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12-02-2007

LA CAMPAGNE

serait-elle lancée…

 

 

C’est pour le moins ce que voulait nous faire croire TF1, le lundi 5 février 2007. L’annonce se voulait aguichante,  rendez vous compte, un panel de 100 français sélectionnés et représentatifs de la société française.

 

Des sélectionnés, qui poseraient leurs questions en direct, sans aucune préparation préalable, de façon spontanée. Le candidat, comme les téléspectateurs découvrirait une émission inédite.

 

Pour la présenter, un journaliste connu dont le rôle, comme il le précisait lui-même, consisterait uniquement à canaliser le débat.

 

Seulement, l’émission à peine commencée, la vérité s’imposait. En premier lieu, le journaliste que nous appellerons PPDA pour simplifier les choses, nous annonçait avoir rencontré les sélectionnés le matin pour avoir une idée des questions et ainsi mieux diriger le débat.

 

Il est clair que ce PPDA maîtrisait bien les questions, puisqu’il passait la parole aux intervenants en les appelant par leur prénom et en précisant le thème qu’ils allaient aborder.

 

Après une première série de questions, Sarkozy montrait son véritable visage, ce qui devait faire plaisir à Madame Parisot du Medef. Beaucoup de chose pourraient aller mieux, si chacun acceptait de faire un effort. En clair, vous êtes responsables de vos difficultés et ce malgré les efforts consentis par le gouvernement.

 

A cette femme, qui annonce percevoir 790 euros de pension de retraite après 30 ans d’activité. Le candidat répond que le minimum vieillesse est à 650 euros et qu’ils sont 3 millions dans ce cas. Vous n’êtes donc pas seule et vous êtes au-dessus du minimum.

 

Par contre, il a une proposition. « je suis prêt à examiner la situation, mais cela coûte cher. Au nom de l’équité, je propose de dégager des fonds en supprimant les régimes spéciaux ».

 

Réponse à une autre question sur le chômage. « Je propose de revenir sur les 35 heures, que cela soit un minimum d’accord, mais pourquoi interdire de faire plus ? Celui qui veut travailler plus pour gagner plus doit pouvoir le faire, c’est une question de liberté et je suis pour la liberté ».

 

Interpellé sur l’augmentation des prix du carburant et la lenteur de la baisse de ceux-ci, Sarkozy était plutôt gêné, mais heureusement PPA demandait une autre question. Beaucoup de gens voulaient parler, ne fallait-il pas en faire passer le maximum ?

 

Beaucoup trop cher l’hôpital public, près de 50 % du budget santé. Alors il faut fermer des hôpitaux.

 

Une femme intervient sur le pouvoir d’achat des pensions qui baisse inexorablement depuis des années. C’est vrai reconnaît-il, c’est à cause de la CSG et la CRDS, là encore c’est une question de coût. Les préretraites coûtent 5 milliards, la RTT 17 milliards… Il faut revoir tout cela dans le sens de l’équité…

 

A une question relative au logement et à la situation des SDF pour qui des appartements pourraient être réquisitionnés.  La réponse est claire, presque un cri, « je suis contre toute réquisition, vous accepteriez vous que le patrimoine que vous avez constitué toute votre vie durant et que vous destinez à vos enfants le soit ? ». Non, dit-il, il y a autre chose à faire. 75 % des Anglais sont propriétaires, en France à peine 50 %. L’état ne peut pas, mais vous, si. Empruntez, ayez confiance en l’avenir…

 

Pour les autres questions, concernant l’homosexualité, la politique de la famille, le racisme etc… Les réponses vont dans le même sens.

 

PPDA a servi de joker plusieurs fois au candidat. C’est ça la  conception d’un débat non préparé à l’avance ? En sera-t-il de même pour ceux qui vont suivre ?

 

Encore un mot. A une réponse sur l’ouverture des magasins le dimanche. « Je suis pour la liberté, pas de cadre rigide, pourquoi interdire de travailler à ceux qui le veulent ?, pourquoi priver les familles qui le souhaitent de faire leurs courses ensemble le dimanche ?

 

Après avoir confessé un salaire de 11000 euros mensuels pour un ministre de l’intérieur qui le mérite bien, un logement de fonction et les prêts à taux zéro pour les élus, limité à une fois avec un maximum de 150000 euros (sans parler d’autres « avantages »), il est revenu sur le SMIC pour répondre, enfin sur cette question :  « l’augmentation du SMIC c’est non, le salaire oui, car celui-ci récompense un travail et que le travail c’est l’intelligence de la main ».

 

Sarkozy a confirmé les axes de sa politique entièrement au service du capital, ce qui n’est pas une surprise.

 

Il a déclaré au passage : « voter Le Pen c’est voter pour la désespérance ». Enfin une juste parole ! Seulement Sarkozy et Le Pen sont deux représentants du capitalisme, ce qui est vrai pour l’un l’est donc aussi pour l’autre. Cela au moins, c’est vrai et clair.

 

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