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UKRAINE,
quel avenir ?
Les élections législatives en Ukraine se sont
déroulées la semaine dernière et les résultats définitifs sont maintenant
connus.
Le « Parti des
Régions » du premier Ministre arrive en tête avec 34% des voix (la
participation qui est supérieure à 60% peut être considérée comme
importante). On trouve ensuite le « Bloc Ioulia Timochenko »
animé par ce que les médias dénomment l’égérie de la révolution orange. Le
parti du Président de la République arrive seulement en troisième position
avec 14% des voix, il est
suivi par le Parti Communiste d’Ukraine avec 5,5%. Un quatrième
parti : le bloc Litvin (centriste) obtient 4%. Le Parti Socialiste qui
comptait des députés dans l’ancien Parlement est éliminé faute de ne pas
avoir dépassé la barre des 3%.
Les premiers enseignements de
cette élection montrent que le bras de fer entre le Président de la
République et le premier Ministre a tourné à l’avantage de ce dernier.
Rappelons que ces élections anticipées ont été le résultat d’un conflit
profond entre les deux protagonistes, en particulier sur le terrain des
relations avec le puissant voisin russe, mais surtout celui du pouvoir
effectif entre clans rivaux dans le dépeçage de la propriété sociale issue
de l’ancienne Union Soviétique.
Le bloc « Ioulia
Timochenko » allié et rivale du Président de la République a surfé sur
le mécontentement populaire pour rallier une partie importante de la
population contre les spéculateurs en tout genre. Dans le même temps, ce
bloc s’est ouvertement prononcé pour l’adhésion à la communauté européenne
et à l’OTAN.
Le Parti Communiste d’Ukraine
progresse légèrement et renforce ses positions en particulier dans les
grandes régions industrielles. Présent dans le précédent gouvernement, il
pousse à une alliance à trois : Parti des Régions, Bloc Litvin et
Parti Communiste.
L’avenir immédiat est assez
incertain, les deux alliances possibles étant au coude à coude.
Au-delà de cette incertitude,
il faut mesurer les grands enjeux. L’Ukraine qui est située au centre de
l’Europe et près de la Russie est un pays riche et industriel possédant une
main-d’œuvre qualifiée. Le capitalisme y trouve déjà matière à profits. La
bataille fait rage pour s’emparer des consortiums industriels et
agro-alimentaires ukrainiens. Les USA, l’Europe et la Russie convoitent ces
richesses, comme elles entendent s’assurer du contrôle de cet espace
stratégique. La question de l’adhésion à l’OTAN (rejeté par la majorité de
la population) devient donc une pierre angulaire de la concurrence
est-ouest. Dans le même temps, le mécontentement populaire face à la
destruction des acquis sociaux du socialisme pose des problèmes de
représentation politique.
La crise ukrainienne est donc loin d’être terminée et peut
représenter en Europe un point de cristallisation des affrontements entre
puissances impérialistes.
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