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10-10-2005

Tous derrière le capitalisme !

 

 

Le 23 septembre dernier D. de Villepin donnait une interview au journal « Les Echos ».

 

Ce n’était ni l’homme du Conseil de Sécurité à l’ONU, ni le 1er Ministre des conférences de presse mensuelle. C’était le gérant du capitalisme « Français et étranger implanté en France » qui s’adressait à ses mandants pour expliquer de quelle manière et par quels moyens il allait mettre en œuvre sa politique pour leurs permettrent de réaliser le maximum de profit.

 

Lire sa prose est du plus grand intérêt pour mieux connaître ses objectifs et les combattre.

 

La 1ère chose qui frappe à la lecture du texte c’est l’absence de certains mots : profits capitalistes, augmentations des salaires, pensions, prestations sociales.

 

D’entrée de jeu, il déclare : « En Europe et dans le Monde, il y a aujourd’hui une forte compétition fiscale. » Partant de ce constat, il annonce une nouvelle série de mesures pour alléger les impôts sur les entreprises. Taxe professionnelle limitée à 3,5 % de la valeur ajoutée, plafonnement pour les plus riches de l’ensemble des impôts (directs, locaux, ISF) à 60 % du revenu fiscal.

 

Pour inciter les entreprises à la recherche, il leur accorde 10 milliards d’€ d’argent public, ( les marins de la SNCM apprécieront !) étant, bien entendu, que si celles-ci débouchent sur des résultats, les profits seront « privés » !

 

Il ne l’a pas annoncé, mais le budget de la Sécurité Sociale pour 2006 prévoit un autre cadeau. Ce ne seront pas les patrons responsables d’avoir exposé leurs salariés à l’amiante qui vont payer, mais la Sécurité Sociale, à hauteur d’1 milliards d’€, pendant que les assurés sont culpabilisés et sommés de prendre en charge le déficit ! Quant à l’ISF (impôt de solidarité sur la fortune), terme impropre, il s’agit plutôt de l’impôt sur l’exploitation du travail salarié ! Le 1er  Ministre déclare sans rire : « L’ISF contribue à la solidarité, le modifier ne fait pas partie de mes priorités ».

 

Belle déclaration aussitôt contredite : « chacun sait que cet impôt peut produire des effets négatifs sur la croissance et l’emploi. Dans toute la mesure du possible, il faut les corriger. »

 

La messe  est dite, si le terme ISF demeure, ce ne sera plus qu’une coquille vide. Oui, avec D. de Villepin et tous ceux, de droite et de gauche qui l’ont précédé, la France est une terre d’accueil pour le capital. Et pour qu’il soit bien compris, il enfonce le clou. «  Le gouvernement fera tout pour faciliter  l’implantation et le développement dans de bonnes conditions des investissements étrangers dans notre pays » ; Les Hewlett Packard et tous les autres ont de beaux jours devant eux.

 

Cela dit, comment peuvent-ils faire pour que ça se passe bien ? Pour que le profit fleurisse encore plus. Et bien ! La grande idée du fondé de pouvoir du capitalisme, c’est le patriotisme économique. De quoi s’agit-il ? En clair, tous derrière son entreprise, « on voit trop souvent en France une opposition stérile entre les entrepreneurs et les salariés. Mais ce sont les mêmes intérêts. Créons la volonté de gagner ensemble. »

 

Quelle idée originale, nouvelle, moderne ! C’est presque mot pour mot, la reprise d’une idée du 19ème siècle, l’association capital-travail, reprise depuis par tout ce que notre pays a pu compter de plus réactionnaire comme régime, y compris sous Pétain avec « La Charte ».

 

C’est tenter de faire oublier que tous les acquits obtenus par les salariés l’ont été après des luttes opiniâtres et lorsque le rapport des forces établi obligeait patronat et gouvernement à céder sur les revendications, (1936, Libération, 1968).

 

Il en sera de même demain, il n’y a rien à attendre des exploiteurs. Mme Parisot ne vient elle pas de déclarer, avec un cynisme parfait : « Les entreprises n’ont pas les moyens financiers, on ne donne pas ce que l’on n’a pas. »

 

Après une telle déclaration, force est de constater le mutisme de la « gôche »et de l’extrême ( ?) gauche ! Mais à bien regarder, ce n’est pas vraiment une surprise dans la mesure où ils acceptent tous le principe de l’économie de marché, c'est-à-dire le capitalisme, à force de le dépasser pour certain, ils ne savent plus de quel côté de la route ils sont !

 

Ils sont donc d’accord sur le fond avec D. deVillepin et les propositions qu’ils font dans l’opposition ne change rien à la situation actuelle en cas d’alternance. D’autant qu’on les a vus à l’œuvre entre 1997 et 2002. Quant aux syndicats, n’est-il pas possible de s’interroger sur leur volonté réelle de voir satisfaite les revendications les plus pressantes des salariés ? 

 

Ainsi la question essentielle, qui est au cœur des préoccupations des travailleurs, les salaires et leur augmentation, les moyens de les satisfaire se trouve rarement au centre de leurs discours. Ne sont-ils pas plus préoccupé de négocier plutôt qu’appeler à lutter pour favoriser le rapport de force ?

 

Dans ces conditions, D. de Villepin peut tranquillement avancer ses solutions. Sur le fond en dehors de plusieurs milliers de salariés qui luttent pieds à pieds contre les liquidations du capitalisme, restent-ils des organisations syndicales et politiques pour porter la contradiction ?

 

D. de Villepin enfonce le clou, pour lui deux directions sont à encourager, sur lesquelles il veut agir, avec comme objectif, lier toujours plus le salarié à l’entreprise, en lui mettant une carotte-vichy devant le nez et visant à lui interdire de revendiquer des hausses de salaire. Répondant à une question sur l’actionnariat salarié, il indique : « Par ailleurs les salariés doivent devenir propriétaires de leurs entreprises : nous avons encouragé la distribution gratuite d’actions aux salariés… »

 

Les actionnaires salariés de France Télécom, de compagnie aérienne privatisée et liquidée, d’Hewlett-Packard et d’autres apprécieront le sérieux des propos sur les « propriétaires ».

 

La 2ème direction c’est le développement de la participation aux bénéfices. Là encore l’idée est la même, ne revendiquez pas, ne demandez rien, surtout pas des augmentations de salaires, travaillez, travaillez, peut être que vous aurez une participation aux bénéfices ?

 

D. de Villepin, tente de tirer les leçons des échecs de la droite  lorsqu’elle veut passer en force. Pour parvenir à l’objectif qu’il s’assigne : mettre le capitalisme « français et étranger » installé en France  en mesure  de gagner sur ces rivaux en leur accordant avantages sociaux et fiscaux, en écrasant au maximum les salaires, il vaut mieux parler « d’équilibre et de mouvement » que de rupture. Cependant le résultat est le même, c’est ce qu’ont compris les salariés du public et du privé, ils ont agi massivement par la grève et la manifestation le 4 octobre.

 

Cette journée revendicative doit être un début et non une fin, pour mettre tous les plans du gouvernement et du MEDEF en échec, pour que les revendications exprimées ce jour-là aboutissent, il faudra que l’action se développe encore et encore, qu’elle se renforce. C’est d’ailleurs la seule chose qu’ils craignent, l’action résolue dirigée contre leur politique au service du capital.   Allons-y !

 

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