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11-12-2005

Revenons sur la grève SNCF

 

 

La SNCF, comme l’ensemble des grandes entreprises publiques de service public, est confrontée aux conséquences des politiques néolibérales nationales et européennes qui n’envisagent l’avenir qu’à travers la casse des monopoles des services publics ….

D’une logique de service public on passe à une logique commerciale guidée par la recherche de la rentabilité financière la plus rapide possible quel qu’en soit le prix pour les usagers et les salariés. On passe donc du service rendu au produit vendu. Ces évolutions sont imprimées par des réorganisations (comptabilité analytique, pilotage et gestion par activité …) pour mieux isoler les coûts réels de chacune des prestations avant de se séparer des moins rentables au sens capitaliste du terme. Nous l’avons vu cet été avec le projet de suppression des trains Corail et nous le constatons douloureusement avec la réorganisation du fret SNCF qui a, pour l’heure, l’ambition de répondre aux intérêts des grands groupes privés au détriment de la réponse de transport du plus grand nombre.

 

La réorganisation interne de la SNCF en branches (mise en place sans consultation des élus du personnel) et en activités autonomes, indépendantes, voire concurrentes entre elles pour faire du business, comme le claironne le numéro 2 de la SNCF, participe, sous couvert de se préparer à la concurrence, d’une gestion de plus en plus libérale et de moins en moins de service public

 

La question de la privatisation rampante de la SNCF nous a été contestée ; mais à qui fera-t-on croire que, dans un univers ultra-libéral où les privatisations se succèdent à marche forcée, où la libéralisation du secteur ferroviaire s’accélère, où après la filialisation et la privatisation de services et d’activités du groupe SNCF, la SNCF, elle-même, serait miraculeusement épargnée ?  Le président de la SNCF ne répète-t-il pas, à qui veut l’entendre, que la filialisation du fret SNCF n’est plus un sujet tabou ? ….

 

C’est sur ces questions que les cheminots, avec la CGT et d’autres syndicats, ont agi le 22 novembre dernier et d’autant plus que, depuis un an, nous portions les mêmes revendications et exigences dans diverses mobilisations. Non seulement nous n’avons pas été entendus, mais la direction de la SNCF a décidé d’accélérer les réorganisations contestées par le personnel. Sans la grève du 22 novembre 2005, nous n’aurions pas obtenu les réponses que nous avons aux revendications et les engagements écrits du gouvernement sur l’avenir de la SNCF comme entreprise publique, pas plus que le maintien des lignes existantes. Les usagers et leurs associations, à qui nous nous sommes adressés avant et après le conflit, ont globalement compris les raisons de notre mouvement. Confrontés quotidiennement aux dysfonctionnements du service public SNCF, liés à l’insuffisance de moyens, ils ont compris que les 850 emplois arrachés, destinés à l’accueil des voyageurs en gare, à la vente des billets, à la maintenance des voies, aux emplois de conducteurs de trains vont participer à l’amélioration de la qualité de service ….

 

A l’aune de ces éléments, des engagements écrits du Ministre des Transports au nom du gouvernement, des déclarations publiques du Président de la République sur la non-privatisation de la SNCF et au vu des résultats des négociations du 22 novembre, nous considérons que la stratégie syndicale de la CGT et des autres organisations syndicales ayant participé à ce conflit a été la bonne.

 

Pour la première fois dans l’histoire de la SNCF, des fédérations syndicales (CFDT, CFIC) ont pris ouvertement position contre la grève et joué les télégraphistes de la direction et du gouvernement. On est passé d’un syndicalisme d’accompagnement à un type de syndicalisme qui se positionne sur le même terrain que le patronat. Le secrétaire général de la CFDT, aimablement invité et bien traité par les médias, n’a pas manqué une occasion pour insulter les grévistes et taper sur la CGT.

Mais comment, me direz-vous, s’attendre à d’autres comportements de la part d’organisations syndicales qui n’ont pas hésité à trahir les salariés en plein conflit sur les retraites, puis lors de l’assurance maladie, les chômeurs avec la réforme des ASSEDIC, les intermittents du spectacle …. Aujourd’hui, c’est le tour des cheminots ! Les services publics, leurs usagers et leurs agents méritent mieux ! ….

 

Face au dépeçage des services publics, des biens de la Nation, auquel nous assistons, il nous faut être beaucoup plus combatif et à l’initiative pour travailler à la coordination des rassemblements encore plus large, des mobilisations sociales et citoyennes aptes à s’opposer efficacement à ces politiques de casse et imposer d’autres choix. L’ampleur qu’a connue la journée de lutte du 4 octobre dernier impose rapidement d’autres actions que les salariés attendent. Il en va de la responsabilité et de la crédibilité du syndicalisme.

 

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