|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
|
22-02-2007
|
UNIVERSITE
RECHERCHE |
|
Depuis
plusieurs mois, les problèmes de l’Université et de la Recherche sont
largement traités dans la presse et la période électorale renforce cette
tendance. Pourquoi un tel intérêt ? Producteurs de qualifications
humaines et de connaissance, l’Université et la recherche sont des éléments
décisifs pour le capitalisme dans sa période actuelle d’expansion mondiale.
Expansion mais en même temps développement de sa crise car la concurrence se
fait beaucoup plus rude avec l’apparition de nouveaux pôles de développement
capitaliste comme la Chine, l’Inde, le Brésil ou encore la Russie. Imposer
ses technologies, ses normes, menacer par des armements plus sophistiqués
sont des moyens incontournables pour assurer la prééminence des forces
capitalistes dominantes. L’économie de la
connaissance préconisée par le sommet européen de Lisbonne est très
clairement décrite comme celle d’une mise en concurrence de la recherche et
des Universités entièrement mises au service des stratégies des grands
groupes capitalistes. D’où une intervention des Etats infiniment plus forte
sur les orientations de la Recherche. D’où la destruction voulue et
programmée des garanties statutaires assurant un minimum d’indépendance aux
chercheurs, remplacées par un financement direct ou indirect des entreprises
pour peser de manière décisive sur les orientations et l’organisation de la
recherche et des Universités. En se plaçant sur ce terrain, il est clair que
les choix politiques sont restreints. Cela se traduit dans les
déclarations des uns et des autres. Ainsi, dans une « lettre ouverte de
l’Université aux candidats », les présidents d’Universités,
tout en restant sur le mode du questionnement, ouvrent la voix à une
politique de l’enseignement supérieur et de la recherche entièrement au service
du capital. Les maîtres mots sont sélection, autonomie, financement privé,
éclatement des Universités en plusieurs catégories « d’élites »
étant appelées à renouveler les couches dirigeantes. L’enseignement est
défini comme l’acquisition d’un socle où l’important n’est pas les
connaissances acquises mais la capacité à être mobile sur le marché du
travail. Le Ministre F. Goulard applaudit chaleureusement et tout comme N.
Sarkozy il promet sur cette base 3 milliards supplémentaires aux Universités.
S. Royal n’est pas en reste qui veut plus de souplesse, d’autonomie et
d’adaptabilité des Universités. Elle n’est pas non plus avare de promesses,
promettant elle aussi, trois milliards. Curieusement, tous ces hommes
politiques qui se succèdent au pouvoir depuis trente ans n’ont pas fait ce
qu’ils promettent aujourd’hui, ils ont eu pourtant le temps de le
faire ! Il est clair que toutes les mesures préconisées et réclamées ne
répondront pas à la question centrale : comment faire pour que la Recherche,
l’Enseignement supérieur et les entreprises coopèrent dans la recherche de
solutions aux problèmes fondamentaux de la société ? Et cela pour une
raison simple, c’est que l’objectif premier de l’entreprise capitaliste n’est
pas la réponse aux problèmes de la société. L’entreprise capitaliste, comme
le dit la présidente du MEDEF, est une association pour réaliser des profits.
C’est si vrai qu’à Grenoble par exemple un projet industriel où la recherche
est fortement impliquée vient d’exploser parce que les fonds de pensions qui
capitalisent deux des principales entreprises concernées ne veulent entendre
parler que de dividendes et non de technologies nouvelles. La limite du
capitalisme est bien là : il est par essence à la recherche du profit
maximum et pour l’atteindre, il investit la recherche et les formations
coûteuses qui lui permettront de s’assurer à bon marché l’indispensable main
d’œuvre qualifiée.
http://www.sitecommunistes.org
|