Software: Microsoft Office

 

 

 

 

 

Retour ACCUEIL

 

 

16-02-2006

LOURDES MENACES SUR  RENAULT

 

 

Contrairement à ce que prétend le président de Renault, le groupe enregistre une année exceptionnelle en 2005.

Profit net : 3,453 milliards d’euros ; en progrès de 856 millions sur 2004.

Trésorerie disponible : 6,151 milliards d’euros. Endettement 2,252 milliards d’euros, ce qui constitue plutôt un avantage qu’une charge en raison des bas coûts des intérêts.

 

Première remarque : Dans la longue liste d’annonces faites par C. Ghosn, rien n’est prévu pour le personnel sous forme d’augmentation de salaire ou d’avantages sociaux.

 

Un plan tout entier tourné vers le profit.

En annonçant comme objectif une rentabilité de 6 % pour 2009 (ce n’est pas un point haut mais une étape à dépasser), on ferait passer les dividendes de 1,80 euro à 4,50 euros en 2009 (+ 250 %). Le seul souci de Ghosn est la satisfaction des actionnaires pour aujourd’hui et encore plus pour demain.

La bourse n’en doute pas puisque l’action Renault a augmenté de 0,9 % dès l’annonce du plan et 10% en trois séances.

 

Un plan qui va détruire de l’emploi, broyer les hommes

Il est bien évident qu’en annonçant vouloir produire 800.000 véhicules de plus en 3 ans, dont 250.000 en Europe, il était difficile de décider de fermer des sites. Pourtant Renault va continuer à détruire des emplois en France.

Avec la décision de réduire le coût des achats de 14 %, c’est une fois de plus le personnel des fournisseurs qui va trinquer.

Le journal « Les Echos », du10 février, rendant compte du plan Ghosn, annonçait déjà plusieurs centaines de suppressions d’emplois chez trois équipementiers de Picardie.

La diminution des coûts dans la logistique, la vente et les frais généraux entraîneront d’autres suppressions d’emplois, d’autres filialisations, avec perte d’avantages.

Ghosn veut « faire deux fois plus avec le même montant ». On voit ce que cela signifie pour l’emploi.

Les seules créations d’emplois annoncées concernent la Roumanie, la Corée ou le Brésil, tous pays à bas coûts de main d’œuvre.

A effectif constant dans le groupe, plus de véhicules signifie plus de productivité pour l’ensemble du personnel et en premier lieu pour les ouvriers qui verront encore leurs conditions de travail, déjà difficilement supportables, s’aggraver.

Le seul avenir que promet C. Ghosn au personnel, c’est « de la sueur, du sang et des larmes », avec la menace de fermeture de sites si leurs objectifs ne sont pas atteints. « Tout le monde dans l’entreprise sait que les échecs auront des conséquences…Si Sandouville ne marche pas, cela aura des conséquences sur le site qui ne tourne déjà qu’à 40% de ses capacités » a-t-il lancé pendant sa conférence de presse.

Il a aussi ses idées sur le rôle des syndicats. Dans « Le Figaro », il explique ce qu’il attend d’eux : « Lorsque les patrons font bien leur travail (sous entendu comme lui), les syndicats sont en responsabilité vis-à-vis des enjeux de l’entreprise ».

Rien d’original dans cette idée. C’est celle de l’alliance du capital et du travail chère à tous les serviteurs du capital, de Napoléon III à la Charte du travail de Pétain et plus près de nous de De Gaulle à Chirac.

 

Quelles réactions syndicales ?

Sans surprise. CFDT, FO, CFTC, CGC sont soulagées. Ils s’attendaient semble-t-il à pire. Rien de surprenant puisque, depuis des dizaines d’années, ils accompagnent les politiques des PDG successifs. Certains syndicalistes de la CFDT allant même jusqu’à justifier la fermeture de Billancourt et se réjouissant de la perte d’un « bastion de la CGT ».

Face à un bilan financier d’une telle richesse, il nous semble que les syndicats, tous les syndicats, auraient dû demander une augmentation des salaires et en cas de refus appeler le personnel à l’action pour l’obtenir.

Aucune ne l’a fait, pas même la CGT. Dans un tract, la CGT Renault donne sa vision du plan Ghosn et écrit : « Il n’est pas de nature à mobiliser le personnel … Ce plan ne répond pas à une perspective d’avenir ».

Mais le but de Ghosn n’est pas d’ouvrir une perspective pour le personnel. Son but, c’est le maximum de profits pour les actionnaires. C’est d’ailleurs proclamé haut et fort par le MEDEF, le gouvernement et par C. Ghosn lui-même « Le profit est le seul indicateur … » (Conférence de presse du 10-02-06).

 

Par contre, au regard du profit record, le mot augmentation des salaires ne figure pas dans le tract de la CGT, alors que dans le groupe nombreux sont les salaires de base au niveau du SMIG, sans parler des bas salaires pratiqués dans les filiales étrangères (Roumanie, Maroc, Slovénie, etc…).

Cette position de la CGT Renault a été durement sanctionnée par les salariés, tout au long de l’année 2005. Lors des élections professionnelles, elle perd entre 10 et 13 %, tous collèges confondus, avec un plus fort pourcentage dans le collège ouvrier.

 

Ni les campagnes menées contre le CGT, ni l’évolution des effectifs de Renault ne peuvent suffire à expliquer de telles pertes. C’est bien un problème d’orientation fondamentale qui interpelle la CGT Renault comme d'ailleurs l’ensemble de la Confédération à quelques semaines de son congrès.

Le document d’orientation, pour le 48ème congrès, propose « d’agir et de peser dans tous les centres de décisions politiques et économiques (point 1.97). Mais de quel poids pèse-t-on sans le soutien et le poids des salariés, voire en négociant derrière leur dos avec le patronat ? Quelles revendications peut-on obtenir en lui servant de caution ?

 

Toute l’expérience du mouvement syndical montre que c’est uniquement par l’action que les revendications sont satisfaites.

Cette expérience n’a rien perdu de son actualité. Il est plus que jamais nécessaire de la mettre en œuvre aujourd’hui. Ne perdons pas de temps.  

 

Recommander cet article à un(e) ami(e)

 

 Haut de Page

 

http://www.sitecommunistes.org