecter les fonds nécessaires à la construction de logements
sociaux. En effet, comment concilier, d’un côté l’activité
de collecte de fonds à travers le livret A de la Caisse d’Epargne et de l’autre
sa fusion avec une banque dont l’objectif essentiel – comme du système
bancaire en général- est de combattre ce même livret qui la prive d’une part
importante de l’épargne populaire ? Poser la question c‘est y répondre. Les fonds collectés par la Caisse d’Epargne, sur
le livret A, sont versés à la CDC (Caisse des Dépôts et Consignation) chargée,
depuis 1905, de dégager des crédits nécessaires en faveur du logement social.
C’est toujours l’usage qu’en fait la CDC jusqu’à aujourd’hui. Le lien qui unissait la Caisse d’Epargne et la
CDC est donc rompu. La source va se tarir quelles que soient par ailleurs les
reprises qui vont s’effectuer dans l’assurance et l’immobilier en
patrimoine de la Caisse d’Epargne. La CDC a donc vendu sa participation dans les
Causses d’Epargne pour 7 milliards d’euro (46 milliards de francs). Ces 7
milliards ne seront pas perdus pour le capital. La CDC étant un organisme
d’Etat, celui-ci aura à sa disposition cette somme… pour de nouveaux cadeaux
au patronat. Trois victimes - La première, c’est l’emploi. D’après les
syndicats, 600 à 700 emplois sont menacés dès maintenant. La fusion des
réseaux des banques de détail se posant dans l’avenir avec toutes les
conséquences que l’on imagine. - La Deuxième, c‘est la construction de logements
sociaux, privée d’un financement à bon marché, permettant au secteur privé de
la construction de rester seul sur le marché et d’y imposer encore davantage
la loi du seul profit. - La troisième, c’est la masse des porteurs de
livret A. Que vont-ils peser face aux mastodontes bancaires qui tous
veulent la mort de ce livret pour en récupérer les dépôts ? Un seul gagnant, la bourse, le profit, le
capital. Ceux qui craignaient que ce gouvernement,
affaibli par ses échecs, serait contraint à l’immobilité jusqu’à l’élection
de 2007, peuvent être rassurés. Jusqu’au bout il servira les intérêts de ceux
qui l’ont mis en place. Quant à la « gauche », si prompte à
dégainer au sujet de l’affaire Clearstream, elle a été, à cette occasion,
d’une discrétion parfaite. Ni questions à l’Assemblée, ni motion de censure.
Une attitude loin de ses tonitruantes déclarations sur sa volonté de
changement. Comme beaucoup en France, il y a longtemps que
nous sommes sans illusion sur ses promesses. Faire changer, par l’action, cet ordre des
choses est au coeur de notre combat. Cela doit être aussi le vôtre.
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