Retour ACCUEIL

 

09-10-2007

 

USA : L’accord « General Motors GM »

Syndicat de l’automobile (United Auto Workers UAW)

 

 

GM et l’UAW viennent de signer un accord qualifié d’historique. S’il doit encore être approuvé par les salariés, il marque un tournant dans l’histoire sociale des USA. Cet accord comporte au moins deux volets. Il convient de les développer. Le premier concerne les retraites et la protection sociale, le deuxième les contrats de travail.

 

Au plan de la protection sociale, GM transfère sur ses retraités les risques liés aux dépenses de santé. GM continuera à prendre à sa charge les risques de ses actifs et versera à l’UAW une soulte de 30 milliards de dollars. C’est donc le syndicat qui gérera cette somme sous forme d’un fond de pension. Les profits réalisés par ce fond de pension sont censés répondre aux dépenses de santé et payer les retraites des employés de GM. Un tel montage n’est pas sans risque, puisque dans des circonstances analogues, le fond de pension alimenté par la société Caterpillar s’est effondré en 2004, laissant les retraités de cette entreprise sans protection sociale autre que leurs versements volontaires.

 

Au niveau des contrats de travail, GM s’engage à maintenir l’activité sur ses seize sites aux Etats-Unis et à reconduire pendant la durée de l’accord les anciens contrats de travail, mais il se réserve le droit d’embaucher des salariés pour les tâches dites périphériques à des tarifs nettement inférieurs à la convention (14 dollars de l’heure contre 28 dollars).

 

Cet accord est le signe que le capitalisme industriel Américain n’est plus en mesure d’assurer la protection sociale de ses salariés, ce sur quoi reposait en partie le consensus social depuis les années 1930. Pour conforter ses profits, il doit absolument réduire le prix de la force de travail et amener les syndicats à un rôle de contrôle social accru. Une question peut en cacher une autre, ainsi dans le contexte des USA où la protection sociale est largement le fait d’accord d’entreprises, les questions d’une sécurité sociale et d’un système de retraite universel reviennent au-devant de la scène, et tout particulièrement dans la campagne présidentielle. Mais financer un tel système demande de prélever sur la richesse produite les moyens nécessaires, ce qui signifie s’attaquer même partiellement à sa répartition. Englués dans une collaboration de classe qui diminue leur capacité d’action, les syndicats semblent peu en mesure d’influencer sur ces choix.

 

Recommander cet article à un ami

Haut de Page

 http://www.sitecommunistes.org