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12-04-2006
LE
REVE DE MADAME PARISOT
Si elle parle
toujours avec une petite voix douce, sa fermeté pour défendre le capitalisme ne
se dément pas un instant. Ainsi, interrogée sur la hausse des salaires en
regard des profits, Mme Parisot répond « le porte-monnaie est vide » et
quand T. Breton, ministre des finances et de l’économie, fait semblant de s’inquiéter
de l’OPA de Mittal sur Arcelor, elle le renvoie
dans son coin en déclarant « cela regarde les actionnaires ».
Le 4 avril, nouvelle et grande journée d’action contre la
précarité, elle déclare « en six mois, deux crises majeures auxquelles
notre pays est confronté, crise des banlieues, crise du CPE.
Il faut se rendre compte que ceci met en danger l’économie du pays ». Et
elle ajoute « Il faut sortir au plus vite de cette crise ». Elle
est entendue sur ce point puisque le 5 les rencontres commencent avec les
organisations syndicales.
Pour peser toujours plus sur le salaire (direct et
indirect), le patronat a besoin de chômage, de précarité, de flexibilité, de
liquider le code du travail et le peu de garanties qu’il reste aux salariés.
Ce que craint par-dessus tout Mme Parisot, c’est qu’on
remette en cause ses objectifs, en particulier le consensus qui se dessine
entre patronat, gouvernement, partis politiques, syndicats pour rechercher
ensemble des solutions au problème du chômage, en adaptant la société à la
mondialisation du capital. Adaptation qui ne peut que conduire à de nouveaux
reculs sociaux puisque personne ne veut s’attaquer au sacro-saint profit
capitaliste.
Contrairement aux affirmations de Mme Parisot, ce ne sont
pas les actions contre le CPE qui mettent en cause l’économie. Pendant ce
mouvement, les licenciements continuent. 415 dans les filiales chimie de Total, 153 chez Yves Saint Laurent Beauté, 323 plus 101 CDD non renouvelables chez Altis (Corbeil Essonne)
etc … sans parler des 8
à 9.000 emplois perdus dans le textile en 2005, suite aux délocalisations, des
2.000 envisagés dans
les caisses d'épargne, d’une partie des 9.000 prévus suite à la fusion Alcatel-Lucens, etc, etc …
Mme Parisot dit encore : « Il importe de réduire
les risques contentieux. Réfléchissons aux motifs de rupture, à
la période d’essai et plus généralement à la séparabilité de l’entreprise et de
l’employé ». Comme ces choses sont joliment dites. Jeter les
salariés en étant sûr de ne rien payer. Un rêve à réaliser au plus vite !
Elle se réjouit « La France rentre enfin dans le débat
de la flexibilité. Le MEDEF
est prêt à engager, avec les syndicats, des discussions et des négociations
sur toutes les flexibilités et toutes les précarités » On s’en
doutait !
Doutes entièrement confirmés par les déclarations des uns
et des autres. Ainsi, dans sa conférence de presse du 6 avril, Villepin se
prononçait pour la « sécurisation des parcours professionnels ». En écho,
le syndicaliste F. Chéréque parle, dans « Le Monde », de « sécurisation
des parcours professionnels … pour les salariés dans un marché du travail plus
souple ».
La CGT axe son prochain congrès (fin avril) autour de
l’idée de « sécurité sociale professionnelle … pour prendre en compte
les conséquences de la mondialisation ».
Même remarque à propos des partis « de gauche ».
Les modalités du CPE ne sont qu’un recueil de recettes pour
alléger encore plus les « charges » des entreprises tout en leur
permettant de développer encore plus la précarité.
Nous venons de le voir, la lutte a contraint patronat et
gouvernement au recul. Mais attention, pour qu’ils ne puissent pas reprendre la
main, l’action doit encore grandir, gagner en force et en détermination.
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