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19-09-2006
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UNE SUITE
LOGIQUE |
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L’annonce faite par François Filon, justifiée par N. Sarkozy de « réformer »
les régimes spéciaux de retraites (en clair les liquider) n’est pas une
surprise mais une suite logique. 1993 :
Balladur s’attaque à la retraite du secteur privé. 1995 :
Juppé est battu dans sa tentative de remises en causes des régimes spéciaux. 2003 :
Avec la complicité de la CFDT Raffarin aligne la retraite des fonctionnaires
sur le secteur privé, au nom de la justice et de l’égalité entre salariés.
(Avec la complicité de la Cfdt) 2006 :
En lançant l’idée avant les élections et en faisant campagne sur cette
question, Sarkozy et le Medef veulent s’appuyer sur le vote des électeurs
pour en finir avec ces régimes. Au travers de ces attaques contre le système
de protection sociale et de retraites menées avec patience et persévérance
par le patronat c’est la question centrale de la contradiction en régime
capitaliste qui est posée : celle du paiement de la force de travail. Pour un
maximum de profit, le paiement de la force de travail doit être minimum.
Toute augmentation de salaire, toute cotisation sociale diminue d’autant le
profit réalisable, en particulier dans le cadre de la concurrence féroce que
se livrent les capitalistes dans le cadre de la mondialisation. Ne pas
partir de cette réalité, c’est ignorer volontairement ou non, l’ampleur de l’enjeu,
les forces à mettre en mouvement pour faire échec à ce nouveau mauvais coup.
D’autant que la machine idéologique du Medef, celle de l’appareil d’Etat est
en route pour le justifier. La cour des
comptes (présidée par P.Seguin) vient de publier un rapport qui prévoit la
faillite du système de retraite par répartition pour 2020. D’après elle, il
est urgent de s’attaquer aux régimes spéciaux et dans le même temps à l’ensemble
du système de retraites. Le conseil d’orientation des retraites (COR) qui
regroupe pouvoir public, patronat, syndicats et experts travaille dans la
plus grande discrétion sur le même sujet. C’est lui qui avait mis en place
les grandes lignes de « la réforme » Raffarin de 2003. De quoi être
inquiet. En mettant en
avant les privilégiés que seraient les bénéficiaires des régimes spéciaux,
presse, hommes politiques, voire certains syndicalistes divisent les salariés
pour mieux faire passer le mauvais coup au nom de la justice sociale et des
sacrifices partagés par tous. Les victimes
sont toujours les mêmes, qu’ils soient salariés, retraités, chômeurs, mais
surtout pas le patronat. Pas seulement
les PDG qui s’octroient des salaires faramineux, mais le patronat qui bénéficie
d’allègements de cotisations sociales (+ de 22 milliards d’€uros par an) ce
qui fait qu’il ne finance pratiquement plus la protection sociale et la retraite,
(allègements effectués au nom de l’emploi, alors que la très réactionnaire
cour des comptes doute de leur efficacité !) qu’il empoche les avantages
fiscaux, ayant pour résultat qu’il paye de moins en moins d’impôt, ce qui lui
permet de prévoir avec l’exploitation renforcée des salariés, 84 milliards d’€uros
de profit pour 2006, en hausse de 4 milliards d’€uros sur 2005. L’argent
existe pour satisfaire les besoins de la retraite et de la protection
sociale. Encore faut-il avoir le courage de l’exiger et d’aller le chercher. Les réactions
politiques : F. Fillon
n’a pas fait que s’en prendre aux régimes spéciaux. Il a aussi des solutions
pour compenser. « Travailler plus longtemps », « explorer
le recours plus important à l’épargne individuelle » etc... Avec ça, il
est sûr que le Medef qui donnera un avis sur les propositions des candidats
aux élections en fonction de ses revendications propres lui attribuera la
note maxi ! Il pourra aussi donner une note élevée à F. Bayrou, qui n’a
pas trouvé le temps de commenter cette proposition. Idem pour le
PS, Jugez, en : Jospin « Il faudra répondre à ce problème, ces
régimes étant déficitaires », F. Hollande « Bien ûur il faudra
réformer ces régimes, mais dans un cadre concerté » (ça change tout !),
S.Royale parle d’un « chantier d’harmonisation à conduire dans le système
des retraites » (vers le haut ou vers le bas ?) et de « tout
mettre sur la table », ( y compris l’allègement des cotisations sociales
patronales que le Ps a largement pratiquée ?) avec comme moyen pour y
parvenir, «du dialogue, du dialogue, du dialogue » dit Jospin à Rtl.
Soyez rassuré peuple de gauche, le Ps fera ça en douceur ! PCF et LCR se
sont contentés de protestations verbales, il leur faut faire semblant, pour
garder leur électorat, qu’ils apporteront au Ps au 2ème tour de la
présidentielle en échange de quelques sièges de députés. Les réactions
syndicales :. Les confédérations
sont restées muettes. Bien sûr elles participent au conseil d’orientation des
retraites (le fameux COR). Quels sont les projets en discussion, pas
seulement sur les régimes spéciaux, mais sur l’ensemble de la question des
retraites qui doit être revu en 2008 ? Qu’elles sont leurs positions,
leurs propositions? Rien, pas un mot. Seuls les cheminots CGT ont pris
position contre et menacé d’appeler à un mouvement social « important »
en octobre. Nous sommes loin de 1995 et de l’action contre le plan Juppé. L’expérience
récente du CPR a montré une fois de plus que le succès remporté sur le
patronat ne peut venir que de la lutte déterminée et résolue des millions de
salariés. Non, à la
division de tous ceux qui sont les victimes de la politique du Medef. Oui à l’union dans l’action pour la défense et l’amélioration de l’ensemble
des régimes de retraite. Retraite à 60 ans après 37 ½ de cotisation et basée
sur les 10 meilleures années.
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