11-01-2005
LEUR “EUROPE
SOCIALE”
C’est ça ?
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Les partisans du
OUI ou du NON à la constitution européenne lui trouvent les uns et les autres
des points positifs dans la création de ce qu’ils appellent « l’Europe
sociale ». Les plus audacieux d’entre eux demandent même un peu plus de
« social » pour rendre cette Europe vraiment présentable. Ils oublient ou
font semblant d’oublier un élément d’importance : quelles sont les
forces économiques qui dominent aujourd’hui en Europe ? La réponse est simple :
ce sont les forces du capital qui organisent l’Europe à leur profit dans le
cadre de la concurrence que se livre le capitalisme mondial dans la conquête
des marchés. L’Europe pourrait-elle être sociale dans de telles
conditions ? La preuve par l’expérience
en est donnée depuis 1957 date du traité fondateur de cette Europe. Aucune
avancée n’est à mettre à son crédit. Si avancée sociale il y a eu dans
certains pays c’est la lutte des salariés qui l’a imposée. Citons en France
par exemple les troisième, quatrième et cinquième semaine de
congés payés. Pendant que les
partisans du OUI ou du NON s’agitent en criant « Europe sociale »,
la commission de Bruxelles travaille et met en forme les orientations
définies par les traités en vue de leur application. Deux bombes pour écraser les
salaires et les acquis sociaux. *La première
est la directive dite des « services dans le marché intérieur ».
De quoi s’agit-il ? Il s’agit d’aligner la circulation des services (au sens
large du terme) sur la libre circulation des marchandises. Les travailleurs
suédois du bâtiment viennent d’en faire l’amère expérience en novembre 2004.
Ainsi des Lettons, embauchés en Lettonie avec un contrat de travail de leur
pays, avec le salaire de leur pays, dans les conditions du droit au travail
Letton, sont envoyés travailler sur un chantier en Suède à Vaxholm (banlieue
de Stokholm). Leur salaire : 1533 euros mensuels. Les salaires suédois
dans la même corporation et à qualification égale : 2680 euros
mensuels ! Devant cette situation, le syndicat local suédois engage
l’action et dresse des piquets devant le chantier, paralysant celui-ci. Le
gouvernement social – démocrate envoie sa police pour assurer la
« liberté du travail » et le profit du patronat dont le porte
parole déclare : « dans les années à venir, nous aurons besoin
d’importer de la main d’œuvre étrangère pour faire face à nos besoins ». Merci l’Europe
peut dire le patronat européen. L’arrivée en France de main d’œuvre
sous payée, pèserait lourdement sur l’ensemble des salaires puisque dans un
même service public ou privé, une même usine pourraient être présents
des travailleurs de diverses nationalités plus mal payés les uns que les
autres. *La deuxième
bombe est prête à exploser avec la directive sur le temps de travail.
Elle doit permettre à un patron de proposer à un salarié de porter sa semaine
de travail à 65h. (oui 65h. ce n’est pas une erreur de frappe). Naturellement
avec l’accord du salarié qui aura le choix : signer ou partir. L’Angleterre de
Tony BLAIR, toujours en avance, a adopté depuis longtemps cette disposition
qui doit être étendue à toute l’Europe après un vote du parlement
européen. Le commissaire
européen chargé de cette question, le Tchèque SPILDA a déclaré à ce
propos : « le modèle social est en lui-même un élément essentiel de
la compétitivité et doit être considéré non comme un musée mais comme quelque
chose de vivant adapté aux besoins du futur». Avec « COMMUNISTES » dites NON à l’Europe du capital.
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