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20-10-2006
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ENFIN
RAISONNABLE ? |
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Notre
pays a connu depuis des décennies une culture syndicale qui opposait
syndicalisme révolutionnaire et syndicalisme réformiste. Cela nous a conduit à des
affrontements idéologiques, parfois intense jusqu'à provoquer des scissions,
mais, dans le même temps, cette opposition a permis des avancées sociales,
qui encore aujourd’hui font beaucoup parler, même si c’est pour les critiquer
et affirmer quelles sont aujourd’hui dépassées. Cet affrontement
idéologique reposait sur la conception du rôle du syndicalisme. L’un partait du besoin
des salariés, de sa conception de la société et créait les conditions de
l’action pour obtenir satisfaction. L’autre considérait qu’il
convenait en permanence de tenter d’obtenir ce qui pouvait l’être par la
négociation. En clair, le premier
s’opposait résolument au capitalisme, l’autre gérait en fonction de celui-ci. Où en somme nous
aujourd’hui ? Depuis son dernier congrès, la CGT qui représentait le
syndicalisme révolutionnaire a décidé après un long processus, de rejoindre
les camps du syndicalisme réformiste en France, en Europe et bientôt dans le
monde avec son adhésion à la Confédération Internationale des Syndicats. (
CSI) Cette situation est
préoccupante, mais pas forcément irréversible tant la résistance de
syndicalistes porteurs d’idéaux révolutionnaires en son sein mène le débat. Aujourd’hui, nous sommes
contraint de faire face à cette situation nouvelle ainsi créée. Au moment où
le Medef est toujours plus arrogant en s’appuyant sur un gouvernement qui n’a
rien à lui refuser. C’est même le Président
de la République lui-même qui donne le ton sur sa conception pour la réforme
du dialogue social, cela lors d’une session plénière du Conseil Economique et
Social. (CES) en octobre. Le président du CES a de
suite réagit en désignant deux rapporteurs sur cette importante
question. Le premier pour définir ce que pourrait être le dialogue
social, son rôle, ses prérogatives et le second pour redéfinir la
représentativité des organisations syndicales et sur leur financement. Concernant le dialogue
social, il n’a jamais existé pour les raisons indiquées plus haut. Si
celui-ci devient possible aujourd’hui, c’est simplement que tous les
syndicats sont devenus raisonnables, qu’ils acceptent le principe que
l’économie capitaliste est la règle et que les négociations doivent se tenir
dans un cadre possible et acceptable par le capital lui-même. Cela pourrait se passer
de commentaire, bonjour les dégâts ! Seulement, nous sommes
dans une phase où le capital n’a plus aucune retenue, il veut tout reprendre
au nom de la « compétitivité mondiale » comme il dit. Pas un
secteur ne doit lui échapper, la sécurité sociale confiée aux assurances
privées, les chômeurs également à des sociétés de placement créées pour
l’occasion, la capitalisation de la retraite en lieu et place de l’actuelle
répartition entre générations, confiant ainsi notre avenir à la bourse. Vous connaissez la
bourse, là ou les cours augmentent dès lors que des licenciements sont
annoncés, rappelez-vous Michelin. Aujourd’hui, nous
subissons déjà depuis 2004 une réforme de ce prétendu dialogue social. Un
mauvais accord, sur la sécu, l’Unedic, les retraites, les salaires, l’emploi
etc... un accord n‘est valable que si celui-ci est majoritaire en nombre de
signataires. Cinq organisations
syndicales actuellement reconnue par le code du travail, et bien il suffit
que trois d’autre elles signent pour valider un accord. Peu importe ce qu’ils
représentent réellement. Regardez les conséquences
que cela peut avoir pour le monde du travail. En juillet 2004, la CFTC, FO et
la CFE CGC signe un très mauvais accord dans la restauration. Le recours au
Conseil d’état a été nécessaire pour le faire annuler. Celui-ci vient de
rendre son verdict, en octobre 2006, plus de deux ans après. Pourtant, ce texte était
totalement dans l’illégalité, jugez plutôt. Cet accord instituait une 6ème
semaine de congés en contrepartie des 39 heures que les salariés effectuaient
en lieu et place des 35 heures. Chacun pourrait se dire
que les salariés sont gagnants. Regardons de près. En premier lieu, on impose
aux salariés 4 heures supplémentaire par semaine sans rémunération, ils n’ont
rien à dire, ils ne peuvent que s’exécuter. Par contre, patronat et
gouvernement tirent un trait et refusent d’appliquer la loi de la république
sur les 35 heures et de plus les employeurs exploitent un profit
supplémentaire. Rendez vous compte,
quatre heures supplémentaire à 25 % par semaine, cela fait sur une année
233 heures (4 heures X 25% ) qui auraient due être
rémunérées. Au lieu de cela, on leur accorde généreusement une semaine de
congés, c'est-à-dire 39 heures à récupérer. Cette activité regroupe
800 000 salariés cela donne une idée plus précise de l’intérêt que les
employeurs avaient à signer cet accord. Mais les organisations
syndicales ? Ne sont elles pas là pour défendre les intérêts des
salariés ? Qu’est-ce qui a motivé leur signature ? Toujours est t-il que le
Medef est porteur d’une conception du dialogue social à la
« britannique » et qu’il a été reçu par le gouvernement pour s’en
expliquer. Il a, de toute évidence,
été entendu. Ce dossier est maintenant porté par Chirac lui-même. Sachez, que la méthode
britannique a consisté à redéfinir la mission du dialogue social. C’est tout
simplement, le droit reconnu au patronat de signer des accords avec les
organisations syndicales, sans que le gouvernement n’intervienne avec une
loi. Selon eux, en rester à un
accord offre plus de souplesse dans sa mise en œuvre. On s’en serait douté,
il suffit de voir le nombre faramineux de violation du code du travail et des
conventions collectives, c’est de ce point de vue la raison d’être des
conseils de prud’homme. Entendre
les responsables confédéraux se féliciter de cette « avancée » a de
quoi inquiéter, les plus optimistes, Non ?
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