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19-12-2005
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UN SALE COUP |
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Le 12
décembre De Villepin a rencontré les syndicats dans ces mêmes salons où le
constat de Grenelle a été imposé au patronat et au gouvernement après les
grandes grèves de 1968. Mais ce 12 décembre la tonalité n’était pas la même . C’est bien évidemment
au nom de l’intérêt général qu’il a commencé par balayer d’un revers de main
l’augmentation des salaires. Ceci au moment même – ce n’est pas un
hasard – où son Ministre des Finances Thierry Breton faisait présenter ce
fameux rapport Pébéreau censé réduire la dette par « le gel des dépenses
publiques et le retour à l’équilibre des comptes sociaux ». On
sait ce que signifie tout ce verbiage : baisse accentuée du pouvoir
d’achat des salaires, retraites et indemnités… bref une nouvelle et très
sévère ponction sur le niveau de vie. Tout le budget national pour 2006
est fortement marqué par cette politique. C’est exactement dans ce
contexte que Villepin a formulé ses propositions. Les dirigeants syndicaux
ont dit leur opposition à ce qu’annonçait le premier Ministre. « Rien
pour réduire la précarité du travail, rien sur les salaires. Par contre
toutes les mesures annoncées visent à renforcer la soumission du salarié à l’entreprise »
a déclaré la CGT. Le secrétaire de FO lui-même a reconnu que ces
propositions « ne répondent pas aux deux questions posées le 4 octobre
(journée d’action) : le salaire et l’emploi ».
Il ne s’est trouvé que Chérèque de la CFDT pour apprécier les ouvertures du
dialogue » Quelle ouvertures ?! Ce que veulent De
Villepin, son gouvernement et le patronat, c’est mettre en place un nouveau
système de qu’ils appellent la participation des salariés aux résultats
des entreprises. C’est cette vieille idée de l’association
capital – travail chère à Pétain, De Gaulle et bien d’autres que patronat et
gouvernement veulent mettre au goût du jour. Comme si les exploiteurs
capitalistes et les salariés qu’ils exploitent avaient le même intérêt ! D’après Villepin les
entreprises devraient verser des « dividendes du travail » aux
salariés. De quoi s’agit –il ? Une première
remarque : depuis maintenant trois ans les profits des grands groupes
industriels et financiers ont pulvérisé tous les records. Quels
« dividendes » de leur travail ont touché les salariés qui ont créé
toutes ces richesses ? Les revenus des PDG et autres dirigeants ont eux,
atteint des sommets. « Exploiteurs et exploités agissons ensemble, côte
à côte pour faire gagner l’équipe France » c’est ce que hurlent tous
ceux pour qui l’exploitation des travailleurs et du peuple est l’unique
moyen d’amasser des fortunes. Dès le premier
semestre 2006 « un nouveau dispositif de participation salariale fera l’objet
d’un projet de loi » a annoncé de Villepin. Tout est donc prêt
pour une nouvelle aggravation de nos conditions de vie et de travail. Leur
premier objectif est de casser toute référence aux grilles indiciaires, aux
garanties collectives et de les remplacer par des salaires individualisés,
« à la gueule du client » comme on dit familièrement. Un recul de
plus d’un siècle ! Voilà ce que cachent les belles formules comme
« l’intéressement », la « participation » et « les
dividendes du travail ». Quels « dividendes du travail » ont
touché les salariés licenciés d’IP Marti sous – traitant de Peugeot dans le
Doubs, les 2.240 intérimaires ou CDD mis à la porte des usines Peugeot -
Citroën?.. Quels dividendes toucheront ceux que le patronat et l’Etat
s’apprêtent à priver de leur emploi ?... Tout cela atteint un tel
degré que le gouvernement veut mettre en place des mesures encore plus dures
à l’encontre des licenciés économiques. Il s’agit pour commencer d’un « contrat
de transition » qui concernerait un licencié sur 10
(ceux des entreprises de moins de 300 salariés). Le licencié signera un
contrat avec une structure publique (laquelle ?) qui le mettra à la
disposition d’entreprises privées ou d’organismes publics sous prétexte de
« formation ». En bref, l’Etat (donc le peuple) paierait pour
fournir de la main – d’œuvre gratuite ou très bon marché aux employeurs, sans
contrat de travail ! On voit d’ici quelles en seraient les conséquences
sur les salaires et l’emploi. Selon Villepin ces
tristes « contrats de transition » seraient financés par les
ASSEDIC, l’employeur qui licencie n’ayant rien à payer (sauf les dérisoires
indemnités de préavis s’il y a lieu). Il est temps de réagir
avec force ! La menace est imminente et ce n’est que l’enclenchement d’un
engrenage qui va beaucoup plus loin. Les centrales syndicales nationales
condamnent ces mesures. Rien de plus pressé que d’organiser dès maintenant
une riposte nationale interprofessionnelle. Manque la CFDT ? Ses
dirigeants seront bien obligés de tenir compte de la puissance d’un grand
mouvement en préparation. Certains qui disaient NON – à la CFDT et ailleurs- à
d’autres actions ont fini par suivre. Ce sera pareil cette fois à condition
que les salariés se fassent entendre. TOUS ENSEMBLE POUR
FAIRE RECULER PATRONAT ET GOUVERNEMENT ET IMPOSER LES REVENDICATIONS DES
SALARIES.
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