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14-06-2008

 

Main basse sur le livret A

 

 

 

     L a loi dite de « modernisation économique » discutée au Parlement va donner satisfaction aux banques en leur ouvrant le droit de distribuer le livret A. Bruxelles qui a beaucoup poussé pour que le gouvernement cède aux banques applaudit. Cette ouverture doit intervenir au 1er octobre prochain.

 

La Caisse d’Epargne va devenir une banque comme une autre.

Le réseau des Caisses d’Epargne avait jusqu’à présent des missions d’intérêt général bien précises. Il participait à la mise en œuvre de principes de solidarité et de lutte contre l’exclusion, à la protection de l’épargne populaire, à la collecte de fonds destinés au logement social, au développement économique local, à la lutte contre l’exclusion bancaire grâce aux fonds collectés sur le livret A.

Autant de missions qui disparaissent dans la nouvelle loi. Les dirigeants de la Caisse, tout acquis à la gestion capitaliste exigent que l’Etat ne soit plus présent au Conseil de surveillance.

 

Et pour augmenter les profits qu’ils réalisent, ils annoncent 4000 suppressions d’emplois.

Ils gèrent comme ils l’ont fait avec leur filiale Natixis. Destinée à l’immobilier, elle s’est lancée dans la spéculation et a perdu 500 millions de dollars dans la crise américaine, somme renflouée par les fonds des épargnants de la Caisse.

 

Avec là aussi la solution habituelle pour retrouver les profits : réduire les coûts de 10% en supprimant au total 1600 emplois. Les dirigeants spéculent, les salariés trinquent.

 

Un nouveau pactole pour les banques.

Les banques considèrent le livret A comme un produit d’appel qui va leur donner la possibilité de conquérir une nouvelle clientèle. La bataille est déjà commencée pour attirer ce qu’elles appellent les « gros livrets », ceux qui sont supérieurs à 2500 €, qui représentent 61% des sommes déposées. Pour ce faire des sommes considérables vont être dépensées, gaspillées.

 

Mais un plus grand nombre de clients n’est pas le seul intérêt pour les banques. La collecte sur le livret A ne sera pas faite gratuitement. Elles vont toucher 0,6% des sommes collectées, soit 1à 2 milliards par an qui vont rentrer dans leurs caisses.

 

Dans le même temps, elles se serviront de l’argent collecté pour spéculer avant d’en reverser seulement 70% à la Caisse des Dépôts chargée de collecter les sommes provenant du livret A.

 

Un mauvais coup contre le logement social.

Loyers et achats de logements ont flambé ces dernières années, les logements sociaux sont insuffisants pour répondre à la demande. De plus en plus de travailleurs dit pauvres ne peuvent accéder à ce droit de l’homme élémentaire qu’est le droit au logement. Ce n’est pas la décision démagogique de Sarkozy sur le droit au logement opposable qui fera sortir de terre les logements nécessaires et accessibles aux familles modestes. 1,3 million de personnes dont 374.000 en Ile de France ont déposé des demandes de logements HLM. Ce n’est pas en détruisant les moyens de la collecte des fonds nécessaire à leur construction que la situation va s’améliorer.

 

C’est ce que disent les élus locaux, les associations ou encore un ancien PDG du Crédit Lyonnais qui connaît de l’intérieur les pratiques bancaires. Il déclarait dans un entretien récent : « dans quelques années, les banques demanderont d’octroyer directement des prêts au logement social  en supprimant la centralisation aux fonds d’épargne. On changerait d’univers ».

    

Exact, les banques ne sont pas là pour faire du social mais du profit par tous les moyens. Le pouvoir vient de leur en donner un supplémentaire.           

 

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