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15-09-2008
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Que
mijote donc le ministre Darcos ? Rien de bon pour l’école ni pour les
enfants qui la fréquentent. Il y a notamment les treize mille postes qui
doivent être supprimés durant cette année scolaire. Le ministre va désormais
s’attaquer également au premier degré, alors que, l’an passé, il avait
réservé ses coups au second. Les conséquences sont faciles à prévoir : — des effectifs pléthoriques, de moins bonnes conditions de travail
pour les élèves comme pour les enseignants ; — comme, à l’école primaire, on récupère tous
les enseignants ayant un rôle un peu différent, le travail en équipe va
approcher du degré zéro, chacun
sera isolé avec sa classe ; — dans le second degré, le recours croissant
aux vacataires, aux heures supplémentaires et l’utilisation d’enseignants
pour des matières qui ne sont pas les leurs. Nul doute que tout va aller de mieux en mieux
! Pour brouiller les pistes, Darcos se sert de
l’échec scolaire. L’école de Jules Ferry est une école de la bourgeoisie
destinée à donner aux enfants du peuple uniquement le minimum pour que
l’économie fonctionne et que les capitalistes fassent du profit, tout en les
intégrant idéologiquement à la société. Ainsi faite elle ne peut donc pas
permettre la promotion de tous et l’échec scolaire y est inéluctable,
d’autant plus dans sa version actuelle, dégradée, cassée, à l’image les
syndicats qui négocient en ce moment avec Darcos ses décrets d’application.
On nous parle «urbi et orbi»
du service minimum, qui, certes, est destiné à de tous les services publics
de ce pays. Tous les dispositifs que Darcos a décidés sur
le thème de plus de temps de travail pour les «élèves en difficulté»
aggraveront la situation. Il compte sur la fausse naïveté de ceux qui,
faisant fi de dizaines d’années de recherche pédagogique, expliquent que nous
n’avons qu’à essayer... Il donne consigne à ses valets de l’administration,
notamment dans le premier degré, d’utiliser la coercition, de répéter
inlassablement aux enseignants ce qu’ils sont obligés de faire, introduisant
peu à peu une conception de la fonction publique digne de celle de Vichy.
C’est d’autant plus facile que même des gens « de gauche » jouent la même partition : « Etant fonctionnaires, nous devons
appliquer les programmes, appliquer les dispositifs, etc... et peut-être
virer des élèves, aussi? » Pour la masse des enseignants qui regimbent,
on va utiliser une autre forme de répression : l’atteinte au droit de grève.
Une loi a été votée en août et porte atteinte à l’efficacité de la grève.
Mais l’essentiel n’est pas là : il porte sur les conditions du préavis.
Désormais, aucun syndicat ne pourra déposer de préavis de grève avant qu’une
négociation ait eu lieu et ait échoué... Cette disposition n’est pas
nouvelle. Elle est déjà appliquée pour les salariés des transports publics. Il faut mesurer quel retour en arrière
constitue une telle mesure. Les atteintes au droit de grève
ne sont pas nouvelles, le Capital n’a jamais accepté ce droit, et
l’introduction du préavis, sa première limitation historique, en est une
preuve. Et pourquoi ne pas rendre la grève illégale, comme avant 1864 ? Mrs Sarkozy, Darcos et consort faites
attention, il y a loin, très loin de la coupe aux lèvres ! Nous savons
que Darcos et les siens ne veulent pas s’arrêter en si bon chemin. Ils
veulent en finir avec l’école maternelle. Il s’agit de faire des économies, de récupérer des
enseignants pour l’école élémentaire et de permettre la création de jardins
d’enfant payants : le profit doit être partout. Notre école maternelle a le
malheur d’être seule dans l’Union européenne. Comme la tendance à uniformiser par le bas ne s’est pas
démentie ces dernières années, bien au contraire, chacun sait maintenant ce
qui l’attend. La première cible de Darcos ce sont les
classes des tout petits, les «deux ans». Avec un mépris vulgaire, il s’est
étonné au Sénat que l’on utilise des gens formés à bac plus cinq pour
«changer les couches des petits». Cela démontre d’abord son ignorance crasse,
puisque l’on sait que les enfants de deux ans n’entrent à l’école que s’ils
sont propres. Mais la plaisanterie grasse sert surtout à masquer l’utilité
réelle de telles classes, principalement sur l’éveil au langage. Et, le
ministre l’ignore-t-il, toutes les statistiques montrent que, dans les ZEP (puisque c’est là
essentiellement, avec les zones rurales, que sont implantées ces classes),
les enfants qui ont commencé l’école à deux ans sont bien plus réussissants
que ceux qui ont débuté un an plus tard. Enfin, Darcos a promis une loi pour la mise
en place rapide des EPEP. Ces Etablissements Publics d’Enseignement Primaire
sont déjà expérimentés depuis deux ans. Il s’agit de regrouper plusieurs
écoles dans un Etablissement Public. Le Conseil d’administration serait
composé pour moitié de représentants des élus locaux (municipaux et peut-être
aussi départementaux et régionaux), et pour moitié de représentants des enseignants
et des parents. Un directeur serait nommé par le conseil : contrairement au
directeur d’école, il serait un supérieur hiérarchique. Un établissement
autonome avec son propre budget !!! On sait ce que cela donne dans les
collèges et lycées : les représentants des personnels sont appelés eux-mêmes
à participer aux choix, à décider qui l’on sacrifiera de Pierre ou de Paul,
quelle matière pâtira. Dans l’EPEP, le conseil d’administration décidera dans
quelle école on fermera un poste. Aujourd’hui, les enseignants du premier degré
ont une certaine liberté car leur supérieur hiérarchique n’est pas dans
l’école. Ils ont l’opportunité de se battre et d’imposer à l’administration
l’ouverture de postes. Il en sera tout autrement si, entre les écoles et l’inspecteur,
un conseil d’administration se glisse, prenant en compte les seuls intérêts
du gouvernement, du capital et même ceux de certains élus locaux dont le seul
but est de conserver leur poste !!! Voilà une photographie de ce qui attend les
salariés de l’école et surtout les enfants qu’ils accueillent si les
enseignants, les parents et tous les travailleurs se laissent faire. Le
pouvoir veut frapper et plus fort et plus vite dans tous les domaines.
L’unique moyen de le mettre en échec, c’et l’action, l’action unie de tous
ceux qui veulent que ça change. Difficile ? Certes mais il n’y a pas
d’autre solution. Suite à la parution de cet article un camarade
psychologue nous écrit : « Le problème est
surtout le suivant : supprimer deux heures de cours, c’est supprimer
autant de temps pour assurer le développement de la personnalité (je ne me
contente pas de la transmission des connaissances qui est décisive mais non
suffisante). Le développement de la personnalité ne peut se faire que sur la
base de la transmission de connaissances mais il faut aussi en tant
qu’éducateur mettre en relation ces connaissances acquises avec la
personnalité, ce qui n’est pas une mince affaire »
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