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12-09-2006

RENTREE SCOLAIRE

 

 

 La politique scolaire représente un enjeu politique essentiel. Non seulement parce que 12 millions d’élèves sont concernés, sans compter les parents et les personnels de l’Education Nationale, mais surtout parce que l’école est le lieu où se forment les salariés de demain. C’est le premier poste budgétaire de l’Etat. Pour une économie capitaliste mondialisée, les forces dominantes la modèlent en assurant à leurs enfants et en premier lieu ceux de la bourgeoisie une éducation qui leur permette d’assurer la prééminence de cette classe. Pour les autres, c’est le minimum nécessaire pour assurer le fonctionnement de l’économie et la réalisation des profits, sans oublier la marginalisation des couches les plus pauvres.

 

A juste titre, les parents savent que l’avenir de leurs enfants dépend beaucoup des moyens d’acquérir une bonne formation, un diplôme, une qualification. Cela représente à leurs yeux  une arme contre la précarité et un moyen de se défendre contre la rapacité patronale.  Tout en appliquant leur politique, les forces politiques doivent aussi en tenir compte. A gauche comme à droite, face à l’angoisse des parents, les politiciens ne sont pas avares de promesses.

 

Mais quelle est la réalité ? Depuis 2003, il y a eu plus de 26000 emplois d’enseignants supprimés, des milliers d’emplois de surveillants supprimés, il y a le passage des personnels techniques dans la fonction publique territoriale, il y a le blocage des salaires des personnels de l’éducation nationale, il y a la loi sur les finances publiques qui permet aux établissements une autonomie telle que bientôt, ils pourront décider des niveaux d’emploi et de qualification des enseignants. Pourquoi pas d’ailleurs choisir leurs enseignants comme le suggèrent certains hommes politiques.

 

Tout cela va dans le sens d’une ségrégation accrue entre les riches et les pauvres. La réalité est donc bien sombre. Sur le terrain, tout cela se traduit par moins d’encadrement des élèves, moins d’options possibles.

 

Les zones les plus touchées sont celles peuplées d’ouvriers, d’employés, de chômeurs, de pauvres. C’est l’enseignement au rabais, ce qui explique aussi le succès de l’enseignement privé et le boom des cours particuliers. Pour masquer cette politique de classe, les discours ne manquent pas, ils tendent à montrer que la responsabilité de l’échec des enfants repose sur la famille, sur le fait que les enfants ne veulent pas travailler. On voit donc les collèges dit « d’ambition et réussite » servir de paravent à la liquidation des zones d’éducation prioritaires, qui sont abandonnées à la seule bonne volonté des enseignants de bien faire leur métier. On peut ainsi montrer l’immigré qui a réussi et fustiger la masse des autres.

 

Il y a moins d’enseignants, mais Sarkozy et  Ségolène Royal ont trouvé la solution : ils devraient travailler plus et les emplois supprimés devraient être remplacés par des retraités bénévoles ou par des emplois à statut précaire. Quant à la carte scolaire, c’est un corset encore trop rigide pour les enfants de riches. Ségolène Royal et Sarkozy proposent donc de la liquider. Ainsi la culture de la compétition individuelle (évidemment inégale) devient le guide de l’école.

 

Cette politique rencontre des résistances, comme en témoigne l’appel à la grève des syndicats de l’éducation nationale et d’associations de parents pour le 28 septembre. « Communistes » soutient ces luttes. Pourquoi cette politique et au profit de qui ? Comment rassembler pour que la lutte soit efficace ? Peut-on dépasser le débat piégé « gauche/droite » dont tout montre qu’il est orchestré pour préparer de nouveaux reculs sociaux ? Nous en reparlerons.

 

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