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21-11-2009 Notes de
lecture Vers la pensée unique… |
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Jean-Christophe
Le Duigou, Secrétaire de la CGT et Mansouri, économiste de son état, viennent
d’écrire un livre intitulé « 10 PROPOSITIONS POUR SORTIR DE LA
CRISE ». Pour
Mansouri « le devoir de solidarité est
une réponse clé à la crise….. Si ces nouvelles solidarités sont posées comme
devoir c’est tout simplement parce
qu’elles sont une nécessité incontournable. Parce qu’il est désormais évident
que face aux défis que nous pose cette crise nos modèles de société ne
pourront pas tenir ». Le
capitalisme, modèle de société qu’il faut sauver, est donc devenu un objectif
pour l’auteur ! Pour être explicite, celui-ci
donne deux exemples de solidarité : le climat (très à la mode) et les
mouvements migratoires (là le patronat ne joue pas le jeu social écrit
Mansouri tandis que s’il le jouait...). Comment
faire ? Comment créer des mécanismes pour l’émergence de ces nouvelles
solidarités ? Mansouri accuse : « il y a la
responsabilité des entreprises notamment celle des multinationales dans la
promotion des droits sociaux ». Mais il propose aussi : « la
multinationale présente dans plusieurs pays doit s’attacher à promouvoir des
conditions de travail décentes ». Ah !
Si les multinationales voulaient faire des efforts de compréhension et
renoncer à leurs profits… Pour
faire bonne mesure il pousse les feux contre les gouvernements et des
dirigeants corrompus. Conclusion logique « lutter contre les
paradis fiscaux est donc un devoir de solidarité dont les gouvernements
portent la responsabilité ». Son
meilleur est pour la fin « Nos propositions ne sauraient se résumer à
de l’anti-libéralisme primaire ou à la destruction du capital. Il s’agit plutôt
de déconstruire le système pour reconstruire autre chose ». Autre
chose mais quoi ? Là, l’auteur ne va pas plus loin (après-tout cela vaut
peut-être mieux !). La seule certitude que nous pouvons avoir, c’est que
ce n’est pas la construction d’une
société socialiste qu’il envisage. Le
Duigou y va aussi de ses
commentaires. Ainsi à propos de
sa proposition de « réorganiser la gouvernance mondiale »,
il note « la crise financière a mis en évidence un risque global, un
risque systémique ». En
dehors de l’appellation à la mode de "systémique" il ne parle pas
de système capitaliste et des crises qu’il engendre de par sa nature même ?
Ces crises que les peuples ont payées et paient encore, on le voit aujourd’hui. Ensuite
à partir d’une fumeuse comparaison entre les règles de conduite automobile et
celles du capitalisme, il constate l’échec du G7 et du G20 et souhaite l’intervention d’une autorité légitime. Sa Conclusion: la solution serait une « gouvernance
mondiale » du capitalisme. Mais
il reste syndicaliste et estime donc que les syndicats sont « investis
d’un rôle majeur… reste évidemment notre capacité à faire prévaloir les intérêts
du monde du travail ». Là, on comprend que pour Le Duigou
la question de l’action reste ouverte ! Après
avoir usé des arguments de la droite et des réformistes de tout poil
justifiant la construction de l’Europe et son renforcement, il finit en
choisissant sa proposition préférée « s’il faut retenir un axe privilégié,
je dirai que c’est celui des droits d’intervention des travailleurs... Il
faut donner plus de pouvoir aux salariés sur la gestion des entreprises et
les choix des politiques publiques ».
On a pourtant une expérience sur l’efficacité de telles mesures avec les CE
ou les lois de 1981 amenant la présence de représentants de salariés dans les
conseils d’administration des entreprises publiques. En
fait le co-auteur de 10 PROPOSITIONS POUR SORTIR DE LA CRISE ferait mieux de piocher dans ses
classiques de la CGT et notamment l’article 1 de ses statuts qui
stipulait « la CGT s’assigne
pour but la suppression de l’exploitation capitaliste notamment par la
socialisation des moyens de production et d’échanges ». Il est vrai que
cet article a été supprimé depuis le 45ème congrès (1995). Mais
là on s’attaquait au capitalisme et visiblement nos deux écrivains comme tant
d’autres n’envisagent plus cette hypothèse qui demeure pourtant plus que
jamais une étape dans la construction d’une autre société dans l’intérêt des
salariés, intérêt qui est la seule vraie raison d’exister du syndicalisme.
http://www.sitecommunistes.org |
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