Software: Microsoft Office

 

 

 

 

 

Retour ACCUEIL

 

 

09-11-2005

A propos d’un livre :

DEMAIN LE CHANGEMENT…

 

 

 

C’est le titre du livre de J. Ch. LE DUIGOU secrétaire de la CGT.  Ecrit par un responsable national de la CGT à quelques mois d’un congrès, cela ne peut que nous interroger, d’autant que le titre est séduisant, mais on s’interroge lorsque l’on prend connaissance du sous-titre   « Manifeste pour un nouveau syndicalisme » et qu’à la lecture, on constate que l’auteur récuse le syndicalisme de classe. Ce n’est pas la première fois que cela se produit, nous y reviendrons. Mais ce qui est grave pour l’avenir, c’est de vouloir transformer la CGT.

En France, la pluralité syndicale existe de par son histoire. Celle-ci est homogène pour quatre organisations syndicales qui se positionnent comme des organisations réformistes ou catégorielles. La CGT est la seule à avoir inscrit son histoire dans le syndicalisme de lutte de classe. Nous avons besoin de ce syndicalisme, pour porter nos revendications et aider au développement des luttes pour les faire aboutir.

Gérer et négocier dans un cadre défini par le capital, nous conduit systématiquement à des reculs qui en appellent d’autres. Voyez ce qui nous est arrivés en 2003 sur les retraites. Pour ce type de négociations, nous avons déjà quatre organisations, inutile d’en attirer une cinquième. C’est le vœux du capital, d’intégrer les organisations syndicales à sa gestion, comme il l’a fait avec les partis politiques.

L’actualité sociale a de quoi nous laisser perplexe. En effet, d’un côté nous subissons une agression sociale sans précédant, orchestrée par le gouvernement sur ordre du Medef et de l’autre côté, une attitude réellement combative de la part des salariés avec leur syndicat d’entreprise. Le 4 octobre, après le 10 mars, en sont une vibrante démonstration. Pourtant, alors que les acteurs eux-mêmes considéraient ce 4 octobre, comme le premier pas dans un processus d’action, pour à terme, enrayer le déclin social, faire prendre en compte nos revendications, les faire aboutir, avec en premier lieu la question des salaires qui est La revendication de tous et donc en capacité de fédérer ce rapport de force, c’est le calme plat.

Les centrales syndicales se rencontrant mi-octobre, ont décidé d’attendre une hypothétique rencontre avec le Premier ministre en ce mois de novembre, avant  d’examiner les suites à donner au 4 octobre. Quelle contrepartie attendent-il de ce gouvernement ?

Quelque chose ne colle pas. Prétendre que le mouvement syndical avec ses 10% d’adhérents n’est pas au mieux pour promouvoir de grandes actions n’est pas la réalité. Sauf erreur, cette situation ne date pas d’hier. Mis à part des périodes historiques comme, 1936 ou 1968, le taux de syndiqués est sensiblement le même et pourtant, des acquis et pas des moindres ont été obtenus par la lutte.

Si nous ne nous étions pas arrêtés au milieu du gué en 1995 et plus récemment en 2003 pour les retraites, nous n’aurions certainement pas subi un tel recul.

 

Alors, que se passe-t-il ?

 

Le syndicat de classe en France a toujours avancé pour la satisfaction des besoins exprimés par les salariés. C’est une réalité qui permettait de voir les différences entre les organisations syndicales. Jamais une action n’a été conditionnée à l’attitude des autres organisations. Chacune prenait les décisions qui lui apparaissaient comme les plus pertinentes. Ce qui a toujours été pertinent dans le domaine social, c’est l’action. La CGT était toujours à l’initiative des luttes et bien souvent servait de locomotive au mouvement social.

Aujourd’hui les choses ont changé. C’est grave pour le monde du travail et les futures générations. Que va-t-on leur laisser de ce que nous ont laissé nos aînés ?

En fait, c’est la CGT qui est en train de changer. Le goût amer que nous a laissé le conflit de la SNCM en est une illustration. Demain la privatisation d’EDF, de la Poste, des Autoroutes ou de la SNCF se passera de la même façon ?  On peut le craindre.

La CGT tient congrès en avril 2006. La question posée est : quelle sera son orientation ? Que deviendra le syndicalisme de classe, déjà bien écorné depuis quelques congrès ?

Les débats préparatoires et y compris les textes annoncés pour janvier, montrent que l’orientation de classe pourrait être bouleversée pour permettre à la CGT de devenir une organisation syndicale comme les autres. Donc réformiste !

Nous ne pouvons accepter cela pour l’organisation syndicale qu’est la CGT.

Depuis 1995, des « syndicalistes modernes » nous assènent leur vérité, « le syndicalisme de classe est dépassé » Il faut un syndicalisme réaliste, rassemblé, négociateur qui n’hésite pas à signer un texte, même si celui-ci ne convient pas à tous nos objectifs. A cette époque déjà, quatre dirigeants de la CGT  écrivaient un livre intitulé « Faut-il réinventer le syndicalisme ? ». En janvier 2005, c’est Bernard Thibault qui produit un livre intitulé « Ma voix ouvrière ». En septembre 2005, c’est au tour de Jean Christophe Le Duigou qui poursuit le même but, avec son livre « Demain le changement » ou « Manifeste pour un nouveau syndicalisme ». Là, ce n’est plus du domaine de la question mais d’une affirmation. Tout cela à moins de cinq mois d’un congrès confédéral.

Cela a au moins le mérite de la clarté à défaut d’honnêteté. Aujourd’hui, chacun utilise son titre syndical dans les interviews ou en écrivant un livre ; hier les militants qui le faisaient étaient voués à la vindicte. C’était déjà le même combat, réformisme ou lutte de classe ? Par contre, aujourd’hui chacun y va de « sa vérité » sans jamais entamer le débat dans l’organisation. Ils sont pourtant élus par elle et ont des comptes à rendre.

Nous citons ces trois livres, car en fait ils sont un prolongement. On lance une idée, on ébauche ce qui pourrait être une réponse, puis on transforme cela en orientation. Le tout sous couvert de « Démocratie sociale ».

L’abandon du syndicalisme de classe ne peut réjouir que le Medef, surtout pas les salariés. Il est vrai que devenir un syndicat comme les autres, est nécessaire pour être adhérent, voir dirigeant de la CES. Là encore, pour faire quoi ? Aider à la construction de cette Europe rejetée par une majorité de français le 29 mai 2005 ?

Nous Communistes, nous faisons le choix de lutter contre le capitalisme et toutes ses conséquences. Le peuple a besoin pour mener son combat anticapitaliste d’un parti révolutionnaire et d’un syndicalisme révolutionnaire, non d’un syndicalisme de co-gestion comme partout en Europe.

Nous reviendrons plus longuement sur ce dernier ouvrage, car le vocabulaire utilisé n’est pas gratuit et le contenu politique est clair. Dans quelques jours, nous publierons un nouvel article sur son contenu.

 

Recommander cet article à un(e) ami(e)

 

 Haut de Page

 

http://www.sitecommunistes.org