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10-03-2006

COUPS DE POIGNARD

 

Dans notre brochure « Communistes qui sommes-nous, que voulons-nous » éditée en 2000, nous écrivions :

« La libre circulation des hommes, à l’intérieur de la Communauté Européenne élargie, donne au patronat toute latitude pour organiser un déplacement des travailleurs sans précédent, pour les mettre en concurrence les eux avec les autres et peser encore plus fortement sur leurs salaires et leurs conditions de travail. Toutes les catégories sont concernées …. En adoptant les textes qui autorisent cela le gouvernement de la gauche plurielle a pris la même position que le patronat ».

 

Ce que nous écrivions en 2000 est aujourd’hui une réalité. L’adhésion, en 2004 à l’Europe, de dix nouveaux pays permet ce « libre déplacement » des salariés poussés à quitter leurs pays par le chômage et les bas salaires.

Inquiets des réactions que cette mise en concurrence des salariés européens pouvait créer, décision a été prise que chaque pays déciderait à quel moment cette ouverture se ferait. Dans certains pays (Angleterre, Suède, Irlande) cette ouverture est engagée dès maintenant (remarquons que deux d’entre eux sont dirigés par des sociaux-démocrates).

 

Les patrons n’attendent pas

Quelques faits ont récemment été portés à la connaissance du public, en particulier à la suite des actions menées par les syndicats CGT sur les lieux de travail, avec les travailleurs étrangers, pour la défense de leurs droits et de leurs salaires.

Rappelons : les Chantiers de l’Atlantique (2 fois), la centrale EDF de Porcheville, une municipalité, un sous-traitant de France Télécom. Il ne s’agit que des faits connus mais combien ne le sont pas alors que cette main-d’œuvre est surexploitée par un patronat dont le seul objectif est le profit.

 

Un coup de poignard

Les confédérations syndicales ont été invitées par le gouvernement à donner leurs avis sur cette question en vue d’une décision qui doit être prise le 13 mars.

La CGT, la CFDT, FO se sont déclarées pour. Leurs représentants expliquent :

« Il faut arrêter les mesures transitoires et ouvrir complètement le marché du travail. Il ne peut y avoir de citoyens et de salariés de première et de seconde zone » C. Juquel - CGT

« On ne peut pas considérer que l’ouverture de l’Europe, c’était pour la libre circulation des capitaux, des entreprises et pas pour les travailleurs ». M. Crignard CFDT.

Tous deux estiment que la France doit donner des signes moins protectionnistes. En clair, vive l’écrasement des salaires pour tous.

Inutile d’ajouter que la Confédération Européenne des Syndicats (CES) est pour ainsi que le patronat. Devant cette belle unanimité, le gouvernement se donne le beau rôle de la défense des salariés et de l’intérêt national. Il n’ouvrirait le marché du travail que par secteurs, par métiers et attendrait 2009 pour l’ouverture totale.

 

Question : Est-ce le rôle des confédérations syndicales de rendre plus facile l’exploitation des salariés de toute nationalité ? »

« Est-ce leur rôle de rendre plus difficile la lutte dans les entreprises, les chantiers, les bureaux ? »

Poser la question c’est y répondre.

 

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