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22-10-2005

LE GOUVERNEMENT MET LA RECHERCHE PUBLIQUE AU SERVICE DU PATRONAT

 

 

Dans le journal « le Monde » daté du 19 octobre 2005, Pierre le Hir titre à propos du projet de loi sur la recherche : « Recherche : le temps des désillusions », tandis que le syndicat CGT (Syndicat National des Travailleurs de la Recherche Scientifique) estime que ce projet de loi-programme la démolition du système de recherche publique. De son côté, le MEDEF se réjouit bruyamment des mesures annoncées et approuve les orientations prises. Deux questions se posent donc : En quoi ce projet de loi est-il négatif et pourquoi, après une intense mobilisation des personnels en est-on arrivé là ?

 

Ce projet contient en effet des dispositions, dont certaines sont déjà mises en œuvre avant le vote de la loi, qui mettent la recherche publique au service de la stratégie des groupes capitalistes dominants. La création de l’Agence Nationale pour la Recherche comme agence de moyens va permettre un financement sélectif des laboratoires en fonction de leur implication dans les pôles de compétitivité. Ces pôles visent à réorganiser à l’échelle régionale, dans la course mondiale aux profits,   l’implantation et le financement par l’Etat des groupes capitalistes dominants. La recherche y est intégrée en fonction du besoin exclusif des stratégies capitalistes. Notons que toutes les régions, dont 20 sur 22 sont dirigées par la gauche plurielle (PS, PCF et Verts), contribuent activement à la mise en place du dispositif. Cette agence, structurante dans son action de financement des laboratoires, est aussi une machine de guerre contre le statut des personnels (fonctionnaires d’Etat depuis 1984) puisqu’elle peut embaucher des chercheurs sur contrats à durée déterminée. Ainsi les organismes publics de recherche sont-ils transformés en agences pour réguler et organiser les programmes de recherche. Tous les acquis démocratiques sont balayés et seule une poignée de « néo-mandarins » est appelée à diriger le mouvement dans le sens des besoins du capital. L’affaire est donc très grave pour la Nation et pour les forces qui entendent mettre fin à la domination capitaliste, puisque les forces du capital et l’Etat se dotent d’une arme redoutable pour leur domination : le contrôle des savoirs et des connaissances.

 

Mais comment en est-on arrivé là ? Depuis 2004, dans de nombreuses manifestations, réunions, colloques, les personnels de la recherche se sont exprimés. Assez largement, ils ont avancés ce point de vue que la recherche publique doit être renforcée et l’être au service de tous. Il ne s’agit pas évidemment de sous-estimer l’engagement des uns et des autres, mais force et de constater qu’en voulant éviter le débat de fond sur les enjeux de classe que représentent la recherche, sur son rôle dans le développement des forces productives, le terrain a été libéré pour les forces du capital. Ne pas s’attaquer au fond du problème, la domination capitaliste sur le développement de la société a conduit le mouvement à l’échec. L’absence d’un parti révolutionnaire a donc pesé négativement. C’est un grand point de réflexion pour tout ceux qui aspirent à des changements. « COMMUNISTES »  construit cette force révolutionnaire, poser la question de son renforcement comme force politique est donc d’une grande actualité.

 

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