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Russie : la
répression
contre les militants
syndicaux
En Russie, la crise a pris des dimensions
telles, que le pouvoir politique (Medvedev et Poutine) est tiraillé
par des tensions fortes. L’État de type corporatiste, développant un
capitalisme prédateur issu de la désagrégation de l’URSS, avait réussi dans
la dernière période à acheter une paix sociale relative grâce à l’injection
de pouvoir d’achat sur la base des revenus des matières premières et en
particulier du gaz et du pétrole.
Aujourd’hui, l’effondrement
des cours, la faiblesse d’un système bancaire purement spéculatif, le
vieillissement des infrastructures, la crise démographique pèsent
lourdement sur une économie rongée par la corruption. La chute constante de
la valeur du rouble témoigne de cette situation. Dans un pays où plus de
70% des produits de bases, alimentaires et manufacturés, sont importés, la
chute du rouble renchérit considérablement le coût de la vie. Les plus
pauvres peinent à se nourrir, les licenciements se multiplient
et de nombreuses entreprises ne payent plus leurs salariés.
Dans ces conditions, le
mécontentement grandi. Des manifestations se déroulent dans de nombreuses
villes de Russie, le plus souvent à l’initiative du Parti Communiste.
Certaines sont réprimées violemment. Le mouvement syndical, très largement
au service du pouvoir, ne peut plus rester hors de la contestation au
risque d’être discrédité. Dans le même temps, des syndicats plus combatifs
voient le jour ce qui inquiète évidemment le pouvoir. Leurs militants
subissent une véritable politique de terreur physique. Ainsi récemment, et
ce n’est pas un cas isolé, le responsable du syndicat de « Général
Motor » dans la région de Léningrad : Evgueni Ivanov a été
sauvagement agressé par des nervis sans que la police pourtant informée des
menaces n’ait levé le petit doigt.
Correspondant
particulier
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