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13-02-2006

DU CNE… AU CPE…

 

 

Le code du travail, les conventions collectives et les statuts, sont autant de privilèges qui deviennent insupportables au Medef  et que du CNPF de 1970  à Villepin aujourd’hui, les politiques de droite comme de gauche préparent sa disparition.

 

A écouter nos ténors de l'Assemblée nationale ou du Sénat, la flexibilité serait synonyme de modernité et l’égalité des chances passerait par le licenciement.

Ces pauvres employeurs étaient dans l’obligation de trouver un motif pour licencier un salarié. Aujourd’hui, grâce au CNE devenu CPE en quelques semaines, plus besoin de motif pour licencier. Reste maintenant à élargir ce principe à l’ensemble des travailleurs pour, nous dit-on, embaucher et donc résorber le chômage.

Comme le faisait récemment remarquer un avocat « On en revient, d’une certaine manière, au code Napoléon, instituant le contrat de louage des services qui prévoyait qu’en cas de contestation entre maître et domestique, c’était le maître qui avait le dernier mot ».

Deux siècles de gommés au nom de la modernité !

Début 1970, la droite donne une base légale à l’intérim et au contrat à durée déterminée, afin de donner plus de flexibilité et ainsi lutter contre le chômage de masse naissant.

A partir de 1981, la gauche passe à une nouvelle étape en rétablissant le temps partiel annualisé et le travail intermittent après avoir introduit dans le code du travail la notion de « travail à temps choisi ».

D’abord, on nous affirme que la scolarité est toujours obligatoire jusqu’à seize ans, ensuite on crée la possibilité de mettre en pré apprentissage un jeune dès la quinzième année et aujourd’hui on termine par la légalisation du travail de nuit à partir de quatorze ans.

Ou bien encore, ces jeunes diplômés obligés de passer par un stage pour tenter de trouver un emploi. C’est scandaleux, pourtant cela risque d’être l’égalisé par une loi prévoyant pour salaire le tiers du SMIC après une période probatoire de trois mois sans rémunération.

Toujours la même logique, donner aux entreprises une main d’œuvre bon marché, sans limitation de durée et surtout sans aucun recours possible.

La modernité, c’est cela les dérogations au principe général. Comme il semble bien que cette modernité conduise aussi à limiter l’action avant qu’une loi scélérate ne soit votée, pour ensuite appeler à l’action avec le mot d’ordre « d’abrogation de cette loi ». A moins que cela ne soit un message pour les élections de 2007 ?

Toujours est il que cela ne tourne pas rond. De multiples luttes existent à travers le pays, toutes les catégories de salariés y participent et pourtant une certaine fébrilité existe dans les centrales syndicales. Toutes les centrales, pas uniquement celles qui nous ont donné l’habitude de signer des accords de régression sociale.

La CGT, elle, considère que le nombre de syndiqués en France est insuffisant pour créer les conditions d’un vaste rassemblement. De qui se moque t-on ? Depuis la dernière réunification de la CGT en 1936, le nombre de syndiqués n’a cessé de diminuer. La seule chose qui ait augmenté, c’est le nombre de syndicats. A cette époque, il en existait deux, la CGT et la CFTC. Aujourd’hui, cinq confédérations reconnues et pas loin d’une dizaine qui aspirent à l’être.

 Pourtant, des grandes actions ont été menées avec succès, comme aujourd’hui dans les entreprises avec très peu de syndiqués et pourtant de fortes mobilisations et n’en déplaise à nos détracteurs, des succès obtenus.

Cela donne comme le sentiment désagréable que les centrales syndicales renoncent, que le capital a définitivement gagné, que seules les négociations « offertes » par le Medef peuvent être discutées et surtout que ces reculs sont de la responsabilité des salariés qui ne se mobilisent pas, parce que non adhérents.

 

Soyons sérieux. Les mêmes qui prétendent cela, changent de discours lorsqu’il est question d’une action au Luxembourg ou à Bruxelles. Pourquoi ?

Serait-il plus facile de lutter contre l’UNICE à Bruxelles que contre le MEDEF à Paris?

Madame PARISOT poursuit au Medef la politique du baron SEILLIERE, qui lui, est devenu le président de l’UNICE.

 

Il est temps que chacune et chacun réfléchissent à l’avenir et décident de se faire entendre à l’occasion de chaque mobilisation que se soit dans l’entreprise, au niveau local, régional ou national.

 

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