16-01-2007
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RECHERCHE : Mise en concurrence au service de la
mondialisation capitaliste |
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La
recherche est toujours à la une de l’actualité et de nombreux articles de
presse y sont consacrés. Le nouveau programme cadre européen de recherche et développement
(7e PCRD) fourni souvent un prétexte à cette littérature
foisonnante. Le 7e PCRD devait consacrer les engagements des Etats
au sommet de Lisbonne de consacrer 3% du PIB européen à la recherche. Cet engagement est hors
de portée. Au mieux ce ratio atteindra 2,6% si tous les Etats respectent
leurs engagements, ce qui est loin d’être acquis. L’effort essentiel, 95% est
fourni par les différents pays et le PCRD représente 5% du total. C’est
évidemment une valeur faible. Cependant elle joue un rôle d’orientation
important puisque les institutions nationales de recherche calquent leurs
programmes sur ceux du PCRD. L’accès au guichet PCRD ouvre donc la voie à
d’autres financements. L’ « European
Research Council » (institution mise en place par la Commission
européenne pour réguler la recherche) insiste d’ailleurs lourdement pour
qu’il en soit ainsi. De même elle préconise une spécialisation des recherches
dans les différents territoires (régions ou groupe de régions) sur la base de
la mise en concurrence des équipes de recherche. Pourquoi ces
orientations et l’accélération des processus qui les mettent en
œuvre ? Il s’agit de fournir aux
multinationales basées en Europe les bases scientifiques et techniques leur
permettant de se positionner dans le processus de mondialisation et de gagner
de nouveaux marchés. Pour cela, il faut du capital (beaucoup) mais pas
seulement, il faut aussi pouvoir réaliser des profits sur la base d’avancées
technologiques et de ce point de vue la concurrence est rude. Le contrôle du
développement scientifique, son orientation, les dominations culturelles,
militaires qu’il implique sont des enjeux majeurs pour les multinationales et
les Etats impérialistes. Dans ces conditions, il faut un financement public
majeur accompagné d’une privatisation totale ou partielle des résultats. La
mise en concurrence des chercheurs et des laboratoires, leur mise à
disposition dans des structures de droit privé comme les pôles de
compétitivité permettent en partie de répondre à ces exigences. Mais du point
de vue du capital et ce point de vue est dominant, il faut aller plus loin.
S’il a besoin du financement public, il ne peut accepter que les chercheurs
soient relativement indépendants et que cette indépendance soit garantie par
un statut. Il leur faut pour la mise en concurrence briser le cadre
statutaire, d’où les attaques incessantes contre les personnels de la
recherche, contre le carcan du statut etc…,
d’où les mesures prises par les gouvernements successifs pour diriger
l’évaluation de la recherche par des comités d’experts entièrement contrôlés
par l’Etat et les entreprises capitalistes. Dans le même temps, les
multinationales les plus importantes délocalisent une partie de leur
recherche vers les pays émergeants à forte capacité de marché pour assurer
leur domination technologique. La recherche publique, dans ces formes actuelles,
comme les services publics sont donc des obstacles à la stratégie du capital.
Leur destruction est à l’ordre du jour. Rien ne l’arrêtera que la force d’un
puissant mouvement populaire portant la mise en cause même du système
capitaliste.
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