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18-01-2006

Emplois jeunes

Encore une « mesure choc »

 

 

La France compte plus de 3 millions de chômeurs, 10% de la population active.

23% des jeunes de 18 – 25 ans sont au chômage. Ils sont 40% chez les jeunes non diplômés.

En France, après la fin des études, il faut à un jeune, 8 à 11 ans pour décrocher un emploi stable (rapport de l’OCDE -Organisation de Coopération et de Développement Economique).

De Villepin annonce en grande pompe des mesures choc pour réduire le chômage de masse : un plan en 3 étapes.

La première cible : les jeunes de moins de 26 ans

*Après la 1ere étape de juillet 2005, le contrat nouvelle embauche (CNE) réservé aux entreprises de mois de 20 salariés, qui instaure une période d’essai de 2 ans pendant laquelle le patron peut licencier sans préavis et sans indemnité.

*2ème étape, janvier 2006 : Le contrat première embauche (CPE) étendu à toutes les entreprises. En clair :

-Flexibilité- précarité.  Pendant deux ans, le jeune salarié sera jetable du jour au lendemain sans préavis et sans que l’employeur ait à justifier sa décision. En cas de licenciement à partir de 4 mois de travail, le titulaire d’un CPE touchera pendant deux mois une allocation forfaitaire de 460 euros mensuels versée par l’Etat (c'est-à-dire à la charge des contribuables) et non par l’entreprise.

-Nouvelles exonérations de cotisations pour les entreprises. Les entreprises embauchant en CDI un de ces jeunes en CNE ou CPE recevront un nouveau cadeau de l’Etat de 250 euros par mois, à ajouter aux 22 milliards d’euros d’exonérations de cotisations allouées par le gouvernement aux entreprises.

Ils n’oublient pas les Seniors.

*Les entreprises qui licencient les travailleurs de 50 ans et plus ne paieront plus de pénalité. Ces pénalités rapportaient 280 millions d’Euros par an à l’UNEDIC.

*Le gouvernement va élargir la possibilité de cumul retraite –emploi y compris au-delà de 65 ans (la réforme des retraites votées en 2003 attaque fortement le taux de la retraite payée par les salariés eux-mêmes tout au long de leur vie et on fait travailler les retraités qui n’ont pas de quoi vivre).

Ni les chômeurs. Le texte qui vient d’être signé par le gouvernement, la CFDT, la CFTC, la CGC, réduit encore les indemnités des chômeurs  et renforce les sanctions contre les chômeurs de longue durée.

Et ce n’est pas fini.

*La 3ème étape du plan Villepin , c’est la déréglementation totale du marché du travail.

*Réforme globale du contrat de travail. Fin du CDI. Remplacé par un contrat unique d’une durée limitée, par exemple 5 ans pour une mission de travail (voir le rapport Pébereau dont nous avons parlé sur le site).

*Libérer totalement le droit des entreprises à licencier

*Parlant de la réforme du financement de la protection sociale,   Chirac a précisé, qu’elle se poursuivrait pour abaisser encore le coût du travail.

*Des allègements de cotisations sociales des entreprises sur les heures supplémentaires.

*Casser le code du travail. Une réforme globale du code du travail, jugé « trop rigide », sera présentée en Juin au Parlement.

Le plan Villepin  pour sauver l’emploi ? Mensonge.

Chaque mois, de restructurations en délocalisations, privatisations, réductions d’effectifs, des dizaines de milliers d’emplois sont supprimés (Automobile, textile, grandes surfaces, EDF, SNCF etc…). Le recul du chômage ne peut passer par le recul industriel de la France, par la vente du patrimoine national au capital privé. Le recul du chômage ne peut pas passer par la précarisation, la flexibilité, le recul des salaires, la casse de la Sécurité sociale, des retraites, le chômage ne peut pas reculer donnant des milliards de cadeaux au patronat.

Depuis près de 30 ans, de mesures en mesures dites en « faveur de l’emploi des jeunes », mesures précaires avec des salaires de misère, prises par les gouvernements successifs, le chômage, la précarité non seulement n’ont pas reculé mais ils n’ont fait que se développer. Rappelons en quelques-unes :

*1977- Raymond Barre : Pacte pour l’emploi des jeunes, exonération de cotisations des entreprises.

*1984- Laurent Fabius : création des TUC (Travaux d’utilité collective) dans les collectivités locales, les associations.

*1986- Jacques Chirac : exonérations de cotisations patronales de 25 à 100% en cas de formation en alternance.

*1989- Michel Rocard : mise en place des CES (contrats emplois solidarités) pour les 16- 25 ans.

*1992- Pierre Bérégovoy remplace les CES par les CEC (contrats emplois consolidés).

*1997- Lionel Jospin : création des emplois jeunes (durée maximum 5 ans)

*2003- J.Pierre Raffarin : crée les CAE (contrats d’accompagnement vers l’emploi) remplace les emplois jeunes.

A qui profite ce nouveau plan ? Devinez

Le MEDEF réuni en assemblée générale, approuve le gouvernement mais il en veut encore plus. La Présidente L. Parisot veut s’attaquer à la durée légale du travail et au SMIC. Invitée par « France-Inter »ce 18 janvier, elle a déclaré : » le rôle d’une entreprise est de faire de l’argent. Il faut plus de flexibilité et le gouvernement doit réduire encore plus les cotisations sociales des entreprises ».

 

Y-a-t-il moyen de faire autrement ? Peut-on développer l’emploi stable et payer des salaires décents qui permettent de vivre ? Oui sans aucun doute.

L’emploi et les salaires sont au cœur des problèmes de notre pays. En 25 ans, la part des salaires dans les richesses créées a été multipliée par quatre, celle des dividendes des actionnaires par vingt-cinq. L’année 2004 a connu des profits records : + 36,4%. En 2005, la Bourse a enregistré une hausse de 23,4%. Et comme l’argent va aux riches, les PDG ne sont pas en reste, avec des augmentations de 20 à 40%. Ceux  de l’OREAL, LMVH, Publicis, SODEXO, par exemple ont touché chacun plus de 3 millions d’euros pour l’année (chiffre officiel donc nettement minoré).

Mais ils en veulent toujours plus. Le nouveau plan Villepin est la poursuite de tout ce qui a été entrepris pour adapter la société française aux exigences du capital. Le Peuple paye, la jeunesse est sacrifiée.

On peut faire reculer le chômage, celui des jeunes. Pour créer des emplois il faut maintenir et développer la capacité industrielle, économique de la France, maintenir et développer la maîtrise de la nation sur les grands services publics.

C’est possible, mais pour cela il faut s’attaquer aux profits, à la politique du capital.

Comment ?

Par la lutte. Seule la lutte partout, des jeunes, de tous les salariés, des retraités, des chômeurs, de tous ceux qui paient les conséquences de cette politique, la lutte clairement anticapitaliste, pourra les faire reculer.

 

 

20-01-2006 : L’UNEF, la CGT jeunes… appellent à des journées d’action  du 30 janvier au 4 février contre le CPE.

La CGT, la FSU, FO annoncent leur soutien à cette action) COMMUNISTES appelle partout, les jeunes, les salariés, à se mobiliser pour développer l’action la plus ample, pour contraindre le gouvernement à retirer son projet.

 

 

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