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13-05-2006

 

PEUGEOT ET LE MASSACRE

DE L’EMPLOI

 

 

Peugeot vient d’annoncer la fermeture de l’usine Ryton à Coventry (Angleterre). 2.300 salariés sont licenciés sans autre forme de procès. Comme Renault, il y a dix ans à Vilvorde (Belgique).

Un expert de la Cardiff Business School (Ecole des affaires de Cardiff) justifie froidement cette fermeture : « Ryton était l’usine de trop dans un contexte de compétition intense », tandis que M Folz, PDG de Peugeot lui répond « si la fermeture de site se posait, ce ne sont pas les usines d’Europe de l’Est qui seraient fermées ». Normal du point de vue du capital : bas salaires, absence de protection sociale, investissements minimum sont la meilleure garantie de profits maximums.

 

Ajoutons à cela l’opinion du responsable syndical TGWU de Ryton : « la faiblesse de la législation sociale britannique permet le sacrifice des travailleurs sur l’autel de la flexibilité ». Appréciation exacte et il ajoute : « Jamais Peugeot n’aurait traité des ouvriers français de cette manière ». Cher camarade syndicaliste, permets nous d’ajouter que la protection sociale française est encore supérieure à ce qui existe en Angleterre mais que des fermetures d’entreprises ont également lieu en France. Seule la lutte protège. Trois citations pour terminer sur ce point :

*Le ministre  de l’industrie de T. Blair se déclare « déçu » et rappelle que 20,8 millions d’euros ont été versés à Peugeot pour moderniser le site.

*Le Maire de Coventry (conservateur) espère : « Un adoucissement du plan, retarder la fermeture pour laisser au personnel le temps de se retourner ». Le brave homme !

*Quant au directeur des affaires internationales de la Chambre du Commerce, il déclare : « Les ouvriers de Ryton sont semi-qualifiés. Il faut les recycler, mais les nouveaux jobs sont moins bien rémunérés ».

Les ouvriers iront donc grossir la masse des travailleurs pauvres, mais ce n’est pas grave puisqu’ils seront recyclés … comme les vieux emballages plastiques.

 

La France n’est pas épargnée. Peugeot, comme Renault, s’ils ne ferment pas de sites, pour le moment, écrasent les prix payés aux fournisseurs et sous-traitants qui entraînent licenciements et délocalisations, avec les mêmes solutions proposées aux salariés. T. Breton déclare qu’il faut se préparer à changer de 10 à 15 fois de métier dans sa vie professionnelle. Il va même jusqu’à citer son exemple. C’est vrai que de passer de PDG de France Télécom au ministère des finances ne demande pas une importante formation : c’est toujours être au service du capital (très grassement payé!). Par contre le silence de la C.E.S. (Confédération Européenne des Syndicats) est plus surprenant. Cette confédération qui regroupe l’ensemble des syndicats européens ne devrait-elle pas être à l’origine -avec les syndicats nationaux- de la riposte contre ces délocalisations ? A quoi sert une organisation syndicale européenne, voire mondiale, si ce n’est pour défendre les solidarités, organiser les luttes nécessaires pour combattre le capital ? C’est loin d’être le cas avec la CES qui refuse d’agir pour un nivellement par le haut des salaires et acquis sociaux européens, qui avait participé à la rédaction de la Constitution Européenne et qui avait appelé à voter Oui au référendum, qui considère que les délocalisations sont une bonne chose pour l’Europe, qui agit comme le 26e commissaire européen chargé de maintenir les salariés dans le cadre de l’exploitation capitaliste, en y apportant une caution sociale, en justifiant les mesures prises pour assurer toujours plus de profits et mettre à mal les acquis sociaux.

Le secrétaire de la CES est un Anglais, J. Monks. S’exprimant devant le congrès de la CGT, il n’a pas eu un mot pour condamner la fermeture de l’usine de Ryton, pas un mot pour inviter à la lutte.

Pour garder son emploi, il ne faut surtout pas compter sur ce genre de syndicalisme.

 

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