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14-12-2005

LE MONDE DE LA PENSEE UNIQUE

 

 

Le journal « Le Monde » aime -en toute modestie- se présenter comme un journal de référence. De référence à quoi ? Aux idées de progrès, de progrès social en particulier, de la recherche des responsabilités dans la situation faite aux femmes et aux hommes en France et dans le monde ? Certainement pas. C’est le journal de la pensée unique, défenseur du capital et de son système.

 

Ainsi, il a donné, sous la signature de deux de ses journalistes, son opinion sur les « violences urbaines » comme il appelle la révolte sociale qui a secoué un certain nombre de villes en octobre-novembre dernier.

 

Le premier article daté du 29 novembre, est signé Jean-Marie Colombani Comme beaucoup d’autres, il semble découvrir que le chômage est une cause de ces « violences » dans les « quartiers » et plus encore dans les « villes de banlieue ».

 

Mais d’où vient ce chômage ? J.M.C. ne le dit pas. Est-ce une cause naturelle comme la chute des feuilles en automne? Ou bien est-ce la responsabilité du capitalisme qui, dans sa recherche du profit maximum, organise, depuis plus de 30 ans, de manière systématique, la désindustrialisation de régions entières et du pays, délocalisant vers les pays où la main d’œuvre est le moins cher possible ?

 

Poser ainsi la question, c’est en même temps y répondre, indiquer les responsables, les gouvernements qui ont soutenu cette casse industrielle (souvenons-nous de « l’Etat ne peut pas tout » de Jospin, repris aujourd’hui pour la droite).

 

L’école, le logement, le respect de l’autre contribuent à la cohésion de la société. Mais en premier c’est le travail qui assure cette cohésion. En le cassant, le capital la détruit, divise les victimes de sa politique, les dresse les unes contre les autres afin de mieux les exploiter, d’empêcher leur union pour le mettre en échec.

 

Naturellement, J.M.C. n’a pas vu cette réalité qui pourtant saute aux yeux.

Ce qui lui permet de terminer son article sans rien proposer sinon de « rouvrir le chemin d’une promesse républicaine » qui n’engage à rien.

 

Dans un autre article, un certain T. de Montbrial a découvert qui sont les responsables de l’inquiétude de la société. Ce sont les « technologies de l’information »  D’où sa proposition de s’adapter aux « nouvelles réalités planétaires ». D’après lui, il faut casser les acquis des luttes, liquider tout ce qui reste des services publics d’Etat, diminuer encore plus les impôts et règlements qui gênent la vie de l’entreprise. Il cite en exemple les USA et les pays d’Asie.

 

Du point de vue des capitalistes, il a raison. Vive les pays des travailleurs sans droit, sauf celui de se faire exploiter par le capital. D’après lui, pour combattre le chômage il faut s’aligner sur le plus bas, descendre encore pour être « compétitifs » ; il faut, en un mot, exploiter un nombre de travailleurs de plus en plus pauvres aux côtés d’une masse de chômeurs. Monsieur de Montbrial détourne, lui aussi, les responsabilités du capital sur les technologies de l’information qui, en elles mêmes, ne sont ni bonnes ni mauvaises.

 

Avec des journalistes pareils, le capitalisme joue gagnant à tous les coups.

 

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