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10-01-2009
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Recherche : la stratégie du capital |
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La
recherche scientifique et la mise en œuvre de ses découvertes dans la
production et les relations sociales représentent des éléments
incontournables dans le développement des forces productives et des rapports
sociaux de production. Tout au long de son histoire, le capitalisme a cherché
à capter les découvertes scientifiques pour les utiliser à son profit. C’est
vrai dans la production de marchandises nouvelles, dans les modes de
production eux-mêmes, mais aussi dans les outils de la domination sociale
comme dans ceux des armements qui confèrent aux Etats les moyens de la
puissance militaire. Il est clair, que la recherche scientifique constitue
pour les Etats les plus riches et pour les grandes sociétés capitaliste un
enjeu énorme dans la concurrence féroce qu’ils se livrent pour l’accès aux
ressources naturelles, leur contrôle, leur exploitation mais aussi dans la
domination économique, culturelle et militaire leur permettant d’asseoir leur
hégémonie. Tout au long de l’histoire, sous des formes diverses, les forces
sociales dominantes ont cherché à contrôler et utiliser les résultats de la
recherche, stimulant parfois par des programmes et des institutions spécifiques
de nouvelles voies de recherche. Il n’est donc pas étonnant, que dans une situation où le
capitalisme fait face à une crise sans précédent de suraccumulation, celui-ci
ne cherche pas à optimiser, de son point de vue, les capacités de la
recherche scientifique. S’agissant d’une activité largement financée par l’Etat,
la recherche scientifique et ses institutions se voient appliquer les mêmes
politiques que celles qui gouvernent les réformes des institutions publiques.
Ces politiques touchent les financements, l’organisation des services, l’évaluation
et les statuts des personnels. Dans le domaine des financements, le pouvoir a
mis en place un système de contrats par objectifs (Agence Nationale de la
Recherche) dont l’obtention est sous le contrôle direct du Ministère de la
recherche et qui oblige les équipes de recherche à se plier aux orientations
définies par le pouvoir et le capital. Il a doublé ce système par une évaluation
de projets et d’objectifs particulièrement opaque qui donne en réalité tout
pouvoir à l’Etat de définir ce qui est ou non dans la ligne du moment. Les équipes
de recherche sont donc particulièrement vulnérables et leur marge de manœuvre
et d’initiative s’est réduite comme une peau de chagrin. Soulignons que les
contrats Européens qui doublent et accompagnent cette politique amplifient
encore la dépendance vis-à-vis des choix du capital. De fait, la notion même
d’équipe s’éclipse derrière des structures plus étendues assurant la
maintenance des outils de recherche qui échappent de plus en plus aux
scientifiques, l’équipe est donc une structure de nature transitoire en lien
avec un objectif. Elle doit en permanence justifier son existence par
rapport au contrat dont elle ne maîtrise en rien les orientations. Dans ces conditions, il n’est
pas difficile de comprendre que pour une telle politique, il faut des
personnels vulnérables liés eux aussi par un contrat dont la durée est limitée
dans le temps, c’est-à-dire des précaires payés de manière inégalitaire pour
accroître la concurrence et empêcher toute action collective susceptible de
contester les choix mis en œuvre. C’est le sens de la
volonté du pouvoir d’en finir avec le statut de titulaire qui autorise une
certaine autonomie des personnels vis-à-vis de l’Etat et celle d’une rémunération
différenciée selon l’adéquation aux exigences des programmes (le salaire au mérite). Ainsi, une profonde réorganisation du système de
recherche se met en place. Malgré les arguments des directions et des membres
du Gouvernement, ces mesures n’ont rien à voir avec une amélioration du
service public de recherche mais tout à voir avec sa mise sous contrôle
complet de l’Etat au service des intérêts capitalistes. Combattre cette
politique, dans ses conséquences concrètes pour les personnels, doit prendre
en compte l’enjeu de classe que représente la recherche scientifique.
http://www.sitecommunistes.org
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