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19-11-2005

MARXISME

 

Le capitalisme et son état policier

 

 

L’Etat, les institutions et les lois ne sont pas neutres mais chargés de maintenir un équilibre entre les diverses composantes de la société.

Dans l’histoire, le rôle de l’Etat a toujours été au service de la classe dominante sur le plan économique. En France, jusqu’en 1789 l’Etat était au service de la féodalité. Depuis, il est au service du capitalisme qui assure sa domination par une série de lois et de mesures répressives, d’interdictions de s’en prendre à ce qui constitue la base même du capitalisme, la propriété des moyens de production et d’échange. En liquidant son secteur public et nationalisé, l’Etat remet aux grands groupes capitalistes ce qui appartenait au peuple français. Il se cantonne désormais à l’accompagnement du capitalisme avec, de plus en plus, le maintien par tous les moyens de son ordre pour permettre la poursuite de l’exploitation de l’ensemble de la société. Seule demeure la fonction régalienne de l’Etat (régalien : se dit d’un droit attaché à la souveraineté royale), à savoir la répression qui s’exerce au travers de la police, de la justice, de l’armée et de leurs ramifications.

L’exploitation capitaliste est toujours aussi féroce aujourd’hui qu’elle l’était à son origine. Elle avance masquée sous un certain nombre de formules reprises en cœur à droite et à gauche : ordre républicain, modèle social, état de droit etc … Dans une société divisée en classes, au service de qui est le capitalisme, du côté des exploités ou du côté des exploiteurs ? Cette question qui est au cœur de la société d’aujourd’hui est systématiquement éludée. Lors des conflits sociaux, l’Etat policier joue son rôle à plein, au nom de la défense de la propriété, propriété privée des moyens de production évidemment.

Les récents conflits de Marseille en sont la parfaite illustration. Opération de police contre les marins de la SNCM qui occupent un bateau, contre les dockers qui occupent le port… Il s’agit dans ces deux cas de briser la grève, de ne pas permettre aux salariés de lui donner les formes de lutte qu’ils considèrent comme les plus efficaces pour conduire leur action au succès. Au nom du respect de la propriété ! Plus grave encore. Dans le conflit des traminots marseillais,  c’est un juge qui décide de la légalité du conflit . Il décide  que la grève illégale parce que politique, qu’elle porte un trouble manifeste à l’ordre public, qu’elle doit cesser sans délai. Il s’agit là d’une décision d’une extrême gravité vis-à-vis du droit ultime pour les salariés : le recours à la grève, droit inscrit dans la loi française.

Demain, toute grève, toute occupation du lieu, de l’outil de travail pourrait ainsi être déclarée illégale, privant les salariés de la possibilité de se faire entendre, de défendre avec efficacité leurs revendications.

« COMMUNISTES » condamne ces atteintes aux droits des salariés, il les appelle à défendre un droit gagné de haute lutte par les travailleurs, droit que le capital et son Etat n’ont jamais accepté que contraints et forcés et qu’ils ont pour but de transformer en coquille vide.  Nous condamnons l’absence de réaction des partis de gauche et des confédérations syndicales qui sont restées muettes, qui n’ont pas appelé à une riposte à la hauteur de cette attaque.

La société tout entière subit la violence capitaliste.

La violence capitaliste s’exerce au quotidien sur l’ensemble de la société. Elle bafoue en permanence la démocratie et les droits essentiels de chacun. L’entreprise est une zone de non – droit où les salariés n’ont qu’un seul droit :   travailler et se taire ! Travailler la nuit, le samedi, le dimanche pour augmenter les profits patronaux, avec au bout la précarité, le chômage, l’entrée dans le monde des exclus lorsque le capital décide de délocaliser. Lorsque les victimes du capital, refusant la situation qui leur est faite, agissent ou se révoltent, le recours à la répression est immédiat. Répression politique et médiatique qui désignent les grévistes comme des émeutiers, des adversaires de l’intérêt général, des populations (les usagers seraient « pris en otages ») utilisant la violence y compris contre leurs propres intérêts. Répression policière et judiciaire avec une justice à la chaîne ayant la main lourde, tandis que les patrons voyous, les corrupteurs et les corrompus s’en tirent à bon compte.

La justice de classe est une réalité.

Tous les prétextes sont bons pour renforcer l’Etat policier, l’arsenal juridique de la répression, pour contrôler chaque fait et geste de tous les citoyens. Dans les villes devenues des déserts industriels où vit une population victime d’une exploitation capitaliste éhontée, de l’exclusion, du racisme, il est plus facile de répondre par la répression permanente que de s’attaquer aux causes réelles. Pour cela il faudrait s’attaquer au capital, à son profit, à l’exploitation, ce que ne veulent faire ni la droite ni la gauche, toutes deux gouvernant en alternance comme en France ou ensemble comme en Allemagne pour gérer les intérêts du capital. Unis dans la défense du capital, ils le sont aussi dans les solutions répressives lorsque celui – ci est mis en cause. On vient de le voir lorsque dans les banlieues les enfants de la classe ouvrière se révoltent dans la rue pour réclamer du travail, la justice et le respect, le droit de vivre.

Pour défendre l’ordre capitaliste, chacun en rajoute, du gouvernement qui ressort une loi de 1955 sur le couvre feu, aux députés de tout bord, proposant des mesures plus répressives les unes que les autres ( appel à l’armée, suppression des aides sociales, condamnation des parents, reconduite aux frontières, proposition de déchéance de la nationalité française etc…etc…) Les idées ne manquent pas quand il s’agit de réprimer. Si cette volonté répressive marque le fossé de plus en plus profond entre le peuple et ce pouvoir au service du patronat, coupé des aspirations populaires, elle ne doit pas être prise à la légère. Elle vise à faire peur, à freiner les luttes des victimes de sa politique. Elle vise aussi à diviser, à dresser les unes contre les autres les diverses catégories de la société. Cela fait en même temps le jeu de l’extrême droite qui en demande toujours plus.

L’action pour la défense et l’extension des droits, des libertés individuelles et collectives, de la démocratie, ne peut se mener sans une action résolue contre le capital. C’est tout le sens du combat et de la raison d’être de COMMUNISTES.

 

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